L’organisation de l’Église

  1. Introduction
  2. Un seul chef : La souveraineté du Christ
  3. L’autonomie des assemblées locales
  4. Les rôles de leader : apôtres et prophètes
  5. Les rôles de leader : évangélistes
  6. Les rôles de leadership : évêques‑pasteurs‑anciens
  7. Les rôles de leader : évêques‑pasteurs‑anciens (suite)
  8. Les rôles de leader dans l’Église : docteurs, diacres, autres membres
  9. Le rôle des femmes

Introduction

Jésus est le fondateur de l’Église dont nous lisons dans la Parole de Dieu. Il est en même temps son chef, ou roi, car l’Église est bien un royaume, un royaume spirituel. La parole du Christ, contenue dans le Nouveau Testament, est la loi qui gouverne l’Église. C’est par elle que le roi fait connaître sa volonté. Comme Jésus dit en Matthieu 28.18, avant de remonter au ciel : « Toute autorité m’a été donnée dans le ciel et sur la terre. »

Dans l’histoire du christianisme, les hommes ont toujours tenté de s’approprier l’autorité du Christ, s’attribuant un rôle auquel ils n’ont aucun droit. De la bouche ils honorent l’autorité du Christ, mais dans la pratique ils mettent de côté les clairs enseignements du Christ pour imposer leurs propres conceptions humaines. Qu’ils portent le titre de « Prophète-Pasteur » (Église du Christianisme Céleste), de « Pontife romain » (Église Catholique), ou de Président du Conseil des Apôtres (Église Mormone), ces chefs humains cherchent à jouer un rôle dont on ne trouve aucune trace dans le Nouveau Testament.

Selon le catéchisme de l’Église Catholique, le Pape, que le Catholique fidèle est censé considérer comme étant « le doux Christ sur terre », a sur l’Église – et je cite – « en vertu de sa charge de Vicaire du Christ et de Pasteur de toute l’Église, un pouvoir plénier, suprême et universel qu’il peut toujours librement exercer ». (Notez bien que le mot vicaire, du latin vicarius, signifie littéralement « remplaçant ».)

D’autres communautés n’emploient pas forcément le même langage, mais en réalité leurs dirigeants s’approprient presque le même degré de pouvoir sur les assemblées.

Au vu de cet état des choses dans les différentes Églises de nos jours, il vaudra la peine, je crois, de revoir les passages qui insistent sur le rôle de Christ dans son Église avant d’examiner les rôles joués par des hommes mortels.

Fixer ainsi dans notre esprit l’autorité suprême de Jésus-Christ peut nous aider à ne pas mal comprendre les textes qui nous parlent d’évêques ou de pasteurs, de diacres, d’évangélistes, etc. Nous éviterons ainsi d’approuver une usurpation du pouvoir de Jésus.

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Un seul chef : La souveraineté du Christ

Plusieurs images sont employées dans le Nouveau Testament pour enseigner la place de Jésus dans son Église. Il est présenté, par exemple, comme étant la tête du corps de l’Église. Éphésiens 1.20-23 dit que Dieu a déployé sa puissance en Christ, « en le ressuscitant des morts, et en le faisant asseoir à sa droite dans les lieux célestes, au-dessus de toute domination, de toute autorité, de toute puissance, de toute dignité, et de tout nom qui se peut nommer, non seulement dans le siècle présent, mais encore dans le siècle à venir. Il a tout mis sous ses pieds, et il l’a donné pour chef suprême à l’Église, qui est son corps, la plénitude de celui qui remplit tout en tous. » La même idée paraît en Colossiens 1.18 : « Il est la tête du corps de l’Église ; il est le commencement, le premier-né d’entre les morts, afin d’être en tout le premier. » Il est évident que c’est la tête qui dirige ou « donne les ordres » au corps. Les membres du corps ne se réunissent pas pour voter ou décider ensemble s’ils veulent faire ce que veut la tête. Aucun membre du corps ne prétend remplacer la tête ou diriger les autres membres à sa guise.

