Quand est-on sauvé par le sang ?

Sous l’Ancien Testament le peuple de Dieu devait offrir à l’Éternel des sacrifices sanglants, car dit Lévitique 17.11 : « C’est par l’âme que le sang fait expiation. » Ce sang offert devait, bien entendu, provenir d’animaux. Il est même stipulé en Lévitique 4.7 :

« Le sacrificateur mettra du sang sur les cornes de l’autel des parfums odoriférants, qui est devant l’Éternel dans la tente d’assignation ; et il répandra tout le sang du taureau au pied de l’autel des holocaustes, qui est à l’entrée de la tente d’assignation. »

Les sacrifices sanglants dans l’ancienne alliance

Ces sacrifices n’étaient, en fait, que « d’ombre des choses à venir » (Colossiens 2.17). Mais quelle distinction y a-t-il donc entre cette ombre et la vraie forme de sacrifice qui, elle, va effacer les péchés ? Les deux représentent une réalité particulière. L’épître aux Hébreux affirme qu’il est impossible que le sang des taureaux et des boucs ôte les péchés (Hébreux 10.4). On peut donc se demander quel but atteignaient les sacrifices exigés dans l’Ancien Testament. Tout d’abord, ils sanctifiaient le peuple dans le sens de le « rapprocher de Dieu » alors qu’il s’en était éloigné en commettant des fautes ou des péchés. Il s’agit donc d’une sorte de reconsécration à l’Éternel. Ils procuraient également une certaine purification de la chair (Hébreux 9.13) en éloignant parfois les effets de certains péchés. L’auteur de l’Épître aux Hébreux, entre autres, parle notamment de l’impuissance et de l’inutilité de ces pratiques – qui ne pouvaient rien amener à la perfection. (Hébreux 7.18-19). Il faut entendre par là une perfection spirituelle qui ne pourra être atteinte que par le sacrifice définitif du Fils de Dieu.

Ces sacrifices étaient également destinés à rappeler aux Israélites la réalité de leur état de pécheurs. En parlant de ce sacrifice sanglant Moïse dit à la nation juive :

« Il se fera une fois chaque année l’expiation pour les enfants d’Israël, à cause de leurs péchés. » (Lévitique 16.34)

Il n’était donc pas question d’une purification spirituelle à proprement parler car seul le sang de Christ, « par un esprit éternel… purifiera-t-il votre conscience des œuvres mortes » (Hébreux 9.14).

L’idée profonde des sacrifices, pris dans leur sens général, était soumise à différents motifs :

  1. Expression d’adoration.
  2. Moyen de purification d’une souillure.
  3. Consécration au service de Dieu.
  4. Moyen d’établir une communion de vie entre l’adorateur et son Dieu.
  5. Symbole ou expression de prière.
  6. Manière d’expier les péchés.
  7. Action de grâces.

Les sacrifices expiatoires étaient donc un moyen mis par l’Éternel à la disposition des pécheurs afin de leur permettre de rétablir les bonnes relations avec leur Dieu, irrité de leurs péchés. Expier c’est, en un sens, payer la rançon, mais on ne peut expliquer le sacrifice expiatoire en lui donnant le sens d’une « satisfaction compensatrice ».

Toute conscience droite ne pouvait se satisfaire par des sacrifices seulement, car ils restaient toujours disproportionnés à la faute commise. Pour trouver la paix il fallait obtenir, au-delà du sacrifice, la grâce de Dieu et lui apporter une repentance véritable alliée à un désir fervent de vie meilleure.

Attitude de Jésus envers les sacrifices

Il serait donc erroné de concevoir les sacrifices de l’Ancien Testament comme étant un moyen de salut définitif pour les Juifs. Ils ne seront sauvés, s’ils se sont conformés à la loi, que par le sang du Fils de Dieu qui coulera, également pour eux, sur la croix.

