Pourquoi Allah ordonna-t-il la mort de Jésus ?

Il n’y a pas de raison valable pour nier le fait que Jésus fut mis à mort. Le Coran le soutient, les hadith ne le nient pas. Les prophètes l’avaient prédit. Les non-chrétiens l’ont confirmé. Et avant tout, ce fait est au cœur de l’Injeel que Dieu, selon le Coran, donna au Messie, Jésus. L’idée répandue que la condamnation, l’humiliation et la crucifixion de Jésus auraient constitué un échec qui empêcha le Serviteur de Dieu d’accomplir sa mission est fausse – du moment où Jésus est ressuscité d’entre les morts, on ne peut plus parler d’échec. L’idée qu’Allah va forcément rendre tous ses apôtres « victorieux » en les délivrant du danger est fausse également – le Coran lui-même parle à maintes reprises des prophètes fidèles que les Juifs avaient tués et des martyrs musulmans qui ont donné leur sang pour la cause de l’Islam. Quant au verset du Coran que l’on prend pour affirmer que Jésus n’est pas mort sur la croix, il enseigne simplement que c’est Dieu, et non pas les Juifs, qui était à l’origine de la mort de Jésus. (Voir la publication, « Jésus est-il mort sur la croix ? », Éditions CEB.)

Mais la question demeure :

Pourquoi Dieu aurait-il voulu que Jésus meure sur la croix ?

Jésus lui-même a répondu à cette question : en Jean 10 il se comparait à un berger et ses disciples aux brebis. Il dit : « Je suis le bon berger. Le bon berger donne sa vie pour ses brebis… Le Père m’aime, parce que je donne ma vie, afin de la reprendre. Personne ne me l’ôte, mais je la donne de moi-même ; j’ai le pouvoir de la donner, et j’ai le pouvoir de la reprendre : tel est l’ordre que j’ai reçu de mon Père » (Jean 10.11,17,18). Dans ces versets, nous voyons que Jésus confirme que sa mort avait été ordonnée par Dieu – c’était bien Dieu qui l’avait voulue – mais il dit également qu’il obéissait volontairement à cet ordre de donner sa vie. Quand Jésus dit que le berger donne sa vie pour ses brebis, il indique que sa mort devait servir les autres. Il donnerait sa vie pour sauver ses « brebis ». En Marc 10.45 il ajoute un élément concernant sa mort pour les autres. Il dit : « Le Fils de l’homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie comme la rançon de plusieurs. » Une rançon est le prix payé pour obtenir la vie ou la liberté d’un esclave ou un prisonnier. Jésus dit que sa vie servirait de rançon pour plusieurs.

Ces paroles de Jésus s’accordent bien avec les propos des prophètes qui l’avaient précédé. Dans un long passage écrit par le prophète Ésaïe il est affirmé très clairement que le Christ devait mourir. Il ne devait pas être sauvé à la dernière minute pour ne pas souffrir, pour ne pas connaître la honte. Non, selon le plan de Dieu, il devait mourir. Mais le même texte nous dit la raison de la mort du Christ :

« Il était blessé pour nos péchés, brisé pour nos iniquités ; le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui, et c’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris. Nous étions tous errants comme des brebis, chacun suivait sa propre voie ; et l’Éternel a fait retomber sur lui l’iniquité de nous tous… Par sa connaissance mon serviteur juste justifiera beaucoup d’hommes, et il se chargera de leurs iniquités… il a porté les péchés de beaucoup d’hommes, et il a intercédé pour les coupables. » (Ésaïe 53.5,6,11,12)

On ne pourrait pas trouver de paroles plus claires, mais ne serait-il pas injuste de faire souffrir une personne à la place d’une autre ? Le coupable ne devrait-il pas être puni ? Dieu ne jugera-t-il pas chacun selon ses propres actions ?

Le Coran dit : « Ceux dont la balance est lourde seront les bienheureux ; et ceux dont la balance est légère seront ceux qui ont ruiné leurs propres âmes et ils demeureront éternellement dans l’Enfer » (Sourate 23 – Les croyants, ayat 102,103). En d’autres termes, il faudra, au jour du jugement, que le poids des bonnes actions l’emporte sur celui des mauvaises. La Bible semble parler dans le même sens quand elle dit en 2 Corinthiens 5.10 : « Car il nous faut tous comparaître devant le tribunal de Christ, afin que chacun reçoive selon le bien ou le mal qu’il aura fait, étant dans son corps. » Le Coran dit dans la Sourate 35 – Fatir, aya 18 : « Or, personne ne portera le fardeau d’autrui. Et si une âme surchargée [de péchés] appelle à l’aide, rien de sa charge ne sera supporté par une autre même si c’est un proche parent. » Et encore, la Bible dit en Romains 14.12 : « Ainsi chacun de nous rendra compte à Dieu pour lui-même. »

Certainement, Dieu jugera chacun de nous en fonction de ses choix et de ses actions. Mais encore, la Bible et le Coran s’accordent en affirmant que Dieu est miséricordieux et prêt à pardonner. Dans le Zabur David dit : « Car tu es bon, Seigneur, tu pardonnes, tu es plein d’amour pour tous ceux qui t’invoquent » (Psaumes 86.5). Dans le Coran nous lisons : « Demandez pardon à Allah. Car Allah est Pardonneur et Miséricordieux… Allah vous promet pardon et faveur venant de Lui. La grâce d’Allah est immense » (Sourate 2 – Al-Baqarah, ayat 199,268). La plupart des sourates du Coran commencent par les mots : « Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux ».