D’autres passages bibliques présentent Jésus comme le roi. Lui-même dit devant Ponce Pilate : « Mon royaume n’est pas de ce monde… Pilate lui dit : Tu es donc roi ? Jésus répondit : Tu le dis, je suis roi. Je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité » (Jean 18.36,37). Dès le jour de la Pentecôte, la royauté ou la seigneurie de Jésus était un élément constant dans la prédication des apôtres. Pierre conclut son sermon en Actes 2 par ces paroles : « Que toute la maison d’Israël sache donc avec certitude que Dieu a fait Seigneur et Christ ce Jésus que vous avez crucifié » (Actes 2.36). Dieu l’a fait Seigneur et Christ, c’est-à-dire celui qui est oint comme roi. Comme nous l’avons déjà affirmé, son royaume n’est pas une monarchie constitutionnelle où son pouvoir est sévèrement limité, où, en réalité, un premier ministre gouverne le pays. Non. Toute autorité a été donnée à Jésus.

Une troisième comparaison qu’emploie le Nouveau Testament pour décrire la relation entre Jésus et son Église concerne le berger et son troupeau. Jésus dit en Jean 10.13-16 : « Je suis le bon berger. Je connais mes brebis, et elles me connaissent, comme le Père me connaît et comme je connais le Père ; et je donne ma vie pour mes brebis. J’ai encore d’autres brebis, qui ne sont pas de cette bergerie ; celles-là, il faut que je les amène ; elles entendront ma voix, et il y aura un seul troupeau, un seul berger. » « Cette bergerie » était le peuple juif au milieu duquel Jésus exerçait son ministère terrestre. Les brebis qui n’étaient pas « de cette bergerie » étaient les non-Juifs qui accepteraient l’Évangile. Les « brebis » juives et les « brebis » non-juives forment, selon la parole de Jésus, « un seul troupeau », et il n’y a qu’« un seul berger ». En d’autres termes, il y aurait une seule Église pour tous, Juifs et non-Juifs, et il y aurait un seul berger, ou chef, un seul homme pour guider et diriger l’Église. Cet unique berger est Jésus. Il n’y a pas un berger dans le ciel et un autre qui représente le premier sur la terre.

Quelques-uns se diront : « Mais les brebis, les simples fidèles, qu’est-ce qu’ils peuvent faire si des hommes se sont emparés du pouvoir dans l’Église ? Oui, il y a des chefs religieux qui s’attribuent de l’autorité que la Bible ne leur donne pas. Mais les membres ordinaires n’ont aucune possibilité de changer cela. Ils sont obligés de faire ce que décident les chefs. » Mais ce n’est pas vrai. Toujours en Jean 10 nous lisons au sujet de Jésus : « Les brebis entendent sa voix ; il appelle par leur nom les brebis qui lui appartiennent, et il les conduit dehors. Lorsqu’il a fait sortir toutes ses propres brebis, il marche devant elles ; et les brebis le suivent, parce qu’elles connaissent sa voix. Elles ne suivront point un étranger ; mais elles fuiront loin de lui, parce qu’elles ne connaissent pas la voix des étrangers » (Jean 10.3-5). Notre foi doit être basée sur Jésus-Christ, et lui seul. C’est Jésus que l’Église doit suivre. C’est sa voix, qui se fait entendre dans le Nouveau Testament, que nous devons écouter.

N’y a-t-il pas d’autres pasteurs légitimes ?

Jésus est bien le berger ou le pasteur de l’Église, mais la Bible ne parle-t-elle pas d’autres pasteurs légitimes ? Il est vrai que le terme « pasteur » ne se réfère pas uniquement à Jésus dans le Nouveau Testament ; les autres « pasteurs » travaillent sous la direction de Jésus, le vrai propriétaire du troupeau. Aucun d’eux n’occupe la place de Jésus sur la terre. Considérez ces propos de l’apôtre Pierre : « Voici les exhortations que j’adresse aux anciens qui sont parmi vous, moi ancien comme eux, témoin des souffrances de Christ, et participant de la gloire qui doit être manifestée. Paissez le troupeau de Dieu qui est sous votre garde, non par contrainte, mais volontairement, selon Dieu ; non pour un gain honteux, mais avec dévouement ; non comme dominant sur ceux qui vous sont échus en partage, mais en étant les modèles du troupeau. Et lorsque le souverain pasteur paraîtra, vous obtiendrez la couronne incorruptible de la gloire » (1 Pierre 5.1-4). Il n’est pas nécessaire de préciser que « le souverain pasteur » est Jésus-Christ. Il est également clair que ces autres pasteurs doivent suivre non pas leur volonté mais celle du souverain pasteur s’ils espèrent recevoir de sa part cette couronne de gloire dont l’apôtre parle ici.

Et l’apôtre Pierre ?

