La base de l’unité chrétienne

Chapitre 1

L’UNITÉ CHRÉTIENNE EST BIBLIQUE ET NÉCESSAIRE

Nous sommes au courant des nombreux efforts prodigués depuis plusieurs années par les dirigeants dans les milieux protestants et catholiques tendant vers l’unification des différentes Églises, et nous avons suivi ces tentatives avec un profond intérêt. Parmi les protestants, on a vu bon nombre d’essais à cette fin, dont quelques-uns ont produit des fusions de deux ou de plusieurs communions.

Du côté catholique, on a vu la formation de la Commission de l’œcuménisme, c’est une indication de ce qui se passe dans les milieux catholiques sur le plan mondial.

Or, nous devons avouer que l’esprit qui tend vers l’unité des croyants est louable parce qu’il s’accorde avec les enseignements bibliques et avec la logique. Ne fût-ce que du point de vue pratique, l’unité est un desideratum à rechercher. La duplication des efforts dans nos villes et villages, où les différentes Églises rivalisent et empiètent les unes sur les autres, est un scandale puisque que cela nécessite le maintien d’un grand nombre d’édifices, d’organisations et d’administrations, alors que la plupart de ceux-ci seraient inutiles s’il n’y avait qu’une seule Église unie. La division religieuse parmi ceux qui se disent chrétiens constitue sans aucun doute une grande pierre d’achoppement qui entrave l’avancement de la cause du Christ parmi les hommes.

« Afin que tous soient un… »

Non seulement l’unité chrétienne est désirable du point de vue logique, mais elle est indispensable si nous voulons plaire à Dieu. Écoutons la prière de Jésus dans la nuit où il fut livré pour être crucifié :

« Ce n’est pas pour eux [les apôtres] seulement que je prie, mais encore pour ceux qui croiront en moi par leur parole, afin que tous soient un ; comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi, qu’eux aussi soient un en nous, afin que le monde croie que tu m’as envoyé. » (Jean 17.20,21)

Notez que le résultat de l’unité tant voulue par le Christ est « que le monde croie que tu m’as envoyé ». N’est-ce pas en grande partie la division des croyants qui a empêché le monde de croire en Christ, et même de croire que nous sommes sérieux en leur annonçant ce que nous appelons « l’Évangile de paix » ? Nous ne pouvons pas éviter la conclusion que la division religieuse contribue grandement à l’incrédulité qui existe dans le monde. On nous raconte qu’un indigène a demandé une fois à un missionnaire : « Pourquoi vous qui vous appelez chrétiens ne vous accordez-vous pas entre vous avant de venir ici nous dire ce que nous devons faire ? » Il est plus que certain que les jeunes d’aujourd’hui regardent avec méfiance, sinon avec mépris, un christianisme divisé, et beaucoup d’entre eux ont opté contre l’état actuel des Églises établies.

Oui, l’unité chrétienne est plus que désirable, elle est biblique et nécessaire. Mais tout ceci soulève des questions sérieuses. Quel genre d’unité devons-nous rechercher ? Devons-nous essayer de fusionner les différentes Églises dans une sorte de fédération ? Est-ce que l’unité enseignée dans le Nouveau Testament est tout simplement « une entente de ne pas s’entendre » ? Devons-nous accepter le point de vue exprimé par le pape Paul VI, qui affirme qu’il ne peut y avoir d’unité en dehors de la papauté ? Quelle est réellement la conception biblique au sujet de l’unité chrétienne ? Nous voulons considérer sérieusement ces questions.

Le Nouveau Testament et l’unité

Disons d’emblée qu’aucune discussion sérieuse ou fructueuse de l’unité chrétienne ne peut se faire sans un examen consciencieux des Écritures saintes, et en particulier du Nouveau Testament. Ce fut grâce à la parole de Dieu que l’Église eut son commencement, et par cette même parole, elle se perpétue et se propage. Que dit donc le Nouveau Testament au sujet de l’unité de l’Église.

Nous pouvons remarquer, par une étude soigneuse de l’Église apostolique, que son unité se présente sous deux aspects. Il y a d’abord l’unité de fond qui réside uniquement en Christ Jésus, seul fondement et chef de son Église (Matthieu 16.18; Éphésiens 1.22,23). Par contre, il y a l’appel constant auprès des fidèles à réaliser cette unité dans leur vie en communauté (1 Corinthiens 1.10-13; Philippiens 2.1-4; etc.). Cet appel est rendu nécessaire du fait que l’unité est constamment menacée, comme nous pouvons le constater dans tant d’exhortations et d’avertissements se trouvant dans les écrits apostoliques. Or, l’unité de fond est inchangée et inchangeable, mais l’unité dans le domaine pratique ne se réalise que dans la mesure où les croyants sont attachés au Christ et à sa doctrine.

Ce que cette unité n’était pas

Afin de nous faire une idée objective et exacte de l’unité qui existait dans l’Église primitive, il vaut la peine de remarquer en quoi elle ne consistait pas.

1) L’unité en Christ n’était pas l’uniformité en matières de culture ou de procédé. Le Nouveau Testament ne donne, par exemple, aucune règle quant à la manière de s’habiller ou de manger, quant à la langue qu’il faut parler, et quant à bien d’autres choses que nous pourrions nommer dans cette catégorie. Dans les questions de méthodes d’évangélisation, de procédé dans le culte public, du lieu de culte, et ainsi de suite, il y a une grande liberté de choix et le jugement humain entre en ligne de compte. Il n’est donc pas question d’attendre l’uniformité dans ces domaines.

