Peut-on perdre le salut ?


Peut-on être sûr de son salut ? Les apôtres de Jésus prêchaient sans ambiguïté le pardon qu’il avait rendu possible :

« Sachez donc, hommes frères, que c’est par lui [Jésus] que le pardon des péchés vous est annoncé, et que quiconque croit est justifié par lui de toutes les choses dont vous ne pouviez être justifiés par la loi de Moïse. » (Actes 13.38,39)

Selon 1 Jean 5.13, on peut bien savoir qu’on a été sauvé :

« Je vous ai écrit ces choses, afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au nom du Fils de Dieu. »

Le Seigneur ne veut pas que ses enfants soient dans le doute concernant la réalité de la délivrance qu’il nous accorde du péché et de la mort.

« Nous ne voulons pas que vous soyez dans l’ignorance au sujet de ceux qui sont morts, afin que vous ne vous affligiez pas comme les autres qui n’ont point d’espérance. » (1 Thessaloniciens 4.13)

Considérez la confiance exprimée par l’apôtre Paul quand il voyait que le moment de sa mort approchait :

« Désormais la couronne de justice m’est réservée ; le Seigneur, le juste juge, me la donnera dans ce jour-là, et non seulement à moi, mais encore à tous ceux qui auront aimé son avènement. » (2 Timothée 4.8)

Si la Bible enseigne qu’une personne peut savoir qu’elle est sauvée, cela ne veut pas dire forcément qu’elle ne peut en aucun cas perdre ce salut. Or, c’est justement ce que de nombreuses personnes affirment. On l’appelle tantôt « la doctrine de la persévérance des saints », tantôt « la sécurité éternelle du croyant ». D’autres résument l’idée par la phrase : « Une fois sauvé, toujours sauvé ! » Quand on leur pose des questions sur le cas de personnes qui ont cru à l’Évangile, mais qui sont maintenant dans un état d’infidélité totale envers le Seigneur, ils affirment souvent que Dieu fera en sorte que ces personnes reviennent forcément à lui avant de mourir. Si elles ne se repentent pas, cela prouve, selon eux, que ces personnes n’avaient pas été sauvées au départ. Leur conversion n’avait pas été réelle. Ils n’avaient pas été parmi les élus de Dieu. D’autres n’admettent même pas qu’il soit nécessaire que la personne sauvée revienne à la fidélité avant sa mort. Ils insistent sur l’idée que du moment où nous avons accepté l’Évangile, notre état devant Dieu est garanti inconditionnellement et que ce salut ne peut donc pas être perdu à cause des choix que nous prenons ou des actes que nous posons.

Comme toujours, nous voulons surtout savoir ce que la Bible dit à ce sujet très important.

Les paroles de Christ

La parabole de l’homme qui refuse de pardonner

En Matthieu 18.21-35 Jésus dit une parabole concernant un roi qui décida de régler ses comptes avec ses serviteurs. On lui amena un homme qui lui devait une très grosse somme d’argent, mais qui n’avait pas de quoi rendre cet argent. Le roi ordonna, selon la coutume et la loi de l’époque, de vendre cet homme comme esclave et de vendre aussi sa femme, ses enfants et tout ce qu’il possédait. Mais comme son serviteur tomba à genoux et supplia le roi, ce dernier en eut pitié et lui remit sa dette. Le serviteur sortit et rencontra un de ses compagnons qui lui devait une somme très modeste. Il le saisit à la gorge et le serrait à l’étouffer en disant : « Paie ce que tu me dois ! » Et il le fit jeter en prison. Lorsque le roi apprit ce qui s’était passé, il fit venir le premier serviteur et lui dit :

« Méchant serviteur ! Je t’ai remis toute ta dette parce que tu m’as supplié de le faire. Tu devais toi aussi avoir pitié de ton compagnon comme j’ai eu pitié de toi. »

Le roi était très en colère ; il retira son pardon et envoya le serviteur en prison. Et Jésus ajouta :

« C’est ainsi que mon Père qui est au ciel vous traitera si chacun de vous ne pardonne pas à son frère de tout son cœur. »

Jésus enseigne ici que le pardon de Dieu, bien qu’accordé librement par pures miséricorde et grâce à des pécheurs qui ne le méritent pas du tout, demeure toutefois conditionnel. Le pardon que Dieu accorde peut être retiré si la personne qui le reçoit agit de certaines manières – si, par exemple, après avoir été pardonnée par Dieu elle refuse de pardonner aux autres. Nier cette réalité serait nier que cette parabole ait un sens quelconque.