D’autres objecteront que l’apôtre Pierre avait une place particulière dans l’Église. Ne l’appelle-t-on pas « le Prince des Apôtres » ? N’est-ce pas à lui seul que Jésus dit : « Je te donnerai les clefs du royaume des cieux : ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux » (Matthieu 16.19) ? En fait, ce n’est pas la Bible qui appelle Pierre « Prince des Apôtres ». Mais examinons cette question des clefs que Jésus promet donner à Pierre, les clefs de son royaume, son Église. À quoi sert une clef ? À ouvrir ou fermer, à donner ou refuser l’accès. Jésus emploie le mot « clef » de cette façon en Luc 11.52 : « Malheur à vous, docteurs de la loi ! parce que vous avez enlevé la clef de la science ; vous n’êtes pas entrés vous-mêmes, et vous avez empêché d’entrer ceux qui le voulaient. » Comment Pierre s’est-il servi des clefs du royaume pour ouvrir les portes de l’Église ? Le jour de la Pentecôte, c’est Pierre qui a prêché l’Évangile pour la première fois. Il a parlé de la vie, la mort et la résurrection de Jésus. Quand la foule a demandé ce qu’il fallait faire, Pierre leur dit, selon Actes 2.38 : « Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé pour le pardon de vos péchés ; et vous recevrez le don du Saint-Esprit. » Trois mille Juifs ont obéi à cette exhortation, et l’Église du Christ a vu le jour. Plus tard, en Actes 10, ce fut encore Pierre qui a prêché pour la première fois aux non-Juifs. Ce fut dans la maison de Corneille. Actes 15.7 dit : « Une grande discussion s’étant engagée, Pierre se leva, et leur dit : Hommes, frères, vous savez que dès longtemps Dieu a fait un choix parmi vous, afin que, par ma bouche, les païens entendissent la parole de l’Évangile et qu’ils crussent. »

Quant au droit de lier et de délier, il s’agit de déclarer obligatoire ou de dispenser d’un devoir. En Matthieu 23.4, Jésus accuse les scribes et pharisiens d’avoir lié de lourds fardeaux et de les avoir mis sur les épaules des hommes. Ils avaient rendu obligatoires toutes sortes de devoirs religieux, qui, en fait, n’étaient que des traditions humaines. Pierre aurait l’autorité de dire aux hommes ce que Dieu exigeait d’eux, et ce qu’ils ne seraient plus obligés de faire. Mais remarquez bien que cette même autorité serait donnée par le Seigneur à tous les apôtres. Il leur dit en Matthieu 18.18 : « Je vous le dis en vérité, tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel. » Tous les apôtres communiqueraient par inspiration la volonté de Dieu pour les hommes dans l’ère chrétienne. La distinction de Pierre serait le fait d’être le premier à prêcher l’Évangile et les conditions du salut, d’abord aux Juifs, et ensuite aux païens, tout comme il avait été le premier à confesser que Jésus était le Christ, le Fils de Dieu.

Quant à une plus grande mesure d’autorité que celle des autres apôtres, Pierre lui-même n’en dit rien. Nulle part dans la Bible Pierre ne se réfère à lui-même comme étant le chef des apôtres. Et rien ne suggère que les autres voyaient Pierre comme étant leur supérieur. Selon Galates 2, l’apôtre Paul eut à adresser un reproche à Pierre quand il était en faute. Il écrit : « Mais quand Pierre vint à Antioche, je me suis opposé à lui en public, parce qu’il était dans l’erreur » (Galates 2.11, FC). Quelques heures avant l’arrestation de Jésus, et donc bien après la promesse de Jésus de donner les clefs du royaume à Pierre, « il s’éleva parmi les apôtres une contestation : lequel d’entre eux devait être estimé le plus grand ? » (Luc 22.24). Les collègues de Pierre n’avaient évidemment pas compris les propos de Jésus comme un signe que Pierre serait le plus grand parmi eux. Et Jésus n’a pas saisi l’occasion pour appuyer la position spéciale de Pierre. Au contraire, il a tout simplement répété son enseignement que celui qui veut être grand doit s’humilier et se rendre serviteur des autres. Ni Pierre ni ses soi-disant successeurs n’ont été chef de l’Église de sur terre.

Conclusion

En ce qui concerne l’organisation de l’Église, la première chose à constater est donc qu’elle n’a qu’un seul chef, Jésus-Christ. Il n’y en a pas deux : un dans le ciel et un autre sur la terre. Jésus est la tête du corps ; il est le roi qui règne sur le royaume ; il est le berger qui dirige le troupeau. Il n’accepte pas de rival ; il n’a pas besoin de remplaçant.