Que veut dire le mot « pardonner » ? N’est-ce pas acquitter, faire grâce, renoncer à punir, oublier ou faire comme si une faute n’avait pas été commise ? Qu’est-ce que la miséricorde ? N’est-ce pas la pitié qui pousse à pardonner au coupable ?

Évidemment il est donc possible que les mauvais choix et les actions pécheresses des hommes soient enlevés de la balance au dernier jour. Mais par quel moyen ?

La nécessité d’un sacrifice

Celui qui ne comprend pas profondément la justice de Dieu pourrait répondre qu’il n’y a pas besoin de « moyen » : Dieu est souverain, et s’il veut pardonner, il choisit simplement de le faire. Il dit : « Je pardonne », et la chose est faite – le péché est enlevé.

Oui, Dieu est souverain – il peut faire ce qu’il veut. Mais il est juste, aussi, et il refuse de compromettre sa justice, son intégrité. La Bible dit : « Si nous sommes infidèles, il demeure fidèle, car il ne peut se renier lui-même » (2 Timothée 2.13). Parce qu’il n’acceptera jamais de faire le mal, la Bible nous rappelle en Hébreux 6.18 qu’il est impossible que Dieu mente. Mais sa justice l’empêche aussi de regarder avec faveur les coupables. Le prophète Habacuc lui dit : « Tes yeux sont trop purs pour voir le mal, et tu ne peux regarder l’iniquité. Pourquoi regarderais-tu les perfides, et te tairais-tu ? » (Habacuc 1.13). Comme le patriarche et prophète Abraham a demandé un jour au Tout-Puissant : « Celui qui juge toute la terre n’exercera-t-il pas la justice ? » (Genèse 18.25). Être un Dieu de miséricorde et compassion et en même temps le Juge juste et saint qui examine et pèse les actions de tout homme présente un dilemme. Comment est-il possible d’être à la fois miséricordieux et juste ? Comment Dieu peut-il pardonner le péché et en même temps honorer ses saints commandements et les faire respecter ? Si un magistrat humain pardonnait aux coupables par favoritisme envers ses amis ou ses parents, ou parce qu’il avait reçu un cadeau, nous le traiterions comme étant indigne d’occuper son poste. Un juge a la responsabilité de faire appliquer la loi, de punir les coupables et de laisser aller les innocents. Comment Dieu serait-il un Juge juste quand il blanchit les coupables, quand la peine méritée n’est pas administrée ?

Voilà ce qui montre la nécessité du sacrifice pour le péché. C’est un concept connu de toute l’humanité depuis au moins le temps de Caïn et Abel, les fils d’Adam et Ève. Vous vous rappelez qu’Abel offrit à Dieu des premiers-nés de son troupeau et de leur graisse. C’est un concept qui existe certainement dans l’Islam. « Accomplis la Salat pour ton Seigneur et sacrifie » (Sourate 108 – Al-Kawtar, aya 2). « Et accomplissez pour Allah le pèlerinage et l’Umra. Si vous en êtes empêchés, alors faites un sacrifice… Et ne rasez pas vos têtes avant que l’animal à sacrifier n’ait atteint son lieu d’immolation… Et craignez Allah. Et sachez qu’Allah est dur en punition » (Sourate 2 – Al-Baqarah, aya 196).

La Torah insiste souvent sur l’idée d’expier le péché, de faire apaiser la colère divine. Le péché ne devait pas rester impuni. Étant donné que « le salaire du péché, c’est la mort » (Romains 6.23), nous comprenons pourquoi le moyen prescrit pour l’expiation, c’était le sang sacrificiel. Dieu dit aux Israélites : « L’âme de la chair est dans le sang. Je vous l’ai donné sur l’autel, afin qu’il servît d’expiation pour vos âmes, car c’est par l’âme que le sang fait l’expiation » (Lévitique 17.11). L’Injeel appuie ce principe en Hébreux 9.22, où il est écrit : « Presque tout, d’après la loi, est purifié avec du sang, et sans effusion de sang il n’y a pas de pardon. »

Si donc Allah ordonna que les hommes offrent le sang des animaux pour expier leurs péchés, pourquoi aurait-il ordonné que son serviteur Jésus donne sa vie comme une « rançon pour plusieurs » ? La réponse se trouve quelques versets plus loin dans le passage que nous venons de citer : « Il est impossible que le sang des taureaux et des boucs ôte les péchés » (Hébreux 10.4). Même si la Bible ne l’avait pas dit explicitement, nous aurions pu deviner cette vérité, n’est-ce pas ? En effet, en parlant de sacrifice, on reconnaît que l’homme pécheur mérite la mort – son propre sang devait être versé ; mais il demande à Dieu d’accepter le sang (la vie) de l’animal sacrifié à la place du sien. L’animal est substitué au coupable. Mais voilà le problème évident : la vie d’un animal n’est pas égale à la vie d’un homme. La valeur de son sang n’est pas suffisante pour racheter un être humain. Les sacrifices ordonnés par la Loi de Moïse servaient à enseigner le principe qu’il faut expier le péché et qu’un sacrifice pourrait, théoriquement au moins, ôter le péché et apaiser la colère juste de Dieu. Mais la vraie expiation exigerait le sang d’un être humain, du sang qui représente une vie de la même valeur (ou d’une plus grande valeur) que celle de la personne qui demandait pardon. Il faut reconnaître, pourtant, que le sang d’un homme pécheur ne ferait pas l’affaire. (Ce principe était représenté par le fait que l’animal à immoler devait être, selon la Loi, « sans défaut ».) L’homme qui a péché doit déjà payer de sa vie ; s’il est condamné à mourir pour son propre péché, il ne peut guère offrir sa vie à la place d’un autre condamné. Non, seul un homme libre, un homme sans péché, pourrait s’offrir à la place du coupable.

