Les différents baptêmes de la Bible

La Bible dit : « Il y a un seul baptême. » C’est l’apôtre Paul qui l’affirme dans sa lettre aux chrétiens d’Éphèse (4.5). Pourtant, lorsque l’on consulte le Nouveau Testament, on rencontre des allusions à plusieurs baptêmes différents.

Comment peut-on concilier cela ?

Simplement par le fait qu’un seul baptême subsiste… mais lequel ? C’est ce que nous allons déterminer en étudiant séparément chacun de ces baptêmes dans son contexte strictement biblique, pour savoir s’il appartient au passé où il a déjà joué son rôle temporaire ; si, au contraire, il appartient encore à l’avenir ; ou s’il correspond à ce seul baptême que Paul place dans les fondements de l’Église.

Je crois que cette étude nous donnera une vue plus claire, une meilleure compréhension de ce sujet si important et si souvent controversé.

Plonger – Immerger

Rappelons tout d’abord que notre mot « baptême » est une transcription d’un mot grec qui signifie « plonger, immerger ». Faute de connaître cette définition du mot (tel qu’on le comprenait au premier siècle), bon nombre de textes relatifs au baptême demeurent vagues et parfois même incompréhensibles.

Le premier de ces baptêmes que nous aborderons est ce qu’il convient d’appeler :

Le baptême de Moïse. — C’est un texte de Paul aux Corinthiens qui en fait mention :

« Frères, je ne veux pas que vous ignoriez que nos pères ont tous été sous la nuée, qu’ils ont tous passé au travers de la mer, qu’ils ont tous été baptisés en Moïse dans la nuée et dans la mer… » (1 Corinthiens 10.1-2)

Il s’agit ici évidemment d’un événement historique qui n’a eu lieu qu’une fois et auquel Paul se réfère pour tirer une leçon. Le passage de la mer rouge et la marche dans le désert sous la direction et la protection d’une nuée miraculeuse constituent, pour l’apôtre Paul, une annonce, un symbole de ce qui se produit sous le règne du Christ. De même qu’en passant par les eaux du baptême dans lesquelles il est immergé, le croyant accède au seuil du salut, ainsi les Israélites furent délivrés des Égyptiens et sauvés en traversant la Mer Rouge. Ils ont été symboliquement baptisés en Moïse dans ce sens que c’est en Moïse, ce médiateur entre Dieu et son peuple, qu’ils mirent leur confiance. Ils furent donc unis à Moïse, comme les chrétiens sont incorporés au Christ, au baptême, par la foi en Lui. Car c’est EN Christ qu’ils sont tous baptisés (Romains 6.3-6; Galates 3.27).

Le baptême de Jean-Baptiste. — Jean-Baptiste fut le précurseur du Christ. Il eut donc pour mission de préparer le chemin de Celui qui venait après lui. Selon les termes mêmes de la prophétie, il fut envoyé « pour préparer au Seigneur un peuple bien disposé » (Luc 1.17). Il prêchait « le baptême de repentance pour la rémission des péchés » (Luc 3.3). Et, parce que Jean baptisait ceux qui venaient à lui, on lui donna le surnom de Baptiste, c’est-à-dire : baptiseur.

Le baptême de Jean différait cependant du baptême prescrit par le Christ en ce qu’il préparait les cœurs par le repentir à recevoir le salut en Christ. C’était un rite orienté vers les promesses de l’avenir, c’est-à-dire vers le pardon des péchés qui ne devait être réalisé que plus tard par l’œuvre rédemptrice du Christ.

Un épisode de la vie de l’apôtre Paul nous éclaire beaucoup sur le sens du baptême de Jean. Au cours d’un de ses voyages missionnaires, Paul rencontre un groupe de disciples qui n’avaient reçu que le baptême de Jean-Baptiste. Ils n’avaient vraisemblablement pas entendu parler du baptême chrétien. Paul leur dit :

« Jean a baptisé du baptême de repentance, disant au peuple de croire en celui qui venait après lui, c’est-à-dire, en Jésus. Sur ces paroles, ils furent baptisés au nom du Seigneur Jésus. » (Actes 19.1-5)

Le baptême de Jean avait donc un caractère essentiellement préparatoire. Il cessa d’être en vigueur lorsque l’ordre définitif fut établi par le Christ après sa mort.

Le baptême de souffrance. — Dans une conversation avec ses apôtres, Jésus parle de ses souffrances à venir comme d’un « baptême » qu’il devra subir « et combien il me tarde qu’il soit accompli » ajoute-t-il avec une profonde lassitude où transparaît déjà l’angoisse du jardin de Gethsémané (Luc 12.50; Marc 10.38-39).

Sachant, comme nous l’avons déjà souligné au début de notre étude, que le baptême était conféré par immersion, nous pouvons mieux deviner l’abîme de souffrance dans lequel Jésus allait être en quelque sorte plongé.

Le baptême de feu. – Cette expression n’a évidemment rien à voir ici avec le premier contact que le jeune soldat prend avec le feu de la guerre. Elle est tirée d’une annonce faite à Jean-Baptiste où il dit à la foule :

« Moi, je vous baptise d’eau pour vous amener à la repentance ; mais celui qui vient après moi est plus puissant que moi.. Lui, il vous baptisera du Saint-Esprit et de feu. » (Matthieu 3.11)

On peut donner à la conjonction ET deux valeurs : l’une, explicative comparant l’action de l’Esprit à l’action du feu qui purifie ; l’autre, additive. Il s’agirait donc d’un baptême d’Esprit ET d’un baptême de feu. Le baptême de feu serait donc une annonce du châtiment à venir, souvent symbolisé dans la Bible par… « l’ardeur d’un feu qui dévorera les rebelles » (Hébreux 10.27). Les deux explications sont parfaitement acceptables. À l’appui de la seconde, nous signalerons cependant que le Christ ajoute :

« Il tient en sa main la pelle à vanner et va nettoyer son aire ; il recueillera son blé dans le grenier ; mais il brûlera la paille dans un feu qui ne s’éteint point. » (Matthieu 3.12)

Quant au baptême du Saint-Esprit, nous constatons que :

C’est aux apôtres que le Christ fit d’abord la promesse qu’ils seraient baptisés du Saint-Esprit (Actes 1.8).