2) L’unité dans l’Église primitive ne consistait pas dans l’union ou la confédération de plusieurs sectes ou congrégations religieuses. L’esprit de parti était d’ailleurs proscrit et il n’existait pas de dénomination telle que nous en connaissons à l’heure actuelle.

3) L’unité néo-testamentaire n’était pas « l’unité dans la diversité », si nous entendons par cette expression la fusion quasi hétérogène de diverses doctrines et pratiques religieuses en contradiction avec elles-mêmes et avec l’enseignement biblique. Au contraire, selon l’apôtre Jean :

« Quiconque va plus loin et ne demeure pas dans la doctrine du Christ n’a pas Dieu ; celui qui demeure dans la doctrine a le Père et le Fils. Si quelqu’un vient à vous et n’apporte pas cette doctrine, ne le recevez pas dans votre maison et ne lui dites pas : Salut ! car celui qui lui dit Salut ! participe à ses mauvaises oeuvres. » (2 Jean 9-11)

L’apôtre Paul donne aussi un avertissement contre le danger d’être « emportés par tout vent de doctrine », et il exhorte à professer « la vérité dans la charité » afin de croître « à tous égards en celui qui est le chef, Christ » (Éphésiens 4.14,15).

4) Dans l’Église à l’âge apostolique, l’unité n’était pas recherchée comme une fin en elle-même. C’était plutôt le fruit normal de la soumission à l’autorité de Jésus-Christ (Matthieu 28.18; Philippiens 2.2). L’unité ne devait pas être achetée à n’importe quel prix. H. Berkhof a dit très justement :

« Le Nouveau Testament ne s’intéresse pas à l’unité pour elle-même. Il peut y avoir plusieurs sortes d’unité : celle-ci pourrait être purement humaine, voire satanique. Tout dépend du centre autour duquel l’unité est formée… L’unité de l’Église consiste du fait que nous nous conformons de concert au témoignage apostolique concernant Jésus-Christ, tel que ce témoignage nous a été transmis dans le Nouveau Testament. » (Christianity Today, vol. XI, No. 20, page 7)

Quand la séparation s’impose

Des conventions basées sur la compromission entre la vérité et l’erreur, entre la justice et l’injustice, sont interdites dans le Nouveau Testament (2 Corinthiens 5.14-18; Apocalypse 2.24-26; Galates 1.6-9). Il existe des cas où la séparation religieuse est préférable à l’unité. Klaas Runia, dans un article intitulé « Quand la séparation est-elle un devoir chrétien ? », donne quatre raisons qui justifient la séparation :

1) Lorsque l’Église, dans ses affirmations doctrinales officielles s’oppose à l’Évangile et refuse de corriger ses erreurs.

2) Lorsque l’Église exige que les croyants acceptent ou qu’ils fassent ce qui est nettement contraire à la parole de Dieu.

3) Lorsque l’Église ne donne plus la liberté de croire ou de faire ce qui est clairement ordonné par la parole de Dieu.

4 Lorsque l’Église, en sa qualité officielle, refuse, en dépit des accusations et des protestations, de sanctionner des hérétiques notoires en son sein.

L’unité apostolique n’était pas, enfin, tout simplement « l’unité spirituelle », bien que la spiritualité en était une des caractéristiques marquantes. L’unité organique et visible, aussi bien que spirituelle, de l’Église, telle que nous la voyons vécue sur les pages du Nouveau Testament, était une relation croissante et fonctionnelle parmi les chrétiens, basée sur le rapport intime entre ces derniers et Jésus-Christ comme le Chef vivant de son Église (Éphésiens 2.19-22; Colossiens 1.9-18; 1 Timothée 3.15). Pour que l’Église accomplisse les diverses fonctions qui sont exigées par la parole de Dieu, tels le culte en communauté, l’évangélisation, la bienfaisance, l’unité organique est de rigueur.

 


Chapitre 2

L’ÉGLISE DU NOUVEAU TESTAMENT : L’UNITÉ CHRÉTIENNE EN ACTION

Nous avons déjà noté que l’unité des croyants est de tous points de vue souhaitable, qu’elle est d’ailleurs biblique et essentielle pour rencontrer l’approbation du Seigneur qui a prié pour que tous ceux qui croient en Lui ne soient qu’un (Jean 17.20,21). Nous avons montré aussi que l’esprit œcuménique qui existait dans l’Église primitive n’était pas l’uniformité dans les questions d’habillement, du manger, de coutumes sociales ou même de méthodes et de procédés. Ce n’était pas non plus une espèce d’union dans une diversité de croyances et de pratiques étrangères à l’enseignement apostolique, ni une sorte de fédération de sectes et de dénominations. Au contraire, l’unité qui caractérisait l’Église du Nouveau Testament était en même temps organique, visible et spirituelle.