Voilà pourquoi Jésus est le seul homme qui aurait pu donner sa vie comme sacrifice pour les péchés.

Plusieurs passages de la Bible soulignent l’idée que Jésus n’a pas péché. En 2 Corinthiens 5.21 l’apôtre Paul écrit : « Le Christ était sans péché, mais Dieu l’a chargé de notre péché. » L’apôtre Pierre, aussi, affirme la même vérité : « Il n’a pas commis de péché ; on n’a jamais entendu de mensonge sortir de sa bouche » (1 Pierre 2.22).

Mohamed n’a pas essayé de prouver que Jésus avait commis du péché. Au contraire, nous voyons dans la Sourate 19 (Maryam), aya 19, que l’ange dit à Marie : « Je suis en fait un messager de ton Seigneur pour te faire don d’un fils pur. » Étrangement, cet état de pureté n’est attribué à aucun autre prophète dans le Coran.

Revenons à l’idée que Dieu est miséricordieux et désire accorder le pardon, mais qu’il est aussi le Juge de toute la terre et doit exercer la justice et faire appliquer sa sainte loi. Nous pouvons maintenant comprendre la solution à ce dilemme, une solution que la parole de Dieu déclare dans l’Injeel en ces termes :

« Tous ont péché, en effet, et sont privés de la présence glorieuse de Dieu, et ils sont déclarés justes par sa grâce ; c’est un don que Dieu leur fait par le moyen de la délivrance apportée par Jésus-Christ. C’est lui que Dieu a offert comme une victime destinée à expier les péchés, pour ceux qui croient en son sacrifice. Ce sacrifice montre la justice de Dieu qui a pu laisser impunis les péchés commis autrefois, au temps de sa patience. Ce sacrifice montre aussi la justice de Dieu dans le temps présent, car il lui permet d’être juste tout en déclarant juste celui qui croit en Jésus. » (Romains 3.23-26, Traduction du Semeur).

Quand Abraham devait faire mourir son fils unique, Allah, dans sa grâce, est intervenu pour sauver la vie du jeune homme. Selon la Sourate 37 – As-Saffat, aya 107, Dieu dit, après avoir fourni un bélier pour le sacrifice : « Nous le rançonnâmes d’une immolation généreuse. » N’est-ce pas une action prophétique de sa part pour symboliser ce qu’il ferait plus tard pour tout le monde ? Dieu lui-même fournit le sacrifice nécessaire pour sauver l’âme qui ne peut pas se sauver elle-même.

Voilà comment Allah peut être pardonneur et miséricordieux, sans ressembler au magistrat corrompu qui ne fait pas appliquer la loi. La dette du péché a été payée par celui qui n’avait pas de péché, pas de dette à payer, à savoir Jésus, fils de Marie, le « fils pur » annoncé par le messager.

Qui a besoin de ce sacrifice ?

Peut-être que vous vous dites : Cela est bien beau pour les grands pécheurs, ceux qui n’ont pas marché dans le droit chemin. Mais moi, j’ai toujours accompli mon devoir envers Dieu : je ne manque jamais de faire la Salat cinq fois par jour ; je paie la Zakat ; je ne triche pas pendant le mois de Ramadan ; j’ai même économisé pendant des années pour faire le hajj ; je ne mange pas la chair de porc ; j’ai aussi construit une petite mosquée. Je suis confiant d’avoir fait assez de bonnes œuvres pour que la balance parle en ma faveur au dernier jour. Mes péchés sont mineurs, et je n’aurai pas besoin qu’on enlève quelque chose du côté des mauvaises œuvres pour éviter l’enfer.

Si vous raisonnez ainsi, vous êtes tout simplement dans l’erreur : en fait, si Dieu n’enlève pas nos péchés de la balance, nous n’avons absolument aucun espoir.

Pourquoi la loi (ou les bonnes œuvres) ne donne pas d’espoir au pécheur

La nature des lois

Si nous réfléchissons à la nature de toute loi, y compris celle de Dieu, nous verrons que l’image des actions mises dans la balance est une image assez incomplète de la justice de Dieu. Oui, Dieu va prendre en considération ce que chacun a fait de bon et ce qu’il a fait de mal. Mais il ne sera pas simplement question de déterminer si le poids des bonnes actions l’emporte sur celui des mauvaises.

Imaginez une personne qui a toujours respecté toutes les lois du pays où elle vit. Elle a respecté la limite de vitesse en conduisant, elle paie ses impôts, elle s’abstient de voler, et c’est un employé modèle. Mais un jour cette personne se met en colère contre son voisin et le tue. Elle ne peut pas citer le fait qu’elle a obéi à toutes les autres lois pour convaincre le juge de ne pas la condamner. On a le devoir d’obéir à toutes les lois. Il suffit d’en violer une seule pour être condamné à prison, à payer une amende, ou même à être mis à mort. L’obéissance à certaines lois ne nous donne pas le droit de violer celles que nous trouvons difficiles ou insignifiantes ou que nous n’aimons pas. Si cela est vrai pour les lois d’origine humaine, combien plus ce serait vrai pour les lois du Seigneur de l’univers ! Voici pourquoi la Bible dit en Jacques 2.10,11 :

« Car quiconque observe toute la loi, mais pèche contre un seul commandement, devient coupable de tous. En effet, celui qui a dit : Tu ne commettras point d’adultère, a dit aussi : Tu ne tueras point. Or, si tu ne commets point d’adultère, mais que tu commettes un meurtre, tu deviens transgresseur de la loi. »