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L’autonomie des assemblées locales

Définition de l’autonomie

Que signifie l’autonomie des Églises ? L’expression se réfère surtout au droit de chaque Église locale de se gouverner elle-même. Une assemblée autonome est une unité qui se gouverne elle-même. Elle n’est assujettie ni à une « Église Mère » ni à un conseil régional, national ou mondial, ni à une assemblée générale composée de délégués de toutes les Églises locales. Elle gère ses propres finances, choisit ses propres conducteurs et fixe son propre programme de travail. De même, elle n’a aucun droit sur d’autres assemblées locales se trouvant ailleurs.

Des assemblées autonomes ont des relations fraternelles entre elles et peuvent s’entraider et coopérer ensemble pour avancer la cause du Christ tant que leur indépendance est respectée.

Il ne s’agit pas bien sûr d’être autonome ou indépendant de l’autorité du Christ, mais par rapport à d’autres assemblées ou organisations.

L’autonomie est biblique.

Comment savons-nous que les Églises locales au temps du Nouveau Testament étaient autonomes ? Qu’est-ce qui prouve que l’autonomie est la forme d’organisation biblique ? Après tout, la vaste majorité de dénominations ne la pratiquent pas.

Premièrement, nous constatons que chaque groupe d’anciens ou d’évêques dont parle le Nouveau Testament était établi et exerçait son ministère vis-à-vis d’une assemblée particulière. Actes 14.23 nous dit que Paul et Barnabas « firent nommer des anciens dans chaque Église ». L’épître à l’Église de la ville de Philippes s’adresse à toute l’Église, ainsi qu’« aux évêques et aux diacres » (Philippiens 1.1). Cette assemblée avait ses propres évêques, ou anciens. Paul détailla pour Tite les qualifications requises pour être ancien, afin qu’il « établisse des anciens dans chaque ville, s’il s’y trouve quelque homme irréprochable » (Tite 1.5,6). En Actes 20.17,28 nous lisons que « de Milet Paul envoya chercher à Éphèse les anciens de l’Église ». Quand ils étaient arrivés il leur dit : « Prenez garde à vous-mêmes et à tout le troupeau sur lequel (selon la version Colombe, « au sein duquel ») le Saint-Esprit vous a établis évêques, pour paître l’Église du Seigneur, qu’il s’est acquise par son propre sang. » Ces hommes exerçaient leur ministère d’évêque au sein d’un troupeau, c’est-à dire d’une seule Église locale, celle d’Éphèse.

En 1 Pierre 5.1-4, nous voyons les deux niveaux d’autorité. L’apôtre adresse des exhortations aux anciens qui doivent paître le troupeau de Dieu, ce qui laisse entendre qu’ils étaient des pasteurs, ou bergers. Il leur promet une récompense quand le souverain pasteur apparaîtrait.

Le souverain pasteur est, bien sûr, Jésus, celui qui est établi sur l’Église entière. Les pasteurs qui travaillent sous son autorité sont les anciens qui servent dans les Églises locales. Plusieurs choses dans ce passage indiquent que la surveillance d’un ancien est limitée à sa seule Église locale :

Pierre dit : « Faites paître le troupeau de Dieu qui est sous votre garde » (selon la version Colombe, il s’agit du troupeau « qui est avec vous »). Évidemment, un berger ne peut prendre soin que du troupeau avec lequel il est.

Pierre se réfère aussi à « ceux qui vous sont échus en partage ». L’autorité d’un ancien ne s’étendait pas sur tous les chrétiens, mais seulement sur ceux qui lui étaient échus en partage, c’est-à-dire, son Église locale.

Enfin, Pierre recommande aux anciens d’être « les modèles du troupeau ». Dans la personne de ses anciens, une Église avait ceux qui lui servaient d’exemples au milieu d’elle, là où leur vie quotidienne pouvait être constamment observée. Un évêque ne peut pas être un exemple direct et efficace pour une Église où il n’est pas en contact constant avec les membres.

Établir un homme comme pasteur ou évêque ayant la surveillance de toutes les Églises locales dans un secteur donné serait violer le modèle donné dans le Nouveau Testament et tordre le sens des mots bibliques. Celui que la Bible charge de surveiller l’Église ne peut exercer sa fonction que dans l’Église locale où il est lui-même membre.