Pour dépeindre d’une façon détaillée l’unité chrétienne dans l’Église du premier siècle, il serait nécessaire d’étudier le Nouveau Testament en entier. Cependant, la nature de cette unité peut se résumer en fixant notre attention sur quelques textes clefs. Dans une tendre plaidoirie auprès des chrétiens à Éphèse, l’apôtre Paul expose le cadre dans lequel l’unité parmi les membres de l’Église se situe, la base sur laquelle cette unité est fondée :

« Je vous exhorte donc, moi, le prisonnier dans le Seigneur, à marcher d’une manière digne de la vocation qui vous a été adressée, en toute humilité et douceur, avec patience. Supportez-vous les uns les autres avec amour, en vous efforçant de conserver l’unité de l’Esprit par le lien de la paix. Il y a un seul corps et un seul Esprit, comme aussi vous avez été appelés à une seule espérance, celle de votre vocation ; il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, parmi tous et en tous. » (Éphésiens 4.1-6)

Sept points capitaux

En se basant sur les sept « unités » mentionnées dans ce passage, les chrétiens d’autrefois devaient s’efforcer de « conserver l’unité de l’Esprit par le lien de la paix ». L’Église du Nouveau Testament se caractérisait donc par son adhésion fidèle à ces sept points capitaux dans la doctrine du Christ :

  1. Il y a un seul corps.
  2. Il y a un seul Esprit.
  3. Il y a une seule espérance.
  4. Il y a un seul Seigneur.
  5. Il y a une seule foi.
  6. Il y a un seul baptême.
  7. Il y a un seul Dieu.

Il est évident, selon ce texte, que si un de ces points capitaux était éliminé ou pluralisé, une telle altération constituerait une brèche sérieuse dans l’unité de la foi. Cette déclaration de l’unité chrétienne est pourtant en opposition avec cette espèce d’union d’Églises qui a été tant prônée par certains en ces dernières années. A. B. Edwards fait une récapitulation de ces sept « unités » bibliques en les donnant dans l’ordre inverse du texte en Éphésiens, ainsi :

« Il y a un seul Dieu et Père, et parce qu’il en est ainsi, il y a un ordre constitutionnel établi pour l’Église qui doit demeurer à travers tous les âges, car Dieu ne change pas dans sa capacité en tant que Père d’engendrer. Il a donné un seul Seigneur ; et ce seul Seigneur, à cause même de sa singularité, exige une seule foi et un seul baptême. Ces actes d’obéissance soutiennent une seule espérance dont la réalité est garantie par la présence d’un seul Esprit animant le seul corps de ce Seigneur unique. Voilà de quelle manière l’Église est constituée. Les hommes ne peuvent l’améliorer. En voulant la changer, ils ne peuvent que se confondre eux-mêmes et retenir au monde le message que Dieu lui a donné » (The Canadian Christian Harbinger, vol. V, No. 8, page 21).

Unis de corps et d’esprit

Cette unité interne, essentielle parmi ceux qui croyaient en Christ à l’âge apostolique, est clairement réfléchie chez les premiers convertis au christianisme. L’historien inspiré, Luc, écrit à leur sujet : « Le jour de la Pentecôte, ils [les apôtres] étaient tous ensemble dans le même lieu » (Actes 2.1). « Ce fut ainsi sur un groupe d’hommes unis de corps et d’esprit que le Saint-Esprit descendit avec autorité et puissance en ce jour-là. On ne peut trouver un tableau plus sublime de la fraternité chrétienne que celui que nous voyons dans l’histoire de ces premiers disciples » (Marcus L. Loane, Christ et son Église, page 19). Luc continue à dire :

« Ceux qui acceptèrent sa parole furent baptisés ; […] Ils persévéraient dans l’enseignement des apôtres, dans la communion fraternelle, dans la fraction du pain et dans les prières. […] Chaque jour avec persévérance, ils étaient au temple d’un commun accord, ils rompaient le pain dans les maisons et prenaient leur nourriture avec allégresse et simplicité de coeur ; […] Et le Seigneur ajoutait chaque jour à l’Église ceux qui étaient sauvés. » (Actes 2.41,42,46,47)

En effet, un esprit d’accord et de vraie fraternité remplissait les cœurs de ces premiers fidèles, et cette unité se trouvait uniquement dans le Seigneur Jésus-Christ. Nous lisons en Actes 11.23 que Barnabas, arrivant à Antioche, « les exhorta tous à rester d’un cœur ferme attachés au Seigneur ». Paul donne une exhortation semblable aux chrétiens à Philippes : « Ayez en vous la pensée qui était en Christ-Jésus » (Philippiens 2.5).

Dans les cas où il se manifestait des tendances vers le désaccord, les membres de l’Église devaient se rappeler le besoin d’avoir une même pensée et de ne rien faire par esprit de parti ou par vaine gloire. « Ayez un même amour, une même âme, une seule pensée » (Philippiens 2.2). Ils devaient se conduire « d’une manière digne de l’Évangile du Christ, afin [écrit l’apôtre] que j’entende dire que vous demeurez fermes dans un même esprit, combattant d’une même âme pour la foi de l’Évangile » (Philippiens 1.27). À ces mêmes frères, l’apôtre écrit plus loin : « Seulement, au point où nous sommes parvenus, avançons ensemble » (Philippiens 3.16).