Les lois, de par leur nature même, condamnent ceux qui les violent. Le péché, selon 1 Jean 3.4, est « la transgression de la loi ». La fonction de la loi n’est pas d’excuser ou de pardonner au coupable. Voilà pourquoi l’Injeel dit en Galates 3.21,22 : « Si une loi avait été donnée qui puisse procurer la vraie vie aux hommes, alors l’homme pourrait être rendu juste aux yeux de Dieu par le moyen de la loi. Mais l’Écriture a déclaré que le monde entier est soumis à la puissance du péché. »

Un homme doit obéir à tous les commandements de Dieu. Supposez qu’il reconnaît en avoir violé plusieurs. Il prend la résolution de les respecter tous à l’avenir. Cela est bien, mais il faut reconnaître deux problèmes : premièrement, si je me garde de voler aujourd’hui, cela n’enlève pas ma culpabilité pour avoir volé hier et ne me permet pas d’éviter la peine du crime que j’ai déjà commis. Respecter la loi à partir de maintenant ne procure pas le pardon des péchés que j’ai faits dans le passé. Et deuxièmement, supposez que je prends la résolution de respecter parfaitement tous les commandements de Dieu à partir de ce jour. C’est bien, mais pensez-vous que j’arriverai à ne plus commettre de péché jusqu’au jour de ma mort ? Certainement pas. Ainsi, non seulement mon obéissance future n’enlèvera pas mes péchés du passé, mais comme mon obéissance sera toujours imparfaite, les fautes commises continueront à s’accumuler. Comme la Bible dit en Romains 2.5 : « Tu t’amasses un trésor de colère pour le jour de la colère et de la manifestation du juste jugement de Dieu, qui rendra à chacun selon ses œuvres. »

Selon un autre passage, la loi de Dieu est sainte, et ses commandements sont justes et bons, mais la loi rend l’homme très conscient de sa faiblesse, de ses échecs, de son état indigne et souillé par le péché. L’apôtre Paul parle pour la plupart d’entre nous quand il écrit :

« Je ne comprends pas ce que je fais : car je ne fais pas ce que je voudrais faire, mais je fais ce que je déteste… Au fond de moi-même, je prends plaisir à la loi de Dieu. Mais je trouve dans mon être une autre loi qui combat contre celle qu’approuve mon intelligence. Elle me rend prisonnier de la loi du péché qui est en moi. Malheureux que je suis ! Qui me délivrera de ce corps qui m’entraîne à la mort ? » (Romains 7.15,22-24)

Vous voyez qu’au lieu de permettre à l’homme de gagner la faveur de Dieu, la loi lui fait voir sans cesse à quel point il est loin de satisfaire aux exigences saintes du Dieu de justice et de sainteté. Elle montre que l’homme a besoin de quelqu’un pour le délivrer, un Sauveur.

L’impact du péché v. la valeur des bonnes œuvres

Pensons pour un instant à cette question en termes de bonnes œuvres qui pourraient compenser les mauvaises. Il y de nombreuses situations dans la vie où il est évident qu’il serait inutile de mettre le bon et le mauvais dans une balance. Supposez, par exemple, que vous recevez un visiteur et voulez lui faire un repas en vous servant de ce que vous avez à portée de main. Vous voyez trois œufs, et vous décidez de lui faire une omelette. En cassant les œufs, vous découvrez que le troisième est pourri. Si vous mettez ce troisième dans l’omelette avec les deux autres, en vous disant que les bons œufs pèsent plus que le seul qui est pourri, le plat sera gâté, et votre visiteur ne pourra pas le manger. D’ailleurs, vous n’oseriez jamais présenter un tel repas à un visiteur. Même si vos bonnes œuvres sont deux fois plus nombreuses que vos péchés, ces actions nobles ne pourront jamais cacher ou éliminer devant le Dieu saint l’odeur nauséabonde du mal que vous avez commis au cours de votre vie.

Pensez, par exemple, à une femme qui déteste son mari et veut s’en débarrasser. Elle décide de l’empoisonner, petit à petit, en mettant chaque jour un peu de poison, peut-être de l’arsenic, dans sa nourriture. Les repas que cette dame prépare sont bons, nourrissants, pleins de vitamines et protéines et de tout ce dont le corps a besoin. Mais les bons ingrédients dans cette nourriture, bien qu’ils pèsent énormément plus que la petite quantité d’arsenic, n’empêcheront pas le poison de produire son effet. Le péché est un poison. Il tue, malgré la présence de ce qui est bon, noble et honnête.

Pensez à une personne qui dit beaucoup de choses bienveillantes et utiles au cours de sa vie. Elle dit la vérité, elle encourage les autres, elle donne de bons conseils. Mais quand on interroge cette personne concernant ses idées sur Dieu, elle prononce des paroles de blasphème et de haine qui déshonorent son Créateur. La vaste majorité des paroles de cette personne sont très bonnes, mais ces bonnes paroles ne peuvent pas neutraliser les quelques paroles blasphématoires qu’elle prononce.

Qui a besoin du sacrifice de Jésus que Dieu a ordonné ? Qui d’entre nous a besoin qu’Allah enlève ses mauvaises œuvres de la balance pour qu’il ne soit pas condamné au dernier jour ? Il est clair que c’est nous tous. Tout le monde a besoin du pardon de Dieu, parce tous ont péché. Même si je n’ai pas violé tous les commandements de Dieu, je suis un pécheur, et je suis indigne de me présenter devant Dieu. Toutes mes bonnes œuvres ne pourront pas changer cette réalité. Nous avons tous besoin de la grâce qui a été rendu possible par la mort de Jésus, prévue par Dieu depuis le commencement.