Le cep et les sarments

En Jean 15.1-6 Jésus se compare lui-même à un cep (une vigne) et ses disciples à des sarments (des rameaux). La source de notre vie spirituelle, c’est Jésus, comme la vigne est la source de vie pour les rameaux. Si nous ne sommes pas unis à Christ, nous sommes morts. « Celui qui a le Fils a la vie ; celui qui n’a pas le Fils de Dieu n’a pas la vie » (1 Jean 5.12). La présence continuelle du Christ dans son disciple dépend en partie de la volonté du disciple : « Demeurez en moi, et je demeurerai en vous » (Jn. 15.4). La conséquence quand le disciple demeure en Christ, c’est que le Christ demeure en lui, et le disciple porte du fruit :

« Un rameau ne peut porter de fruit tout seul, sans être uni à la vigne ; de même, vous ne pouvez pas porter du fruit si vous ne demeurez pas unis à moi. Je suis la vigne, vous êtes les rameaux. Celui qui demeure uni à moi, et à qui je suis uni, porte beaucoup de fruit, car vous ne pouvez rien faire sans moi. » (Jn. 15.4,5, FC)

La conséquence quand le disciple ne demeure pas en Christ, c’est que celui-là ne porte pas de fruit, et qu’il est retranché :

« Il coupe chaque rameau qui, en moi, ne porte pas de fruit… Celui qui ne demeure pas uni à moi est jeté dehors, comme un rameau, et il sèche ; les rameaux secs, on les ramasse, on les jette au feu et ils brûlent. » (vs. 2,6)

Plusieurs fois quand Jésus avertissait ses disciples concernant des temps difficiles et des persécutions futures, il énonça le principe contenu dans ces versets :

« Plusieurs faux prophètes s’élèveront, et ils séduiront beaucoup de gens. Et, parce que l’iniquité se sera accrue, la charité du plus grand nombre se refroidira. Mais celui qui persévérera jusqu’à la fin sera sauvé. » (Matthieu 24.11-13; cf. Matt.10.22; Apoc. 2.10)

Il semble évident que le contraire serait vrai : celui qui ne persévère pas jusqu’à la fin ne sera pas sauvé.

Ces paroles de Christ sont assez directes. La façon la plus naturelle de les comprendre serait de reconnaître que le salut peut bien se perdre.

Les paroles des apôtres

Les apôtres de Christ ont-ils compris son enseignement de la même manière que nous venons de l’interpréter ?

L’apôtre Pierre est très clair :

« En effet, si les hommes qui ont échappé aux mauvaises influences du monde parce qu’ils ont connu notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, se laissent ensuite reprendre et vaincre par elles, ils se trouvent finalement dans une situation pire qu’au commencement. Il aurait mieux valu pour eux ne pas connaître le juste chemin, que de l’avoir connu et de se détourner ensuite du saint commandement. » (2 Pierre 2.20,21)

En Romains 11, l’apôtre Paul traite le problème d’Israël incrédule : la majorité des Juifs n’avaient pas cru à l’Évangile, tandis que de nombreux païens avaient accepté le Christ avec joie. Paul compare le peuple de Dieu à un arbre (un olivier) et les individus à des branches. Ceux des Juifs qui ne croyaient pas à la bonne nouvelle étaient comme des branches qui ont été coupées ; les païens qui sont devenus chrétiens étaient comme des branches d’olivier sauvage greffées à leur place sur cet olivier cultivé. Aux versets 19-23 Paul s’adresse à un chrétien d’origine païenne qui risquait de s’enorgueillir :

« Tu vas me dire : « Mais, des branches ont été coupées pour que je sois greffé à leur place. » C’est juste. Elles ont été coupées parce qu’elles ont manqué de foi, et tu es à cette place en raison de ta foi. Mais garde-toi de l’orgueil ! Crains plutôt. Car, si Dieu n’a pas épargné les Juifs, qui sont des branches naturelles, il ne t’épargnera pas non plus. Remarque comment Dieu montre sa bonté et sa sévérité : il est sévère envers ceux qui sont tombés et il est bon envers toi. Mais il faut que tu demeures dans sa bonté, sinon tu seras aussi coupé comme une branche. Et si les Juifs renoncent à leur incrédulité, ils seront greffés là où ils étaient auparavant. » (FC)