L’esprit de faction condamné

Lorsqu’un esprit de faction et de schisme se développait dans une assemblée, la condamnation apostolique était sévère. La réprimande de Paul aux Corinthiens nous en donne un exemple très franc :

« Je vous exhorte, frères, par le nom de notre Seigneur Jésus-Christ : tenez tous le même langage, qu’il n’y ait pas de divisions parmi vous, mais soyez en plein accord dans la même pensée et dans la même opinion. Car, mes frères, j’ai appris à votre sujet, par les gens de Chloé, qu’il y a des discordes parmi vous. J’entends par là que chacun de vous dit : Moi, je suis de Paul ! — et moi, d’Apollos ! — et moi, de Céphas ! — et moi, de Christ ! Christ est-il divisé ? Est-ce que Paul a été crucifié pour vous, ou bien est-ce au nom de Paul que vous avez été baptisés ? » (1 Corinthiens 1.10-13)

Bien que ces paroles furent adressées à une Église en particulier, celle de Corinthe, leur application est universelle. Les points suivants en ressortent :

  1. L’appel de Paul est fait « au nom [ou par l’autorité] de notre Seigneur Jésus-Christ ».
  2. Tous devaient « tenir un même langage ».
  3. Il ne devait pas y avoir de divisions parmi eux.
  4. Ils devaient être « en plein accord dans la même pensée et dans la même opinion ».
  5. Il se produisait des sectes lorsque les hommes revendiquaient les noms des différents ministres de Dieu.
  6. Non seulement cet esprit de parti divise les chrétiens, mais il mine l’importance du sacrifice et de l’autorité du Christ. Paul pose la question : « Christ est-il divisé ? Est-ce que Paul a été crucifié pour vous, ou bien est-ce au nom de Paul que vous avez été baptisés ».

La division dans l’Église de Dieu est tellement répréhensible que Paul était obligé d’écrire à l’Église de Rome :

« Je vous exhorte, frères, à prendre garde à ceux qui causent des divisions et des scandales, contrairement à l’enseignement que vous avez reçu. Éloignez-vous d’eux. Car de tels hommes ne servent pas Christ notre Seigneur, mais leur propre ventre ; par de bonnes paroles et par des éloges, ils séduisent les cœurs des gens sans malice. » (Romains 16.17, 18)

La prière de Jésus

L’Église primitive avait, tout comme l’Église en ces temps-ci, sa grande idée directrice concernant l’unité des croyants dans la prière sacerdotale de Jésus, qui se trouve au dix-septième chapitre de l’Évangile selon Jean. Dans cette supplication fervente en faveur de ses disciples, Jésus accentue l’unité qui ferait de son Église une force unique et convaincante dans un monde de péché et de ténèbres, la voici :

« Ce n’est pas pour eux [les apôtres] seulement que je prie, mais encore pour ceux qui croiront en moi par leur parole, afin que tous soient un ; comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu’eux aussi soient un en nous, afin que le monde croie que tu m’as envoyé. Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, afin qu’ils soient un comme nous sommes un—moi en eux, et toi en moi—, afin qu’ils soient parfaitement un, et que le monde connaisse que tu m’as envoyé et que tu les as aimés, comme tu m’as aimé. » (Jean 17.20-23)

Que ce soit donc notre désir profond à tous et notre prière à Dieu de nous unir en Christ, dans l’Église pour laquelle il donna sa vie, et ce par un retour complet à sa parole et par une soumission entière à son autorité. Recherchons cette unité de l’esprit dans l’humilité, la douceur, la patience et la charité. Ce fut saint Augustin qui a très sagement conseillé :

« En matières de foi : unité.

En matières d’opinion : liberté.

En toutes choses : charité. »

 


Chapitre 3

L’AUTORITÉ RELIGIEUSE : BASE DE L’UNITÉ CHRÉTIENNE

Tout en favorisant l’unité des croyants en Jésus-Christ, nous sommes profondément convaincus qu’une telle harmonie religieuse ne peut s’atteindre que par l’acceptation en commun d’un standard d’autorité, celui qui est divinement approuvé. Aussi longtemps que les hommes ne s’accordent pas sur un standard ou un critère pour mesurer leur foi et leurs pratiques religieuses, ils seront fatalement voués à la désunion.

En effet, l’unité dans n’importe quel domaine serait impossible si les hommes ne s’accordaient pas quant au standard à suivre. Ce serait le chaos dans le monde s’il n’y avait pas, par exemple, d’heure légale que tous les hommes reconnaissent et respectent. Heureusement, il y a un tel standard. Ce serait aussi la confusion totale dans le monde des affaires et du commerce s’il n’y avait aucun standard de poids et de mesures. Ce serait une véritable anarchie dans la nation s’il n’y avait pas de loi par laquelle les citoyens consentent à être gouvernés.

De même, l’unité religieuse se perd lorsqu’il n’y a pas d’autorité fixe pour déterminer et régler les croyances et les pratiques des chrétiens, ou lorsqu’il y a confusion d’autorités. Nous croyons fermement que Dieu n’a jamais voulu que son peuple fasse « ce qui lui semblait bon » (Juges 17.6). Au contraire, il a donné aux hommes la révélation de sa volonté par laquelle tous doivent se laisser conduire et suivant laquelle tous seront jugés.

L’autorité absolue du Christ

Ainsi, lorsque la parole de Dieu parle de l’unité, il ne s’agit pas de n’importe quelle espèce d’union. Il s’agit plutôt de l’unité dans le Christ. Jean 17.21 : « Afin qu’ils soient un en moi ». C’est « l’unité de la foi » (Éphésiens 4.13). C’est « l’unité de l’Esprit [qui se conserve] par le lien de la paix » (Éphésiens 4.3). Cette unité biblique a pour fondement l’autorité absolue du Christ. En dehors de lui, c’est-à-dire de sa parole, c’est la division et le désarroi. Mais comment cette autorité est-elle exprimée envers les hommes en cette ère de grâce ?