Cœur orgueilleux, cœur sensible

Voici une description du grand jour de jugement qui, pour beaucoup de gens, semble tout à fait correcte : « En ce jour, l’âme humaine recevra le châtiment ou la récompense qui lui sera dû. Ni l’argent des riches, ni la force des puissants, ni l’argument des éloquents ne leur servira à rien. Les bonnes œuvres seront le seul témoin et la seule défense, soit en faveur de soit contre leur auteur. En ce jour, aucun ne sera victime d’une injustice, et aucun ne recevra quoi que ce soit qu’il n’aura pas mérité. »

Au premier abord, tout cela paraît normal. Mais nous avons vu qu’une telle description est incomplète. Elle ne laisse aucune place pour la miséricorde de Dieu. Le Coran nous dit : « Demandez pardon à Allah. Car Allah est Pardonneur et Miséricordieux… Allah vous promet pardon et faveur venant de Lui. La grâce d’Allah est immense » (Sourate 2 – Al-Baqarah, ayat 199,268). La grâce est la faveur accordée, mais que l’on ne mérite pas. Le pardon suppose qu’on a posé des actes indignes, de mauvaises œuvres, mais que Dieu choisit oublier ces péchés et ne pas les punir. Le salut ne sera donc pas tout simplement sur la base de bonnes œuvres.

Si le salut était strictement par nos œuvres placées dans une balance divine, plusieurs conséquences négatives en découleraient.

Le danger de l’orgueil

Nous avons pris l’exemple d’un bonhomme qui se dit : « Je suis confiant d’avoir fait assez de bonnes œuvres pour que la balance parle en ma faveur au dernier jour. Mes péchés sont mineurs, et je n’aurai pas besoin qu’on enlève quelque chose du côté des mauvaises œuvres pour éviter l’enfer. » Probablement sans le savoir, il tombe dans l’un des péchés les plus détestables aux yeux de Dieu. La Bible nous dit : « Revêtez-vous d’humilité ; car Dieu résiste aux orgueilleux, mais il fait grâce aux humbles. Humiliez-vous donc sous la puissante main de Dieu, afin qu’il vous élève au temps convenable » (1 Pierre 5.5,6). Nous devons avoir une attitude d’humilité dans nos rapports les uns avec les autres. Mais cette attitude est aussi importante dans nos rapports avec Dieu. Jésus raconta une parabole qui démontre ce principe de manière mémorable. Nous lisons dans l’Évangile de Luc 18.9-14 :

« Il raconta aussi une parabole pour ceux qui étaient convaincus d’être justes et méprisaient les autres : Deux hommes montèrent au temple pour prier : un pharisien et un collecteur d’impôts. Le pharisien, debout, faisait intérieurement cette prière : « Ô Dieu, je te remercie de ne pas être avare, malhonnête et adultère comme les autres hommes, et en particulier comme ce collecteur d’impôts là-bas. Moi, je jeûne deux jours par semaine, je donne dix pour cent de tous mes revenus. » Le collecteur d’impôts se tenait dans un coin retiré, et n’osait pas lever les yeux au ciel. Mais il se frappait la poitrine et murmurait : « Ô Dieu, aie pitié du pécheur que je suis ! » Je vous l’assure, c’est ce dernier et non pas l’autre qui est rentré chez lui déclaré juste par Dieu. Car celui qui s’élève sera abaissé ; celui qui s’abaisse sera élevé. »

L’orgueil humain offense Dieu ; celui qui se croit juste devant son Créateur est aveugle à la gravité de ses péchés, et son orgueil l’amène à commettre d’autres péchés. Si nous enseignons que le salut d’un homme est strictement la récompense de sa propre justice, nous disons, en réalité, que cet homme gagne la vie éternelle comme le salaire pour un travail accompli. Si vous acceptez un contrat de travail – que ce soit dans un bureau, dans une usine ou dans un champ – et que vous faites dans les normes ce qui vous est demandé, l’employeur vous doit votre salaire ; c’est votre droit. L’employeur n’a plus vraiment de choix dans l’affaire. Il a une obligation. S’il en est ainsi de nos œuvres de justice sur la terre, cela voudrait dire que Dieu nous devrait le salut. Et au lieu d’être reconnaissants, nous pourrions en être fiers et nous glorifier. Dieu n’a certainement pas établi un système qui encourage l’orgueil chez les pécheurs que nous sommes.

Au contraire, Dieu a décidé d’offrir aux hommes le salut sur la base de sa grâce, sa faveur que nous n’avons pas méritée. L’Injeel dit en Éphésiens 2.8,9 : « Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. [Ce salut] ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Ce n’est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie. »