Ce que dit l’apôtre Paul à son propre sujet surprend beaucoup de lecteurs : « Je traite durement mon corps et je le maîtrise sévèrement, afin de ne pas être moi-même rejeté après avoir prêché aux autres » (1 Corinthiens 9.27). Paul reconnaissait le danger de se voir rejeter par Dieu s’il se mettait à tolérer le péché dans sa propre vie ou à être dominé par ses désirs charnels. Certains enseignent que Paul ne craignait pas la perte de son salut, mais qu’il avait peur de se disqualifier pour le service de Dieu ou de ne pas recevoir une pleine récompense pour son œuvre. Mais le contexte montre que cela n’est pas le cas. Il poursuit son idée, en effet, en rappelant aux Corinthiens l’exemple des Israélites dans le désert. Ils avaient été délivrés de l’esclavage en Égypte et avaient reçu de nombreuses bénédictions de la part de Dieu, mais « la plupart d’entre eux ne furent pas agréables à Dieu et c’est pourquoi ils tombèrent morts dans le désert » (1 Cor. 10.5). Ceux-ci n’ont pas atteint le pays que Dieu leur avait promis, le Canaan. Les chrétiens, pour leur part, ont été délivrés « de la puissance des ténèbres » (Col. 1.13) et de la servitude au péché, et ils reçoivent aussi de nombreuses bénédictions de la part de Dieu. Ils doivent se garder de tomber dans la même sorte de péchés que les Israélites – idolâtrie (v. 7), immoralité sexuelle (v. 8), rébellion (v. 9), murmures (v. 10) – et de perdre, eux aussi, l’accès au pays que Dieu leur promet, c’est-à-dire le ciel. Le danger est réel et non imaginaire. Paul dit concernant les Israélites :

« Ces malheurs leur arrivèrent pour servir d’exemples à d’autres ; ils ont été mis par écrit pour nous avertir… Par conséquent, celui qui pense être debout doit prendre garde de ne pas tomber. » (1 Cor. 10.11,12).

Les autres livres du Nouveau Testament aussi parlent de cette manière. Voyez, par exemple, Jacques 1.12; 5.19,20; 2 Pierre 1.5-11; 3.16-18; 2 Jean 7-9; Col. 2.4-8; Apoc. 22.19; etc.

Des cas concrets

Le Nouveau Testament ne traite pas la perte du salut comme une simple possibilité théorique : il se réfère à des cas concrets, différentes personnes qui avaient été dans la foi, mais qui ont été perdues par la suite. Tout en exhortant Timothée de combattre « le bon combat, en gardant la foi et une bonne conscience », Paul déclare que « quelques-uns l’ont perdue, et ils ont fait naufrage par rapport à la foi ». Il cite Hyménée et Alexandre comme étant de ce nombre. (1 Tim. 1.18-20).

Dans la même lettre, Paul donne des instructions concernant des veuves qui devaient ou ne devaient pas être assistées matériellement par l’Église. Celles qui recevaient cette assistance devaient prendre une sorte d’engagement solennel. L’apôtre dit en 1 Timothée 5.11,12,15 :

« Mais refuse de mettre les jeunes veuves sur la liste ; car lorsque leurs désirs les poussent à vouloir se remarier, elles se détournent du Christ et se rendent ainsi coupables d’avoir rompu leur premier engagement à son égard… Car quelques veuves se sont déjà détournées du droit chemin pour suivre Satan. » (FC)

Le danger était réel. Certaines sœurs en Christ avaient déjà été perdues.

Toujours en 1 Timothée, Paul met en garde contre le danger que représente l’amour de l’argent (et ce danger concerne les chrétiens autant que les non-chrétiens) :

« Mais ceux qui veulent s’enrichir tombent dans la tentation, dans le piège, et dans beaucoup de désirs insensés et pernicieux qui plongent les hommes dans la ruine et la perdition. Car l’amour de l’argent est une racine de tous les maux ; et quelques-uns, en étant possédés, se sont égarés loin de la foi, et se sont jetés eux-mêmes dans bien des tourments. » (1 Tim. 6.9,10)

En Galatie aussi, il y avait eu des cas concrets de personnes qui avaient bénéficié de la grâce de Dieu, qui avaient été sauvées, mais qui étaient tombées de la grâce : « Vous êtes séparés de Christ, vous tous qui cherchez la justification dans la loi ; vous êtes déchus de la grâce » (Galates 5.4).