Après que Jésus-Christ fut « déclaré Fils de Dieu avec puissance selon l’Esprit de sainteté, par sa résurrection d’entre les morts » (Romains 1.4), il affirma son autorité devant ses apôtres, en disant : « Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre » (Matthieu 28.18). Cette autorité est réaffirmée et développée davantage par l’apôtre Paul dans son épître aux Éphésiens, lorsqu’il parle de la puissance de Dieu qu’il a déployée en Christ :

« … en le ressuscitant d’entre les morts et en le faisant asseoir à sa droite dans les lieux célestes, au-dessus de toute principauté, autorité, puissance, souveraineté, au-dessus de tout nom qui peut se nommer, non seulement dans le siècle présent, mais encore dans le siècle à venir. Il a tout mis sous ses pieds et l’a donné pour chef suprême à l’Église, qui est son corps, la plénitude de celui qui remplit tout en tous. » (Éphésiens 1.20-23)

L’apôtre déclare plus loin dans la même épître : « Car le mari est le chef de la femme, comme Christ est le chef de l’Église, qui est son corps et dont il est le Sauveur » (Éphésiens 5.23). Il écrit aux Colossiens : « Il est la tête du corps de l’Église. Il est le commencement, le premier-né d’entre les morts, afin d’être en tout le premier » (Colossiens 1.18). Ces textes, et bien d’autres que nous pourrions citer à l’appui, montrent clairement que l’autorité du Christ était acceptée universellement par l’Église du premier siècle comme étant absolue et finale. Ceci explique d’ailleurs l’unité de l’Église de Dieu à cette époque.

Mais, étant donné que le Christ n’est plus présent, corporellement et visiblement, il reste à voir de quelle manière son autorité est exprimée aux hommes de nos jours.

Or, pendant le ministère terrestre de notre Seigneur, il avait choisi parmi ses disciples douze hommes, « auxquels il donna le nom d’apôtres » (Luc 6.13). Judas Iscariot était compris dans ce nombre ; mais lorsque celui-ci fut déchu de son apostolat après sa trahison, un autre nommé Matthias fut choisi pour prendre sa charge (Actes 1.15-26). Il faut ajouter aussi que Paul lui-même devint plus tard apôtre après que le Seigneur lui eût apparu « comme à l’avorton » sur le chemin de Damas (1 Corinthiens 15.8-10). Or, ces apôtres, tout comme le mot original (apostolos) l’indique, étaient les envoyés personnels du Christ, ses porte-parole, ses témoins.

Le Saint-Esprit et les apôtres

Ce fut donc à ces hommes que Jésus, dans la nuit où il fut livré, donna la promesse d’une égide infaillible, au moyen du Saint-Esprit :

« Et moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Consolateur qui soit éternellement avec vous, l’Esprit de vérité, que le monde ne peut pas recevoir, parce qu’il ne le voit pas et ne le connaît pas ; mais vous, vous le connaissez, parce qu’il demeure près de vous et qu’il sera en vous. […] Je vous ai parlé de cela pendant que je demeure auprès de vous. Mais le Consolateur, le Saint-Esprit que le Père enverra en mon nom, c’est lui qui vous enseignera toutes choses et vous rappellera tout ce que moi je vous ai dit. » (Jean 14.16-17, 25,26)

Jésus adressa encore aux apôtres les paroles suivantes :

« Cependant, je vous dis la vérité ; il est avantageux pour vous que je parte, car si je ne pars pas, le Consolateur ne viendra pas vers vous ; mais si je m’en vais, je vous l’enverrai. Et quand il sera venu, il convaincra le monde de péché, de justice et de jugement ; de péché, parce qu’ils ne croient pas en moi ; de justice, parce que je vais vers le Père, et que vous ne me verrez plus ; de jugement, parce que le prince de ce monde est jugé.

J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez pas les comprendre maintenant. Quand il sera venu, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité ; car ses paroles ne viendront pas de lui-même, mais il parlera de tout ce qu’il aura entendu et vous annoncera les choses à venir. Lui me glorifiera, parce qu’il prendra de ce qui est à moi et vous l’annoncera. Tout ce que le Père a, est à moi ; c’est pourquoi j’ai dit qu’il prendra de ce qui est à moi, et vous l’annoncera. » (Jean 16.7-15)

De ces promesses faites par le Christ à ses apôtres, nous voyons les raisons suivantes pour la descente du Saint-Esprit sur eux. Il devait :

  1. leur enseigner toutes choses ;
  2. rappeler à leur esprit tout ce que Jésus leur avait dit ;
  3. convaincre le monde en ce qui concerne le péché, la justice et le jugement ;
  4. les conduire dans toute la vérité ;
  5. leur annoncer les choses à venir ;
  6. leur dire tout ce qu’il aura entendu du Christ et
  7. glorifier le Christ en prenant ce qui est à lui et en le faisant connaître aux apôtres.