Deuxièmement, nous voyons que l’autonomie était la pratique de l’Église primitive par le fait que le Nouveau Testament ne révèle que deux niveaux d’organisation dans l’Église.

Quand on considère l’organisation de l’Église du Seigneur, on s’aperçoit que le mot Église est employé principalement dans deux sens. Selon le premier sens l’Église est unique. Jésus dit : « Sur ce roc je bâtirai mon Église » (Matthieu 16.18). Dieu a tout mis sous les pieds de Jésus et « l’a donné pour chef suprême à l’Église, qui est son corps » (Éphésiens 1.22,23). Or, « il y a un seul corps » (Éphésiens 4.4). Cette unique Église est composée de tous les chrétiens. « Le Seigneur ajoutait chaque jour à l’Église ceux qui étaient sauvés » (Actes 2.47).

Au premier siècle, ces chrétiens ou sauvés étaient regroupés en Églises, désignées, non par leurs croyances distinctives, mais par le nom de leur localité ou même de leur lieu de réunion. Là nous trouvons le deuxième sens du mot Église, celui d’une assemblée locale. Dans ce sens on parle d’Églises au pluriel. Voyons des exemples : « Il y avait dans l’Église d’Antioche des prophètes et des docteurs… » (Actes 13.1). « Il parcourut la Syrie et la Cilicie fortifiant les Églises » (Actes 15.41). « Toutes les Églises de Christ vous saluent » (Romains 16.16). « Paul,… à l’Église de Dieu qui est à Corinthe » (1 Corinthiens 1.1,2). « Timothée… vous rappellera… quelle est la manière dont j’enseigne partout dans toutes les Églises » (1 Corinthiens 4.17). « Agissez, vous aussi, comme je l’ai ordonné aux Églises de la Galatie » (1 Corinthiens 16.1). « Les Églises d’Asie vous saluent. Aquilas et Priscille, avec l’Église qui est dans leur maison, vous saluent beaucoup dans le Seigneur » (1 Corinthiens 16.19). Ces Églises locales sont les seules unités d’organisation mentionnées dans le Nouveau Testament.

Nous avons déjà vu que Jésus « est la tête du corps de l’Église » (Colossiens 1.18), et « chef suprême à l’Église » (Éphésiens 1.22). Il est d’ailleurs le seul chef de l’Église connu par la Bible. On peut dire, donc, que le seul siège de l’Église est le ciel, là où se trouve ce chef. Jésus règne sur son Église à travers sa parole, transmise par des hommes inspirés. Les apôtres ne parlaient pas de leur propre chef. Paul dit aux Corinthiens : « Si quelqu’un croit être prophète ou spirituel, qu’il reconnaisse que ce que je vous écris est un commandement du Seigneur » (1 Corinthiens 14.37). Aux Galates il écrit : « Je vous déclare, frères, que l’Évangile qui a été annoncé par moi n’est pas de l’homme ; car je ne l’ai reçu ni appris d’un homme, mais par une révélation de Jésus-Christ » (Galates 1.11,12).

Nous voyons donc deux niveaux d’organisation dans l’Église : (1) L’Église entière, sur laquelle préside le souverain pasteur, Jésus, et (2) les Églises de chaque localité au sein desquelles travaillent les autres pasteurs, appelés également les anciens. La Bible ne parle pas d’autre unité d’organisation.

Créer un autre niveau serait aller au-delà de ce qui est écrit. Ce serait dénaturer l’organisation pourvue par le fondateur lui-même.

Troisièmement, nous voyons l’autonomie des Églises locales dans le fait que la responsabilité leur revenait de maintenir la pureté de doctrine et de vie.

En Apocalypse chapitres 2 et 3, Jésus passe en revue les cas des sept Églises de l’Asie auxquelles s’adresse la lettre. En lisant ces chapitres, on voit facilement que chaque assemblée était tenue comme responsable de son comportement et de ce qu’elle permettait d’être enseigné en son sein. Par exemple, le Seigneur félicite l’Église d’Éphèse d’avoir éprouvé ceux qui se disent apôtres et qui ne le sont pas et de les avoir trouvé menteurs (Apoc. 2.2). Il reproche l’Église de Pergame ainsi : « Mais, j’ai quelque chose contre toi, c’est que tu as là des gens attachés à la doctrine de Balaam » (Apoc. 2.14). Elle est donc appelée à se repentir (Apoc. 2.16). À l’Église de Thyatire il dit : « Ce que j’ai contre toi, c’est que tu laisses la femme Jézabel… enseigner et séduire mes serviteurs » (Apoc. 2.20). Par contre, à l’Église de Philadelphie, il dit : « Tu as gardé la parole de la persévérance en moi » (Apoc. 3.10).