L’Épître aux Hébreux parle beaucoup du danger de perdre le salut. Elle aussi se réfère à des personnes qui avaient clairement été sauvées, mais qui ne l’étaient plus :

« Car il est impossible que ceux qui ont été une fois éclairés, qui ont goûté le don céleste, qui ont eu part au Saint-Esprit, qui ont goûté la bonne parole de Dieu et les puissances du siècle à venir, et qui sont tombés, soient encore renouvelés… » (Héb. 6.4-6)

Il est sûr que dans chaque génération certains ont seulement fait semblant de croire, et leurs professions de foi étaient fausses dès le départ. Mais il est aussi sûr, selon ce que nous lisons dans les Écritures, que d’autres ont réellement abandonné une vérité après y avoir obéi de tout cœur.

Des arguments en faveur de « la sécurité éternelle du croyant »

Pourquoi alors certains diraient-ils que le salut ne peut pas se perdre ? Nous sommes sûrs que ces gens sont sincères dans ce qu’ils croient et qu’ils pensent avoir une base biblique pour leur point de vue. Mais quels arguments trouvent-ils pour appuyer une doctrine qui semble contredire non seulement le sens commun, mais tous ces passages bibliques que nous venons de voir ?

1. « La vie éternelle ne peut pas avoir de fin, sinon elle n’est pas éternelle. »

Certaines personnes, en réfléchissant à la déclaration de 1 Jean 5.13 qui dit que nous pouvons savoir que nous avons la vie éternelle, se posent la question suivante : « Si la vie éternelle peut être terminée, comment peut-on la considérer comme étant éternelle ? » Il est certes vrai que la vie éternelle demeure pour toujours. Elle ne peut cesser. Mais le Nouveau Testament nous avertit à maintes reprises que notre privilège de participer à cette vie éternelle dépend directement de notre persévérance à demeurer en celui en qui cette vie est rendue disponible aux hommes. Si nous cessons de demeurer en lui, la vie éternelle continue ; mais notre participation à cette vie prend fin.

« Votre véritable vie, c’est le Christ. » (Col. 3.4)

« Le don gratuit de Dieu, c’est la vie éternelle en Jésus-Christ notre Seigneur. » (Rom. 6.23)

« Voici ce témoignage : Dieu nous a donné la vie éternelle et cette vie nous est accordée en son Fils. Celui qui a le Fils a cette vie ; celui qui n’a pas le Fils de Dieu n’a pas la vie. » (1 Jn. 5.11,12)

« Et maintenant, petits enfants, demeurez en lui, afin que, lorsqu’il paraîtra, nous ayons de l’assurance, et qu’à son avènement nous ne soyons pas confus et éloignés de lui. » (1 Jn. 2.28)

2. « Rien ne peut nous séparer de l’amour de Dieu ni nous ravir de sa main »

Une merveilleuse promesse du Sauveur se trouve en Jean 10.28,29 :

« Je leur donne la vie éternelle ; et elles ne périront jamais, et personne ne les ravira de ma main. Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tous ; et personne ne peut les ravir de la main de mon Père. »

Malheureusement, beaucoup de gens citent cette promesse en omettant le verset 27, qui fait partie de la déclaration de Jésus. Il présente la condition qui régit la promesse : « Mes brebis écoutent ma voix ; je les connais, et elles me suivent » (FC). Ces verbes sont au temps présent, qui en grec indique une action qui continue. La sécurité que Jésus promet n’est pas offerte à ceux qui ne continuent pas de le suivre.

Nous avons d’autres promesses, comme celle de Romains 8.38,39 :

« Car j’ai l’assurance que ni la mort ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni les choses présentes ni les choses à venir, ni les puissances, ni la hauteur ni la profondeur, ni aucune autre chose ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur. »

Il est important de distinguer entre tous les ennemis possibles que Paul énumère et le croyant lui-même. Aucun esprit, aucune force, aucune circonstance ne pourrait enlever de la main de Christ même le plus faible qui se confie en lui. Il y a une sécurité totale en Christ pour la brebis qui suit le berger et écoute sa voix. Mais Dieu ne nous tiendra pas en captivité si nous décidons de l’abandonner.