Ministère des apôtres

Il est évident qu’en établissant ses apôtres dans leur ministère, celui d’annoncer aux hommes la voie du salut, de lier et délier sur la terre ce qui est lié et délié dans le ciel (Matthieu 16.18; 18.18), Jésus ne voulait pas les laisser à leurs seules mémoire et compréhension humaines et faillibles, mais ces hommes devaient être divinement inspirés et guidés dans leur enseignement. C’est pourquoi Jésus, avant de les quitter pour remonter à son Père, leur dit : « Et voici : j’enverrai sur vous ce que mon Père a promis, mais vous, restez dans la ville [Jérusalem] jusqu’à ce que vous soyez revêtus de la puissance d’en haut » (Luc 24.49). Selon le compte-rendu de ce dernier entretien avec ses apôtres, après les avoir chargés de ne pas quitter Jérusalem, mais d’y attendre la promesse du Père, Jésus leur dit encore :

« Car Jean a baptisé d’eau, mais vous, dans peu de jours, vous serez baptisés d’Esprit Saint. Eux donc, réunis, demandèrent : Seigneur, est-ce en ce temps que tu rétabliras le royaume pour Israël ? Il leur répondit : Ce n’est pas à vous de connaître les temps ou les moments que le Père a fixés de sa propre autorité. Mais vous recevrez une puissance, celle du Saint-Esprit survenant sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie et jusqu’aux extrémités de la terre. » (Actes 1.5-8)

Dix jours plus tard, à la Pentecôte, cette promesse fut accomplie, comme nous lisons dans les premiers versets des Actes des Apôtres, chapitre 2 :

« Lorsque le jour de la Pentecôte arriva, ils étaient tous ensemble dans le même lieu. Tout à coup, il vint du ciel un bruit comme celui d’un souffle violent qui remplit toute la maison où ils étaient assis. Des langues qui semblaient de feu et qui se séparaient les unes des autres leur apparurent ; elles se posèrent sur chacun d’eux. Ils furent tous remplis d’Esprit Saint et se mirent à parler en d’autres langues, selon que l’Esprit leur donnait de s’exprimer. » (Actes 2.1-4)

C’était la parole de Dieu

À partir de ce jour-là, les apôtres ont parlé et ils ont écrit sous l’inspiration directe du Saint-Esprit. Leur enseignement au sujet du salut des hommes et de l’édification de l’Église, tant dans leurs écrits que dans leurs prédications verbales, n’était pas de leur propre chef. C’était la parole de Dieu. Paul pouvait donc dire : « L’Évangile qui a été annoncé par moi n’est pas de l’homme car moi-même je ne l’ai ni reçu ni appris d’un homme, mais par une révélation de Jésus-Christ » (Galates 1.11,12). Il pouvait aussi dire concernant les choses que lui-même et les autres apôtres ont enseignées :

« À nous, Dieu nous l’a révélé par l’Esprit. Car l’Esprit sonde tout, même les profondeurs de Dieu. Qui donc, parmi les hommes, sait ce qui concerne l’homme, si ce n’est l’esprit de l’homme qui est en lui ? De même, personne ne connaît ce qui concerne Dieu, si ce n’est l’Esprit de Dieu.

Or nous, nous n’avons pas reçu l’esprit du monde, mais l’Esprit qui vient de Dieu, afin de savoir ce que Dieu nous a donné par grâce. Et nous en parlons, non avec des discours qu’enseigne la sagesse humaine, mais avec ceux qu’enseigne l’Esprit, en expliquant les réalités spirituelles à des hommes spirituels. » (1 Corinthiens 2.10-13)

À cause de cette inspiration divine, Paul pouvait écrire aux Thessaloniciens :

« C’est pourquoi nous rendons continuellement grâces à Dieu de ce qu’en recevant la parole de Dieu que nous vous avons fait entendre, vous l’avez accueillie, non comme la parole des hommes, mais comme ce qu’elle est vraiment ; la parole de Dieu qui agit en vous qui croyez. » (1 Thessaloniciens 2.13)

Suivant la même pensée, l’apôtre Pierre écrit dans sa première épître que l’Évangile avait été prêché « par le Saint-Esprit envoyé du ciel » (1 Pierre 1.12).

Nous tirons la juste conclusion que l’unité des chrétiens au premier siècle de notre ère avait pour fondement leur adhésion fidèle à l’autorité de Jésus-Christ, seul chef de son Église, telle que cette autorité était révélée dans les enseignements et les écrits de ses apôtres inspirés. Or, ces enseignements, ces écrits, nous les avons dans le Nouveau Testament et ils sont à la disposition de tous les croyants. L’unité de l’Église du Christ à l’heure actuelle peut se réaliser uniquement dans la mesure où les chrétiens se soumettent à cette autorité, à l’exclusion de toute autre. L’unité dans n’importe quelles autres conditions ne serait pas celle que la Bible enseigne ou que Dieu approuve.

 


Chapitre 4

LA DOCTRINE APOSTOLIQUE : MODÈLE DE L’UNITÉ CHRÉTIENNE

En effet, les chrétiens du premier siècle acceptaient l’autorité suprême de Jésus-Christ telle que cette autorité fut exprimée dans les enseignements des apôtres. Ceux-ci étaient les « envoyés » personnels du Christ, ses porte-parole, ses témoins auprès du monde. Ils étaient infailliblement guidés dans toute la vérité par le Saint-Esprit afin de révéler aux hommes tout ce que Jésus leur avait dit. Nous sommes donc bien fondés de dire que l’unité qui existait à l’époque du Nouveau Testament avait pour base l’adhésion fidèle et la soumission entière des disciples à la doctrine apostolique. L’historien Luc nous dit d’ailleurs qu’ils « persévéraient dans l’enseignement des apôtres » (Actes 2.42).