Le danger du désespoir

Mais il y a un autre danger dans la doctrine que notre destinée éternelle dépend entièrement de notre justice personnelle. Pour ceux qui, au lieu d’être remplis d’orgueil, sont tout à fait conscients de leurs fautes, de leurs manquements, de leurs impuretés intérieures, de leur hypocrisie, des paroles méchantes qu’ils ont prononcées, bref, de leur état de pécheur, ils vivent dans le doute continuel concernant leur relation avec Dieu et le sort qui les attend au jour du jugement. Ils veulent désespérément savoir qu’ils seront accueillis au paradis, mais ils se demandent tous les jours si leurs bonnes œuvres pèseront plus que les mauvaises ? Quand on a un compte en banque, on peut toujours obtenir un relevé de compte qui fait connaître son solde. Mais aucun passage du Coran, aucun récit des hadith ne permet de savoir comment Dieu fera ses calculs. Si j’ai mangé quelque chose de « haram », qu’est-ce que je dois faire au juste, qui soit au-delà de mon devoir, afin de compenser la faute que j’ai commise. Si j’ai négligé de faire mes prières obligatoires du matin pendant toute une semaine, je dois faire de bonnes œuvres pour remplir l’autre panier de la balance, mais quelles sortes d’œuvres, et combien, suffiront ? Puis-je savoir que mon compte est créditeur ? Ce n’est pas pour que je me repose un peu et diminue mes efforts pour être juste. Non, mais j’aimerais dormir dans la paix et ne pas être terrifié de la mort et du jugement à suivre.

En fait, si l’on rejette le sacrifice de Jésus sur la croix pour nos péchés, on n’aura jamais droit à la paix d’âme concernant son salut. Le prophète Mohamed lui-même n’avait pas d’assurance de son salut ; comment l’aurais-tu ? Dans le Coran, Allah donne cet ordre au prophète : « Dis : « Je ne suis pas une innovation parmi les messagers ; et je ne sais pas ce que l’on fera de moi, ni de vous. Je ne fais que suivre ce qui m’est révélé ; et je ne suis qu’un avertisseur clair » » (Sourate 46 – Al-Ahqat, aya 9). Cette incertitude chez Mohamed explique ce qu’il dit un jour, selon un hadith attesté : « Au nom d’Allah, je demande pardon à Allah et me repens devant lui plus de soixante-dix fois par jour » (Sahih Bukhari, Volume 8, livre 74, numéro 319, page 213). Quel homme aujourd’hui pourrait être assez juste pour avoir la moindre confiance de sa place au paradis ? On est tous pécheurs, et nos bonnes actions ne suffisent pas pour enlever un seul de nos péchés. Voilà pourquoi l’apôtre Paul dit que son souhait le plus profond était d’être trouvé en Christ, « non avec ma justice, dit-il, celle qui vient de la loi, mais avec celle qui s’obtient par la foi en Christ, la justice qui vient de Dieu par la foi » (Philippiens 3.9). Cette optique libère de l’incertitude et de la terreur de la mort et du jugement. Elle permet la confiance exprimée en Romains 8.33,34,39 :

« Qui accusera les élus de Dieu ? C’est Dieu qui justifie !… Christ est mort ; bien plus, il est ressuscité, il est à la droite de Dieu, et il intercède pour nous !… [Rien] ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur. »

Voulez-vous la paix ?

Jésus est bien mort sur la croix. Les prophètes l’avaient prédit, l’histoire l’atteste, et contrairement à l’opinion populaire, ni le Coran ni les hadiths les plus anciens ne le contredisent. Selon la Bible, et semble-t-il, selon le Coran, la mort de Jésus faisait partie du plan de Dieu, conçu par lui avant même de créer le monde. Et pourquoi Allah aurait-il voulu que son saint serviteur, Jésus le Messie, meure de cette façon ? Tout simplement parce que c’était le seul moyen de racheter les hommes pécheurs ; pendant des siècles Dieu a laissé impunis les péchés des grands hommes de foi, tel que Noé, Abraham, Joseph, Moïse et bien d’autres. Mais il fallait bien que cette dette de péché soit payée un jour. Le salaire du péché, c’est la mort. Tous l’ont mérité. Un sacrifice était nécessaire comme rançon. Sans que le sang soit versé, il n’y a pas de pardon. Mais le sang des animaux ne peut pas ôter le péché d’un homme. Il a fallu le sang d’un homme sans péché. Voilà donc ce que Dieu a pourvu. Il a fait pour l’homme ce que l’homme ne pouvait jamais faire pour lui-même. Pas de place donc pour l’orgueil. Qu’aucun homme ne se glorifie devant le Tout-Puissant. Pas de raison pour désespérer ou pour vivre dans la peur exagérée. En Jean 14.27 Jésus a fait, avant d’aller à la croix, cette promesse : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous la donne pas comme le monde la donne. Que votre cœur ne se trouble point, et se s’alarme point. » Voulez-vous cette paix ?

Chacun fut jugé selon ses œuvres

Jusqu’à présent nous avons tenté d’expliquer en profondeur l’idée de la mort de Jésus comme sacrifice pour le péché. Nous avons vu que la Bible et le Coran parlent tous les deux de la miséricorde et du pardon d’Allah. Tous les deux reconnaissent et approuvent l’idée de sacrifices offerts pour racheter des personnes destinées à la mort. Nous avons démontré l’impossibilité d’effacer ses propres péchés en accumulant de bonnes œuvres et reconnu que même le prophète Mohamed ne pouvait pas avoir confiance d’entrer au ciel sur la base de sa propre justice personnelle. Il dit dans le Coran : « Je ne sais pas ce que l’on fera de moi, ni de vous » (Sourate 46 – Al-Ahqat, aya 9). Sans la grâce d’Allah, personne ne sera sauvé ; le moyen par lequel Allah peut offrir le pardon aux hommes sans compromettre sa justice et minimiser ses commandements, c’est le sacrifice volontaire de celui qui ne commit aucun péché. C’est ainsi que Jésus lui-même dit : « Le Fils de l’homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie comme la rançon de plusieurs » (Marc 10.45).