Rien de l’extérieur à l’enfant de Dieu ne peut lui ravir son salut, mais de mauvais choix faits par le chrétien, le reniement du Seigneur, par exemple, peut le ramener dans un état de perdition. Le danger vient du dedans, de notre propre volonté.

3. « Une fois qu’on est né, on ne peut pas cesser d’être un fils de son père. »

D’autres personnes considèrent la question du point de vue de la nouvelle naissance. Une fois qu’un enfant nous est né, il demeure toujours notre enfant, même si parfois il nous déçoit profondément par ses actions. Dans notre conversion au Christ, nous sommes devenus enfants de Dieu. Il est vrai que nous pouvons attrister notre Père céleste, mais ces gens considèrent qu’il nous reconnaîtra toujours comme ses enfants, et donc ses héritiers. En réalité, notre état de « fils de Dieu » demeure conditionnel tout au long de notre séjour sur la terre. Considérez ces déclarations de l’apôtre Paul :

« Ainsi donc, frères, nous ne sommes point redevables à la chair, pour vivre selon la chair. Si vous vivez selon la chair, vous mourrez ; mais si par l’Esprit vous faites mourir les actions du corps, vous vivrez, car tous ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu… Or, si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers : héritiers de Dieu, et cohéritiers de Christ, si toutefois nous souffrons avec lui, afin d’être glorifiés avec lui. » (Rom. 8.12-14,17)

« Si nous persévérons, nous régnerons avec lui ; si nous le renions, lui aussi nous reniera » (2 Tim. 2.12). Si nous cessons de nous laisser conduire par l’Esprit Saint qui nous parle à travers la Parole de Dieu, nous ne serons plus « fils de Dieu ».

Même dans une famille physique, un parent aura toujours de l’amour pour son enfant, mais un enfant rebelle peut, par son comportement, rendre impossible une bonne relation avec le parent, au point même de se voir déshériter.

4. « Ceux qui rechutent n’avaient pas été sauvés ; le fait qu’ils sont tombés montre qu’ils n’avaient pas été sauvés »

L’un des avertissements les plus forts concernant le danger de perdre le salut se trouve en Hébreux 10.26,27 :

« Si nous péchons volontairement après avoir reçu la connaissance de la vérité, il ne reste plus de sacrifice pour les péchés, mais une attente terrible du jugement. »

Cet avertissement ne s’adresse pas, comme certains le disent, à des non-croyants qui hésitent de mettre leur confiance en Christ ; l’auteur parle plutôt à des « frères » qui ont « au moyen du sang de Jésus, une libre entrée dans le sanctuaire par la route nouvelle et vivante qu’il a inaugurée pour nous » (vs. 19,20) – des hommes qui n’ont qu’à retenir « fermement la profession de notre espérance » (v. 23) et ne pas « abandonner notre assemblée » (v. 25) pour l’encouragement mutuel dans la foi. Les lecteurs auxquels l’avertissement s’adresse sont des « frères » qui ont déjà « accompli la volonté de Dieu » (v. 36) jusqu’au moment présent, et qui ont simplement besoin de ne pas « abandonner leur confiance » (v. 35) en Christ. Ils sont actuellement des croyants et ne sont pas de « ceux qui se retirent pour se perdre, mais de ceux qui ont la foi pour sauver leur âme » (v. 39). Ayant clairement à l’esprit la situation des lecteurs, on ferait bien de relire les nombreuses exhortations ailleurs dans cette épître, dans laquelle l’auteur plaide avec des chrétiens d’origine juive de ne pas tourner le dos à Jésus-Christ et perdre leur salut (Héb. 3.6-19; 4.1-16; 6.4-9, 10-12; 10.19-31, 35-39; 12.14-17).

Dieu nous aime plus que nous ne pouvons jamais comprendre, et il désire tant le salut de chacun de nous qu’il a payé le prix ultime : le sang de son Fils Jésus-Christ. Il nous appelle par l’Évangile. Il nous donne son Esprit pour nous fortifier. Mais il ne force personne. Nous devons croire et être baptisés en Christ (Gal. 3.26,27; Rom. 6.3), et puis demeurer en Christ jusqu’à la fin (Jn. 8.31). Si nous ne retenons pas l’Évangile par lequel nous sommes sauvés, nous aurons « cru en vain » (1 Cor. 15.1,2).


(Beaucoup d’idées dans ce numéro sont empruntées du livre Life in the Son, par Robert Shank.)