Jamais le Fils de Dieu ne s’élève contre les sacrifices juifs offerts au Temple de Jérusalem car, pour lui, ils appartiennent à une époque révolue, celle de l’Ancienne Alliance. Par contre ce qu’il rejette avec violence, c’est le faux concept que les sacrifices ont créé dans l’esprit de ceux qui estiment en être quitte avec les exigences de la volonté de Dieu par le truchement de la simple offrande d’un sacrifice sanglant. Chez nombre de Juifs, ce qui aurait pu, dans le meilleur cas, devenir un moyen partiel de rapprochement avec Dieu, avait ouvert la voie à un endurcissement et à une possibilité de bonne conscience apparente. Or nous avons vu que seul le sang de Jésus peut purifier la conscience. D’autre part, le sang de Christ ne saurait être comparé au sang des animaux (Hébreux 9.12), et le sanctuaire de la Nouvelle Alliance est le ciel et non plus le Temple terrestre (Hébreux 9.1,11,24).

Le sacrifice de Jésus

Tout ceci rejoint, d’une certaine manière, la quiétude spirituelle dans laquelle sommeillent d’innombrables personnes considérant que leur bonne conduite et leurs bonnes œuvres agissent comme autant de catalyseurs de la grâce de Dieu et de l’application automatique du sacrifice de Jésus à leur salut.

Nul n’ignore que la Bible enseigne que nous vivons maintenant sous la juridiction du Nouveau Testament. Il est toutefois utile de réviser certaines notions de base en relisant des passages bibliques :

« Ceci est mon sang, le sang de l’alliance, qui est répandu pour plusieurs pour la rémission des péchés. » (Matthieu 26.28)

Le sang du Christ a donc coulé pour le pardon des péchés.

« l’Église du Seigneur, qu’il s’est acquise par son propre sang. » (Actes 20.28)

Il a payé pour tous ceux qui lui obéissent et qui forment par conséquent son Église.

« Nous sommes justifiés par son sang. » (Romains 5.9)

Le salut est-il conditionnel ou inconditionnel ?

« Ce n’est pas par des choses périssables, par de l’argent et l’or, que vous avez été rachetés.. mais par le sang précieux de Christ. » (1 Pierre 1.18-19)

« Le sang de Jésus… nous purifie de tout péché. » (1 Jean 1.7)

Tous ceux qui croient ce que dit la Bible affirment catégoriquement qu’on ne peut être sauvé que par le sang du Fils de Dieu, et ils ont parfaitement raison. Cela nous amène à poser une question absolument primordiale : Le salut par le moyen du sang de Christ est-il conditionnel ou inconditionnel ?

Par ailleurs, comment se fait-il que, bien que le sang de Jésus ait coulé pour tous les êtres humains, il en existe qui ne sont pas sauvés ? La raison en est que certains n’ont pas remplis les conditions nécessaires pour avoir accès à ce sang. Le salut est donc conditionnel.

Quand le sang du Christ sauve-t-il ?

Nous savons que seul le sang du Christ nous sauve. Mais quand cela se fait-il ? Le sang donne la vie à notre corps ; mais une fois qu’il en est séparé il ne sert plus strictement à rien. Afin de nous permettre de vivre physiquement le sang doit être dans notre corps. De même Jésus-Christ a un corps spirituel (Colossiens 1.24) et son sang est dans ce corps spirituel, nulle part ailleurs. Si une de nos mains, ou un de nos membres, était séparé de notre corps, et par conséquent coupé du flux sanguin, il mourrait. Ce principe s’applique aussi à toute âme qui, une fois détachée du corps spirituel de Christ, est également séparée de son sang et perdue irrémédiablement. Nous n’avons qu’un seul corps et n’importe quel de nos membres, dont la vie dépend de notre sang, doit obligatoirement faire partie de notre corps. Le Fils de Dieu aussi n’a qu’un seul corps (Éphésiens 4.4). Toute âme ayant été sauvée par son sang ne peut que faire partie de son corps spirituel. L’épître aux Éphésiens le dit bien :

« Christ est le chef de l’Église, qui est son corps et dont il est le Sauveur. » (Éphésiens 5.23)

Ce corps est appelé l’Église en Colossiens 1.18 :« Il est la tête du corps de l’Église », et cette Église a été acquise par le propre sang du Seigneur (Actes 20.28).