Mais nous avons aussi introduit l’idée suivante : Dieu jugera chacun selon ses propres actions. La Bible dit en 2 Corinthiens 5.10 : « Car il nous faut tous comparaître devant le tribunal de Christ, afin que chacun reçoive selon le bien ou le mal qu’il aura fait, étant dans son corps. » Le Coran dit dans la Sourate 35 – Fatir, aya 18 : « Or, personne ne portera le fardeau d’autrui. Et si une âme surchargée [de péchés] appelle à l’aide, rien de sa charge ne sera supporté par une autre même si c’est un proche parent. » Nous avons beaucoup parlé de la nécessité de l’intervention du Très Miséricordieux, sans laquelle personne ne sera sauvé. Mais le Coran et la Bible enseignent évidemment aussi la responsabilité personnelle de chacun. En quel sens donc chacun reçoit-il selon le bien ou le mal qu’il a fait, et comment la grâce de Dieu intervient-elle ? Qu’est-ce que Dieu cherche en nous afin de pouvoir nous accorder de sa grâce ?

Qu’est-ce que Dieu recherche en nous ?

Si Dieu cherche en nous la perfection, l’absence du péché, il ne la trouvera pas. (D’ailleurs, il ne serait plus question de la grâce, mais d’une chose qu’on aurait méritée.) Pour que nous soyons agréables à ses yeux strictement par nos œuvres, il faudrait que nous ayons accompli TOUS ses commandements, TOUS les jours, car, « quiconque observe toute la loi, mais pèche contre un seul commandement, devient coupable de tous… si tu ne commets point d’adultère, mais que tu commettes un meurtre, tu deviens transgresseur de la loi » (Jacques 2.10,11). La Bible nous dit très franchement : « Si nous disons que nous n’avons pas péché, nous nous séduisons nous-mêmes, et la vérité n’est point en nous… Si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous le faisons menteur, et sa parole n’est point en nous » (1 Jean 1.8,10).

Alors, si Dieu sait qu’il ne trouvera pas la perfection en nous, qu’est-ce qu’il cherche ? S’il doit accorder sa grâce et son pardon à un homme pour qu’il ne soit pas condamné, qu’est-ce qu’il exige d’un homme avant de lui donner ce pardon ? Après tout, un Dieu juste ne déciderait pas du destin éternel de ses créatures de façon arbitraire, capricieuse, ou selon l’humeur du moment.

La foi

Ce que Dieu cherche en l’homme se résume par le mot « foi ». Les Juifs demandèrent un jour à Jésus : « Que devons-nous faire, pour faire les œuvres de Dieu ? Jésus leur répondit : L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé » (Jean 6.28,29). Le patriarche et prophète Abraham était un homme assez juste, mais il n’était pas parfait. Comme tous les hommes, il commit du péché. Pourtant, il plut à Dieu à cause de sa foi. La Bible dit à plusieurs reprises : « Abraham crut à Dieu, et cela lui fut imputé à justice » (Romains 4.3). Une autre manière d’exprimer l’idée que la foi lui fut imputée à justice serait de dire que Dieu le considéra comme juste en tenant compte de sa foi (FC).

De nombreux passages bibliques enseignent que nous sommes sauvés par la foi. Selon Romains 1.16, l’Injeel « est la puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit. » Éphésiens 2.8 dit très simplement : « C’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. » Évidemment la foi est nécessaire au salut, et sans la foi personne ne sera sauvé. Mais aucun passage ne dit que nous sommes sauvés par la foi seule. En fait, d’autres versets montrent que la foi dans le cœur ne peut pas, en elle-même, sauver le pécheur.

Jacques 2.20,24 dit : « Veux-tu savoir, ô homme vain, que la foi sans les œuvres est inutile ?… Vous voyez que l’homme est justifié par les œuvres, et non par la foi seulement. » (Précisons que le mot œuvres n’est pas employé ici pour parler des œuvres qui méritent un salaire, mais simplement des actions par lesquelles la foi doit s’exprimer.) Nous avons un exemple concret de foi sans les œuvres en Jean 12.42,43, qui dit : « Cependant, même parmi les chefs [des Juifs], plusieurs crurent en [Jésus] ; mais, à cause des pharisiens, ils n’en faisaient pas l’aveu, dans la crainte d’être exclus de la synagogue. Cars ils aimèrent la gloire des hommes plus que la gloire de Dieu. » Les Juifs dont on parle ici, furent-ils sauvés ? Certainement pas ! (voir Matt. 10.32,33). Ils n’étaient pas sauvés parce qu’ils avaient la mauvaise sorte de foi. Ils avaient une conviction intellectuelle, mais ils ne la démontraient pas dans les actes. Il y a donc une sorte de foi qui ne sauve pas.

La question à résoudre est donc : Quelle sorte de foi sauve, et qu’est-ce que cette foi comporte ?

La sorte de foi qui sauve

Le chapitre 11 de l’Épître aux Hébreux est souvent appelé « le chapitre de la foi », car il insiste tellement sur l’importance de la foi et cite en exemple tant de personnes qui « par la foi » plurent à Dieu. À la fin du chapitre précédent, l’auteur avait exhorté ses lecteurs à être « de ceux qui ont la foi pour sauver leur âme » (Hébreux 10.39), et au chapitre 11 il leur montre comment cette foi se manifeste et comment elle est récompensée. Il cite de nombreuses personnes en exemple, et nous voyons que la foi de toutes ces personnes les poussait à agir :

Héb. 11.4 – « C’est par la foi qu’Abel offrit à Dieu un sacrifice plus excellent. »

Héb. 11.7 – « C’est par la foi que Noé… construisit une arche pour sauver sa famille. »