Pour accentuer la nécessité de demeurer dans cette doctrine, l’apôtre Paul adresse au jeune évangéliste Timothée cette exhortation :

« Retiens dans la foi et dans l’amour qui est en Christ-Jésus, le modèle des saines paroles que tu as reçues de moi. […] Toi, reste attaché à ce que tu as appris, et qui est l’objet de ta foi ; tu sais de qui tu l’as appris ; depuis ton enfance, tu connais les Écrits sacrés ; ils peuvent te donner la sagesse en vue du salut par la foi en Christ-Jésus. Toute Écriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, pour convaincre, pour redresser, pour éduquer dans la justice, afin que l’homme de Dieu soit adapté et préparé à toute œuvre bonne. » (2 Timothée 1.13; 3.14-17)

Le modèle

La doctrine apostolique fut ainsi le modèle que l’Église devait respecter et suivre. Toute déviation de cet enseignement était strictement défendue, et la condamnation de Dieu se prononçait contre quiconque oserait le modifier. Paul écrit, en effet, aux assemblées chrétiennes de la Galatie :

« Mais si nous-mêmes, ou si un ange du ciel vous annonçait un évangile différent de celui que nous vous avons annoncé, qu’il soit anathème ! Nous l’avons dit précédemment, et je le répète maintenant : si quelqu’un vous annonce un évangile différent de celui que vous avez reçu, qu’il soit anathème. » (Galates 1.8,9)

L’apôtre Jean écrit aussi dans sa deuxième épître :

« Quiconque va plus loin et ne demeure pas dans la doctrine du Christ n’a pas Dieu ; celui qui demeure dans la doctrine a le Père et le Fils. » (2 Jean 9)

Il écrit aussi dans les derniers versets de l’Apocalypse, comme pour clôturer le livre de Dieu, en donnant cet avertissement formel :

« Je l’atteste à quiconque entend les paroles de la prophétie de ce livre. Si quelqu’un y ajoute, Dieu ajoutera à son sort les plaies décrites dans ce livre. Et si quelqu’un retranche des paroles du livre de cette prophétie, Dieu retranchera sa part de l’arbre de vie et de la ville sainte, décrits dans ce livre. » (Apocalypse 22.18,19)

Or, on pourrait, malgré ces déclarations nettes et formelles, prétexter que les paroles d’inspiration qui se trouvent dans les saintes Écritures sont trop difficiles à comprendre par les gens ordinaires, ou qu’elles sont sujettes à des interprétations variées. Ainsi, selon ce point de vue, il est impossible pour les croyants d’aujourd’hui de s’unir uniquement sur les Écritures.

En réponse à un tel raisonnement, il ne faut pas perdre de vue que les Écrits sacrés dans le livre de Dieu furent donnés en premier lieu à des gens d’intelligence tout à fait ordinaire, en grande partie sans instruction spéciale, et que ceux-ci étaient censés pouvoir les comprendre. Quant aux écrits de l’Ancien Testament, par exemple, le Psalmiste dit : « La révélation de tes paroles éclaire, elle donne de l’intelligence aux simples » (Psaumes 119.130). Les hommes de la ville de Bérée, en Macédoine, avaient une noblesse d’esprit en ce qu’ils « reçurent la parole avec beaucoup d’empressement, et ils examinaient chaque jour les Écritures [de l’Ancien Testament] pour voir si ce qu’on leur disait était exact » (Actes 17.11). Donc, ils pouvaient comprendre les Écritures.

Un langage qu’on peut comprendre

En ce qui concerne les écrits du Nouveau Testament, Paul était conscient du fait qu’il écrivait, bien qu’il fut inspiré du Saint-Esprit, dans un langage que ses lecteurs pouvaient comprendre, car il leur dit :

« C’est par révélation que j’ai eu connaissance du mystère, comme je viens de l’écrire en quelques mots. En les lisant, vous pouvez comprendre l’intelligence que j’ai du mystère du Christ. » (Éphésiens 3.3,4)

Il est vrai que la parole de Dieu a ses profondeurs et qu’elle exige une étude sérieuse et continuelle de la part des chrétiens, qu’il y a même des passages qui sont difficiles à comprendre (2 Pierre 3.16), et cependant, la voie du salut, ainsi que les enseignements au sujet de l’organisation, la mission et le culte de l’Église, de même que la vie nouvelle en Christ, sont exprimés avec clarté et une très grande simplicité.

Puisque Dieu a révélé aux hommes sa sainte volonté au moyen de sa parole, nous devons croire que cette parole est compréhensible sur les points essentiels et qu’elle ne peut être l’objet d’une diversité d’interprétations valables. 2 Pierre 1.20 : « Avant tout, sachez qu’aucune prophétie de l’Écriture ne peut être l’objet d’interprétation particulière. » Dire que Dieu ne pouvait pas nous donner un livre que les hommes pouvaient comprendre, mais qui les conduirait à une multiplicité de croyances et de pratiques religieuses, c’est une atteinte à la sagesse et à la puissance divines. Par contre, dire que Dieu pouvait nous donner un tel livre, mais qu’il ne voulait pas le faire, c’est une atteinte à son amour et à sa bonté. Nous ne pouvons accepter ni l’une ni l’autre de ces thèses.

