Le baptême biblique

Notre sujet concerne une doctrine biblique d’une extrême importance : le baptême. Le sujet a déjà fait couler beaucoup d’encre. Il semble qu’on ait déjà tout dit sur cette question. On a discuté sa nature, sa raison d’être, son but, sa signification. Certains déduisent que c’est un rite facultatif, d’importance très secondaire. D’autres affirment qu’il constitue un acte de foi et qu’il procure la rémission des péchés. Certains ne baptisent que les adultes ; d’autres ne baptisent que les enfants ; d’autres encore peuvent satisfaire les deux.

Cependant nous ne verrons que l’aspect strictement biblique de la question.

C’est un commandement

Constatons tout d’abord avec chaque lecteur de la Bible que le baptême est un commandement émanant du Seigneur lui-même. Ce commandement fait partie d’un ordre de mission solennel que Jésus donna à ses disciples en des circonstances non moins solennelles. En effet, ce jour-là devait décider de l’évangélisation du monde entier, car la mission que reçurent les apôtres est la suivante :

« Allez, faites de toutes las nations des disciples, baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à garder tout ce que je vous ai prescrit. » (Matthieu 28.19-20)

C’est Matthieu qui nous rapporte les détails de cette ultime entrevue entre le Maître et ses apôtres, juste avant de retourner auprès du Père, d’où il est venu vers nous et d’où il reviendra à la fin des temps.

L’évangéliste, Marc, nous rapporte cette même scène d’une manière plus brève sans doute, mais singulièrement plus prenante :

« Allez dans la monde entier, et prêchez la bonne nouvelle à toute la création. Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais, celui qui ne croira pas, sera condamné. » (Marc 16.15,16)

Une ère d’évangélisation

Environ sept semaines plus tard, on célébrait à Jérusalem une grande fête nationale qui réunissait des milliers de Juifs venus des quatre points cardinaux. Cette fête célébrait à la fois la moisson nouvelle et la remise des tables de la Loi à Moïse par Dieu lui-même sur le mont Sinaï.

Ce jour-là, l’Esprit de Dieu descendit sur les apôtres dans sa plénitude et ils purent s’adresser à cette foule grouillante, qui ne croyait pas encore au Christ, un message qui inaugurait du même coup une ère d’évangélisation mondiale.

En effet, ce premier sermon qui proclamait la divinité du crucifié, fut si irrésistiblement convaincant, si solidement fondé sur les Écritures, qu’après avoir entendu ce discours, ils eurent le cœur « vivement touché et ils dirent à Pierre et aux autres apôtres : Hommes, frères, que ferons-nous ? » (Actes des Apôtres 2.37).

Quelle fut la réponse à cette question capitale, à cette question qui décide de tout ? Pierre leur dit :

« Repentez vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour le pardon de vos péchés, et vous recevrez le don du Saint-Esprit. » (Actes 2.38)

La Bible ajoute que « par beaucoup d’autres paroles, il rendait témoignage et les exhortait, en disant : Sauvez-vous de cette génération perverse. Ceux qui acceptèrent sa parole furent baptisés ; et en ce jour-là, furent ajoutées environ trois mille âmes » (Actes 2.40-41)

Je bâtirai mon Église

Arrêtons-nous ici pour faire quelques remarques : 1) La première Église du Christ venait de naître ce jour-là à Jérusalem. Jésus avait promis : « Je bâtirai mon Église. »

2) Nous pouvons aussi constater que les apôtres sont en train de remplir fidèlement leur mission, à savoir de prêcher la Bonne Nouvelle et de baptiser les croyants ; car tel avait été le commandement du Christ.

N’oublions pas que nous sommes ici plongés au sein de l’Église primitive. Dans la Bible nous vivons avec ces nouveaux convertis, nous écoutons l’enseignement des apôtres et leurs commandements dans toute leur pureté. Les fausses doctrines n’ont pas encore fait leur hideuse apparition. Un seul enseignement prédominait : celui des apôtres. Cet enseignement oral, nous l’avons aujourd’hui par écrit dans sa forme permanente et éternelle. Aucun autre enseignement, aucune autre doctrine ou tradition ne doit venir la supplanter, la remplacer, la parfaire, la modifier ou la compléter.

C’est pourquoi il est si important de se conformer en tous points aux exemples que nous ont laissés nos prédécesseurs dans la foi, c’est-à-dire les chrétiens du premier siècle, les chrétiens de la Bible.

Étapes vers le baptême

Or, au premier siècle, toute conversion passait par plusieurs étapes spirituelles successives et complémentaires. La prédication de la Parole devait faire naître LA FOI, puis LA REPENTANCE. Venait ensuite le baptême qui est par-dessus tout un acte de foi, par lequel le croyant s’engage pour le Christ et reçoit le pardon de ses péchés.

Prédication… foi… baptême…

« Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé » avait dit Jésus. « Repentez-vous et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ pour le pardon de vos péchés » ; tel fut dorénavant le commandement des apôtres.

Les hommes ont-ils le droit de modifier ce commandement ou d’annoncer le pardon des péchés par un tout autre moyen ?

Le Nouveau Testament décrit en détail plusieurs conversions. Elles se ressemblent toutes : ceux qui entendent la prédication de la Bonne Nouvelle expriment leur foi par le baptême et leur joie après le baptême.

Dans le livre des Actes des Apôtres, la prédication de l’Évangile et du salut en Christ implique toujours une exhortation ou un commandement au baptême.