Héb. 11.8 – « C’est par la foi qu’Abraham, lors de sa vocation, obéit et partit pour un lieu qu’il devait recevoir en héritage. »

Héb. 11.27,28 – « C’est par la foi que [Moïse] quitta l’Égypte… C’est par la foi qu’il fit la Pâque et l’aspersion du sang, afin que l’exterminateur ne touchât pas aux premiers-nés des Israélites. »

Dans chaque cas Dieu récompensa les gens pour une foi obéissante. Quand la foi avait mené à l’obéissance, ces personnes ont obtenu la récompense « par la foi ». Une foi qui ne se traduit pas dans l’obéissance et l’amour est inutile pour le salut. Comme Paul le dit en Galates 5.6 : « Car, en Jésus-Christ, ni la circoncision ni l’incirconcision n’a de valeur, mais la foi qui est agissante par l’amour. »

À quel moment la foi sauve-t-elle ?

Quand la foi peut-elle être qualifiée d’efficace pour sauver un pécheur ? Est-il possible de savoir quand on passe d’une foi morte à une foi vivante et capable de nous procurer le salut par le sang de Jésus ?

Nous avons déjà vu qu’il faut confesser sa foi en Jésus. Il faut également se repentir, c’est-à-dire prendre la décision sincère de se détourner de ses péchés. Jésus dit en Luc 24.47 que « la repentance et le pardon des péchés seraient prêchés » en son nom. Évidemment ces deux choses sont liées de telle sorte que l’on ne reçoit pas le pardon de Dieu si l’on ne se repent pas. Jésus dit explicitement en Luc 13.5 : « Si vous ne vous repentez, vous périrez tous également. » C’est ainsi que les apôtres n’ont pas manqué de proclamer dans leur prédication que « Dieu, sans tenir compte des temps d’ignorance, annonce maintenant à tous les hommes en tous lieux, qu’ils aient à se repentir, parce qu’il a fixé un jour où il jugera le monde selon la justice » (Actes 17.30,31).

Mais ce n’est ni au moment de la confession de foi, ni au moment de la repentance que l’homme pécheur obtient la grâce, ou le pardon de Dieu. C’est au moment où la croyance s’exprime dans le baptême. Ne pensez pas à la cérémonie que certains font sur un enfant nouveau-né avec quelques gouttes d’eau. Ce rite-là n’exprime certainement pas la foi de la personne qui le reçoit. Le baptême selon la Bible, c’est quand une personne qui a écouté l’Injeel, y a cru et s’est repentie du péché, se laisse ensuite plonger dans l’eau, selon le commandement de Jésus et à l’image de sa mort et sa résurrection. C’est ainsi que la personne démontre sa foi, son amour, sa confiance et sa soumission envers Dieu.

D’après l’Évangile de Marc, Jésus lui-même associe foi et baptême comme conditions du salut lorsqu’il confie à ses disciples la mission d’évangéliser le monde. Il dit : « Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné » (Marc 16.16). Pour être condamné, il suffit de ne pas croire. Par contre, pour être sauvé, vous devez, selon Jésus, non seulement croire, mais être baptisé aussi. Si nous comprenons ceci, nous ne serons point étonnés de constater que tout au long du Nouveau Testament ceux qui avaient vraiment cru à l’Évangile sont passés directement au baptême. Le jour de la Pentecôte, Pierre a prêché la bonne nouvelle de Jésus. À ceux qui ont indiqué leur foi en demandant ce qu’ils devaient faire, Pierre dit : « Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour le pardon de vos péchés » (Actes 2.38).

Dire que le baptême est nécessaire au salut n’est pas nier le salut par la foi. Dans la Bible, le baptême n’est jamais mis en opposition à la vraie foi en Jésus-Christ. Le baptême n’est pas contre la foi ; il signifie la foi. C’est un acte qui est motivé par la foi, qui exprime la foi, et qui rend la foi efficace pour nous sauver.

Le baptême est aussi un engagement. Après avoir été baptisé, il faut continuer de démontrer sa foi en faisant de son mieux pour servir Dieu, obéir à ses lois, se repentir sincèrement et se détourner du péché chaque fois que l’on n’a pas résisté à la tentation, mettant notre confiance non pas en notre propre justice, mais dans le sang de Christ qui nous purifie. Nous n’essayons pas de gagner comme un salaire la grâce qui nous a été donnée, mais nous faisons tous nos efforts pour ne pas « déchoir de la grâce » (Galates 5.4) ou nous « priver de la grâce » en nous laissant ramener dans une vie de péché et d’immoralité (Hébreux 12.15). Nous devons demeurer en Christ, qui nous donne la vie (Jean 15.4-6). Et à la fin, nous ne nous présentons pas devant Dieu fièrement avec toutes nos propres bonnes œuvres. Nous nous présentons plutôt avec la justice de Christ, celui à qui nous nous sommes attachés avec persévérance, celui seul en qui nous avons mis notre confiance. Le jugement dépendra donc de la miséricorde de Dieu, rendu possible par le sacrifice de Jésus sur la croix, et de notre choix personnel de croire, de nous confier en Christ pour le salut, et d’obéir à l’évangile.

Mais il faut faire ce choix pendant qu’il est temps. Le Coran a raison en disant qu’en ce jour « si une âme surchargée [de péchés] appelle à l’aide, rien de sa charge ne sera supporté par une autre ». Si c’est seulement au dernier jour qu’on appelle à l’aide, ce sera trop tard. Christ veut bien porter tes iniquités, mais il faut lui faire appel maintenant, bien avant d’arriver devant le tribunal de jugement.


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