Sur ce sujet, comme sur tous les autres, les textes bibliques doivent être interprétés par d’autres textes bibliques, à la lumière des exemples qu’ils nous fournissent. Et ces exemples nous montrent que le baptême du Saint-Esprit dont il parle fut une expérience exceptionnelle, vécue pleinement par les apôtres d’abord selon la promesse que le Christ leur avait faite (Actes 2). Cette effusion miraculeuse de l’Esprit inaugurait l’ère du pardon des péchés par la prédication de l’Évangile. Mais quelques années plus tard, une famille de non Juifs, la famille de Corneille, bénéficie elle aussi d’une semblable effusion de l’Esprit… et les apôtres comprennent que cet événement inaugure l’accès au salut à toutes les nations païennes (Actes 10 et 11).

Selon les prophéties, l’Esprit était tombé sur « toute chair » (Joël 2.28). L’Évangile pouvait être annoncé à toute la création (Marc 16.15-16).

Un seul baptême

Nous sommes obligés de constater que ces manifestations miraculeuses de l’Esprit avaient une raison d’être temporaires. Mais lorsqu’en 64, l’apôtre Paul écrivait : « Il y a un seul Seigneur, une seule Foi et un seul Baptême… », ce n’est pas de ce baptême miraculeux du Saint-Esprit qu’il parlait, mais de ce baptême d’eau prescrit par le Christ ; il s’agissait là pour eux, comme pour nous, d’un commandement du Seigneur qui devait rester en vigueur jusqu’à la fin des temps, pour tous les croyants sans exception.

Ajoutons tout de suite, que si les manifestations miraculeuses de l’Esprit n’ont plus lieu, cela n’exclut pas la réception de l’Esprit de Dieu au moment de la conversion pour ce travail de sanctification qu’il est appelé à faire. Car, le don de l’Esprit est accordé à tous ceux qui lui obéissent (Actes 5.32). En effet, le commandement est accompagné d’une promesse :

« Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour le pardon de vos péchés, et vous recevrez le don du Saint-Esprit. » (Actes 2.38)

De sorte que l’apôtre Paul a pu dire :

« Nous avons tous été baptisés dans un seul Esprit, pour former un seul corps. » (1 Corinthiens 12.12)

Passons maintenant à un autre baptême.

Par souci de précision, il nous faut aussi noter que Paul fait mention d’une coutume étrange.

Le baptême pour les morts. — Paul vient de parler de la résurrection, fondement de la foi et de l’espérance du chrétien. S’il n’y a pas de résurrection dit-il :

« Que feraient ceux qui se font baptiser pour les morts ? Si les morts ne ressuscitent pas, pourquoi se font-ils baptiser pour eux ? » (1 Corinthiens 15.29)

Paul parle ici d’une coutume à laquelle aucun autre texte de la Bible ne fait allusion. C’est ce qui en rend l’explication si difficile. On peut dire que ce texte est franchement déroutant. Il semble que certains sectateurs se faisaient baptiser par procuration en quelque sorte, au profit de personnes qui étaient mortes sans avoir pu faire profession de foi chrétienne. C’est l’explication la plus admise, à laquelle s’ajoute la remarque nécessaire suivante : le fait que l’apôtre ait fait mention de cette coutume dans son exposé sur la résurrection, ne prouve pas qu’il approuvait cet usage. Les autres textes de Paul relatifs à la responsabilité individuelle du croyant en face du baptême indiqueraient plutôt le contraire.

Ceci nous amène naturellement à considérer le baptême chrétien.

Le baptême chrétien. — Nous rappellerons seulement l’essentiel puisque nous y avons fait allusion plusieurs fois dans le courant de cette étude.

— Chaque croyant doit recevoir le baptême. C’est un commandement du Christ qui a dit :

« Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé. » (Marc 16.15-16)

Foi et baptême sont donc l’un et l’autre nécessaires au salut.

— Le baptême est essentiellement un acte de foi en la personne du Christ, ainsi qu’une expression de repentir. La foi et le repentir doivent précéder le baptême (Actes des Apôtres 8.37; 2.38).

— À cause de cela même, le baptême ne peut être administré qu’à des individus capables de faire profession de foi et acte de repentir.

— Enfin, il faut savoir que par le baptême, le croyant est intégré au Christ et à son Église (Galates 3.27; Actes 2.47; Romains 6.3-6). Et il n’y a de salut qu’en Christ (2 Timothée 2.10).

Nous avons donc, en quelque sorte, procédé par élimination dans cette étude, pour dégager ce « seul baptême » dont parle l’apôtre Paul lorsqu’il énumère les piliers de l’unité chrétienne, ce seul baptême si important et si méconnu.

Conclusion

Chers amis, si vous n’avez pas encore reçu ce baptême chrétien, en tant que personne responsable, n’est-il pas temps d’y penser ?

Permettez-moi seulement de vous rappeler les paroles adressées à Saul de Tarse alors qu’il était plongé dans ses réflexions :

« Et maintenant, que tardes-tu ? Lève-toi, sois baptisé et lavé de tes péchés, en invoquant le nom du Seigneur. » (Actes 22.16)