Un seul exemple tiré du chapitre huit illustrera amplement ce fait : un ministre de la reine Candace d’Éthiopie s’en retourne chez lui sur son char, après les fêtes à Jérusalem. La Bible nous dit que l’évangéliste Philippe s’approcha de lui, s’assit près de lui et lui annonça la Bonne Nouvelle de Jésus. Cette expression est plutôt laconique. En effet, en quoi consista sa prédication de la Bonne Nouvelle de Jésus ? Nul ne la saura jamais absolument. Cependant, ce que nous connaissons, c’est la réaction de l’Éthiopien à ce sermon. Or, sa réaction est très significative et très révélatrice de la teneur du sermon qu’il entendit.

En effet, comme ils continuaient leur chemin, ils rencontrèrent de l’eau et l’Éthiopien demanda à Philippe :

« Voici de l’eau, qu’est-ce qui m’empêche d’être baptisé ? »

Comment cet homme aurait-il pu poser une telle question à Philippe si celui-ci ne lui avait pas parlé de la nécessité du baptême dans le cadre de sa prédication de la Bonne Nouvelle ?

À la question de l’Éthiopien, Philippe dit :

« Si tu crois de tout ton cœur, cela est possible. » (Actes 8.37)

L’homme répondit :

« Je crois que Jésus-Christ est le Fils de Dieu. »

On fit alors arrêter le char. Les deux hommes descendirent dans l’eau et Philippe baptisa l’Éthiopien, qui poursuivit sa route rayonnant de joie.

Le baptême des enfants

Quelqu’un dira : « Mais j’ai déjà été baptisé lorsque j’étais enfant ! » À ce point de notre étude biblique, nous pouvons déjà déduire que cette objection n’est pas fondée sur les Saintes Écritures. En effet, le Nouveau Testament ne contient aucune allusion directe ou indirecte au baptême d’enfants… et cela pour une raison plus que logique : le baptême est un acte qui engage toute la personnalité. C’est un acte de la volonté, du cœur et de l’âme. Or, comment un enfant peut-il exprimer sa foi, s’il en a une, ou se repentir, s’il en ressent le besoin ? L’enfant subit le baptême plutôt que d’en être un sujet pleinement conscient et consentant.

Le livre des Actes des Apôtres nous rapporte que ceux qui crurent à la Parole en Samarie se firent baptiser, hommes et femmes (Actes 8.12).

Comme il aurait été facile au rédacteur du livre des Actes de nous dire qu’hommes, femmes et enfants se firent baptiser, pour insister sur le succès de la prédication de l’Évangile, car c’est bien là le but de ces détails. Mais la Bible nous dit que ceux qui se firent baptiser sont ceux qui « crurent ». C’est pourquoi il ne mentionne que les hommes et les femmes.

Le baptême d’enfants est une pratique inventée par les hommes. Elle n’a aucun fondement dans les Écritures. Elle est illégitime et doit être rejetée comme telle par ceux qui aiment et respectent la Parole de Dieu.

Le baptême par immersion

À cela nous pouvons – nous devons – ajouter que le baptême biblique est une immersion complète dans l’eau. C’est ainsi que le Christ a été baptisé du baptême de Jean-Baptiste. En effet, la Bible nous dit que Jean baptisait à Énon parce qu’il y avait là beaucoup d’eau. Notre dictionnaire Larousse lui-même témoigne du fait que le mot baptême veut dire immersion parce qu’à l’origine, « on baptisait en plongeant dans l’eau ».

Pourquoi avoir changé ce qui était à l’origine ?

On a ainsi changé non seulement la forme du baptême en substituant l’aspersion à l’immersion, mais aussi le sujet du baptême en préférant les enfants aux adultes, à tel point que pour la plupart, l’idée de baptiser un adulte par immersion passe pour être parfaitement ridicule.

Il ne reste plus qu’à changer le but du baptême en ne lui attribuant qu’une valeur symbolique. Cependant, le commandement de Christ demeure :

« Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé. »

Conclusion

Qui oserait dire, après avoir lu le Nouveau Testament de Jésus-Christ, que le baptême n’est pas nécessaire au salut ? Le seul fait que Jésus l’a expressément prescrit en fait un dogme, c’est-à-dire un point fondamental de la doctrine du salut. C’est par le baptême et par lui seulement que le croyant entre en contact avec le sang de Christ qui le purifie de tout péché. L’apôtre Paul écrira :

« Ensevelis avec lui par le baptême, vous êtes aussi ressuscités en lui et avec lui … » (Colossiens 2.12)

« Car vous êtes tous fils de Dieu par la foi en Christ-Jésus ; vous tous, qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu Christ. » (Galates 3.26-27)

Prenez la peine d’étudier cette question sérieusement. Il s’agit de faire un choix entre le commandement du Christ et la tradition des hommes.

Voici l’évocation de l’apôtre Paul alors qu’il n’était encore que Saul de Tarse, le persécuteur de l’Église ; il vient de rencontrer le Seigneur dans une vision, sur le chemin de Damas. Le choc de cette rencontre extraordinaire le plonge dans un état de prostration et de profond repentir. Il reste ainsi pendant trois jours sans manger ni boire. N’importe qui l’aurait exaucé en le voyant si sincèrement ému, perplexe et repentant.

Il restait cependant quelque chose à faire, et c’est l’un des disciples, Ananias, qui le lui rappela :

« Et maintenant, que tardes-tu ? Lève-toi, sois baptisé et lavé de tes péchés, en invoquant le nom du Seigneur. » (Actes 22.16; voir aussi 1 Pierre 3.21)