Les conditions préliminaires au salut

Devenir membre du corps de Jésus équivaut donc à avoir accès à son sang et vice versa. Poser la question « Comment puis-je atteindre le sang du Christ ? », c’est en fait demander « Par quel moyen puis-je entrer dans le corps de Christ ? », puisque c’est là seul que le sang sauve. Les mêmes conditions préliminaires nous donnant accès au sang du Fils de Dieu font de nous ipso facto des membres de son Corps.

La foi est une condition d’accès au sang du Sauveur, car Romains 3.25 dit : « C’est lui que Dieu a destiné, par son sang, à être, pour ceux qui croiraient, victime propitiatoire. »

Mais la foi est également une des conditions pour devenir membre du corps de Christ. En écrivant aux Corinthiens qui étaient déjà membres de ce corps, de cette Église (1 Corinthiens 12.27), Paul dit : « Vous êtes fermes dans la foi » (2 Corinthiens 1.24).

Le baptême est également, au même titre que la repentance, une condition d’accès au sang. Paul dit aux Romains :

« Ignorez-vous que nous tous qui avons été baptisés en Jésus-Christ, c’est en sa mort que nous avons été baptisés ? Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême en sa mort, afin que, comme Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, de même nous aussi nous marchions en nouveauté de vie. » (Romains 6.3-4)

Mais pourquoi devons-nous être baptisés en Christ et être ensevelis, en similitude avec la mort de Jésus ? Nous devons être baptisés tout simplement pour pouvoir parvenir à son sang. Mais le baptême est également le moyen par lequel nous entrons dans le corps de Christ. En écrivant aux habitants de Corinthe, Paul affirme :

« Nous avons tous, en effet, été baptisés dans un seul Esprit, pour former un seul corps. » (1 Corinthiens 12.13)

Nous voyons donc, une fois de plus, par les Écritures, que les conditions sont strictement les mêmes à la fois pour avoir accès au sang de Christ et pour devenir un membre de son corps, de son Église.

Tout ceci répond par conséquent à la question que nous nous étions posée, c’est-à-dire : Quand le sang du Christ sauve-t-il ? Il sauve lorsque nous sommes baptisés, immergés, dans la mort de Jésus, quand le sang de Jésus nous lave de tous péchés, quand nous entrons dans ce corps qu’il s’est acquis par ce sang purifiant.

En faites-vous partie ? Désirez-vous que ce sang offert par le Fils de Dieu s’applique à votre cœur ? Les conditions nécessaires au salut ne sont rien comparées à la profondeur d’une éternité passée en présence de Dieu qui est promise à tous ceux qui feront sa volonté. Comment la connaître ? En vous penchant sur la Bible, qui est sa Parole.

Écoutez comment l’apôtre Jean décrit une de ses visions de l’au-delà dans le livre de l’Apocalypse :

« L’un des vieillards prit la parole et me dit : Ceux qui sont revêtus de robes blanches, qui sont-ils, et d’où sont-ils venus ? Je lui dis : Mon Seigneur, tu le sais. Et il me dit : Ce sont ceux qui viennent de la grande tribulation ; ils ont lavé leurs robes, et ils les ont blanchies dans le sang de l’Agneau. C’est pour cela qu’ils sont devant le trône de Dieu, et le servent jour et nuit dans son temple. Celui qui est assis sur le trône dressera sa tente sur eux ; ils n’auront plus faim, ils n’auront plus soif, et le soleil ne les frappera point, ni aucune chaleur. Car l’Agneau qui est au milieu du trône les paîtra et les conduira aux sources des eaux de la vie et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux. » (Apocalypse 7.13-17)