Les hommes ont dévié du modèle

L’histoire ecclésiastique nous prouve que l’Église du Nouveau Testament était unie et que cette unité a continué jusqu’au moment où fut abandonné le principe d’adhérer strictement à l’autorité apostolique. La division a eu lieu quand les hommes ont dévié du divin modèle que fournit la parole de Dieu. C’est pourquoi Paul avertit les frères à Rome de « prendre garde à ceux qui causent des divisions et des scandales, contrairement à l’enseignement que vous avez reçu. Éloignez-vous d’eux » (Romains 16.17). L’apôtre Pierre donne un avertissement du même genre, en écrivant :

« Il y a eu de faux prophètes parmi le peuple ; de même il y a parmi vous de faux docteurs qui introduiront insidieusement des hérésies de perdition et qui, reniant le Maître qui les a rachetés, attireront sur eux une perdition soudaine. » (2 Pierre 2.1)

Jude, à son tour, exhorte les chrétiens à se souvenir « des prédictions faites par les apôtres de notre Seigneur Jésus-Christ », car, ajoute-t-il, « ils vous disaient : À la fin des temps, il y aura des moqueurs qui marchent dans l’impiété selon leurs convoitises. Les voilà, les fauteurs de divisions, les êtres charnels dépourvus de l’Esprit » (Jude 18,19).

Or, nous sommes profondément convaincus que, même à l’heure actuelle, la division parmi ceux qui se disent « chrétiens » est principalement le résultat des déviations et des modifications dans le saint modèle que nous avons dans le Nouveau Testament, que la plupart de ces divisions ont leur racine, non pas dans la parole de Dieu, mais dans l’histoire et la tradition des hommes. La division religieuse est occasionnée, non pas par ce que la Bible dit, mais plutôt par ce que la Bible ne dit pas : par les traditions, les opinions, les interprétations arbitraires et les spéculations théologiques des hommes. Nous croyons sincèrement que le besoin criant de ce siècle n’est pas le soi-disant « œcuménisme » ou la « fédération » des Églises, mais un retour complet à la parole de Dieu et la restauration intégrale du christianisme pur, original et non sectaire du premier siècle. « Nous devons parler là où la Bible parle et garder le silence où la Bible ne parle pas », c’est-à-dire, ne rien y ajouter et ne rien en retrancher. Dans les paroles de l’apôtre Pierre : « Si quelqu’un parle, que ce soit selon les oracles de Dieu » (1 Pierre 4.11).

À la lumière des écrits apostoliques

Ne devons-nous pas tous être disposés à examiner soigneusement, à la lumière des écrits apostoliques, tout ce que nous croyons et tout ce que nous pratiquons dans la religion, dans le but d’écarter toute croyance et toute pratique qui ne sont pas soutenues par le « ainsi parle l’Éternel » ? Ne devons-nous pas nous conformer à tout ce qui est enseigné dans l’Évangile ? Nous croyons que oui, et que dans ces conditions nous serions d’ores et déjà unis. Tous les problèmes seraient immédiatement résolus ; tous les obstacles qui empêchent l’unité, seraient enlevés. On a dit vrai en déclarant que l’unité extérieure dépend uniquement d’une obéissance fidèle à la volonté de Dieu révélée en Jésus-Christ et exprimée sur les pages du Nouveau Testament.

L’unité scripturale, chers amis, est en réalité le fruit inévitable d’une adhésion fidèle au patron biblique. Quelque nombreuses que soient les différentes sortes d’unions conçues par les hommes, seule l’unité enseignée dans les Écritures saintes peut rencontrer l’approbation de Dieu. Si, en acceptant ce principe, l’on est amené à abandonner ses opinions personnelles, ses pratiques humaines et ses affiliations sectaires, quelles qu’elles soient, pour être uni avec le Seigneur tout simplement comme « chrétien », tant mieux. Nous devons d’ailleurs encourager les hommes dans cette direction !

Mutuellement en communion

Terminons cette étude en citant encore une parole de la plume de Jean, « l’apôtre d’amour », qui dit :

« Mais si nous marchons dans la lumière, comme il est lui-même dans la lumière, nous sommes en communion les uns avec les autres, et le sang de Jésus son Fils nous purifie de tout péché. » (1 Jean 1.7)

Il suffit donc que tous les hommes marchent dans la lumière de la parole de Dieu, sans se détourner ni à droite ni à gauche, pour que tous soient mutuellement en communion. Voilà l’unité en Christ pour laquelle il a supplié son Père (Jean 17.20). Voilà ce que Paul appelle « l’unité de la foi » (Éphésiens 4.14). C’est « l’unité de l’Esprit qui se conserve par les liens de la paix » (Éphésiens 4.3). C’est l’unité du corps du Christ (Romains 12.4,5) en l’absence de toutes les structures ecclésiastiques qui ont été inventées par les hommes. Ces dernières sont, dans le langage de Jésus, des plantes « que n’a pas plantées mon Père céleste », et elles seront déracinées (Matthieu 15.13).

Ne voudriez-vous pas, cher lecteur, devenir tout simplement chrétien, enfant de Dieu, sans appartenir à aucune secte ni à aucune organisation humaine ? En devenant « une même plante » avec le Christ par votre obéissance à son Évangile (Romains 6.3-5), vous serez en même temps uni à tous ceux qui marchent humblement, simplement et fidèlement dans la lumière de sa parole.