De même, Paul accuse les Églises de la Galatie de s’être détournées pour passer à un autre Évangile (Gal. 1.6) et félicite l’Église de Thessalonique d’être devenue un modèle pour tous (1 Thessaloniciens 1.7). Chaque Église était indépendamment responsable de maintenir son propre respect de la Parole de Dieu. Une assemblée qui est sous les ordres d’une hiérarchie quelconque n’est plus responsable tant qu’elle se soumet à ses supérieurs hiérarchiques. Le fait que les Églises locales étaient considérées dans le Nouveau Testament comme étant responsables confirme donc le fait qu’elles étaient autonomes.

Si la Bible enseigne donc que les Églises locales sont autonomes et que Dieu n’a pas pourvu d’autre forme d’organisation pour l’Église, cela doit nous suffire. S’éloigner du modèle biblique pour l’organisation de l’Église serait être infidèle envers la Parole de Dieu.

L’autonomie est efficace.

L’autonomie des Églises n’est pas seulement biblique, elle est efficace. Jésus dit : « Allez par tout le monde et prêchez la bonne nouvelle à toute la création » (Marc 16.15). Trente-quatre ans plus tard, l’apôtre Paul dit en Colossiens 1.23 que l’Évangile avait été prêché à toute créature sous le ciel. Ce succès extraordinaire fut atteint sans autre organisation que celle des Églises locales. Pourquoi n’arrivons-nous pas à faire la même chose de nos jours ? Le problème n’est pas un manque de structures d’organisation, mais le fait que nous négligeons de nous servir pleinement de l’organisation que le Seigneur a pourvue.

Les œuvres de bienfaisance étaient également entreprises par les Églises locales de manière très simple et directe. Par exemple, en Actes 11.27-30, nous voyons que l’Église d’Antioche fut mise au courant d’un besoin en Judée. « Les disciples résolurent d’envoyer, chacun selon ses moyens, un secours aux frères qui habitaient la Judée. Ils le firent parvenir aux anciens par les mains de Barnabas et de Saul. »

L’autonomie est une sécurité contre l’apostasie.

L’abandon de l’autonomie des Églises représente déjà une apostasie, mais elle facilite l’apostasie sur d’autres plans. Quand toutes les Églises sont indépendantes et qu’une Église locale s’égare par une erreur doctrinale, les autres Églises peuvent rester dans la vérité. Elles ne seront pas forcément contaminées par la fausse doctrine. Par contre, quand les Églises sont soumises à une direction régionale, nationale ou mondiale, et qu’une erreur s’introduit au niveau de la direction, la fausse doctrine s’étend rapidement sur toute l’Église. La hiérarchie est presque toujours dotée de certains moyens pour assurer la conformité des Églises locales, que ce soit des pressions sociales, politiques ou financières. La création d’une forme d’organisation non-biblique permet d’accélérer l’apostasie et de contaminer toutes les Églises du haut en bas. L’autonomie des Églises est un moyen pourvu par Dieu pour limiter la progression de l’erreur.

Conclusion

Une fois de plus nous voyons que l’Église dont parle la Bible est empreinte de simplicité. Il nous suffit de laisser de côté nos idées préconçues concernant la nature de l’Église et nous conformer humblement au modèle que Dieu a fait conserver pour nous dans les pages de la Bible.

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Les rôles de leader : apôtres et prophètes

En poursuivant notre examen de l’organisation de l’Église selon le Nouveau Testament, notre attention se porte sur les différents rôles de leadership établis par le Seigneur Jésus dans son Église. L’apôtre Paul mentionne plusieurs de ces rôles en Éphésiens 4.11-15, un texte qui servira d’un bon point de départ pour cette partie de notre étude : « Et il (c’est-à-dire Jésus) a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs, pour le perfectionnement des saints en vue de l’œuvre du ministère et de l’édification du corps de Christ, jusqu’à ce que nous soyons tous parvenus à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’homme fait, à la mesure de la stature parfaite de Christ, afin que nous ne soyons plus des enfants, flottant et emportés à tout vent de doctrine, par la tromperie des hommes,… mais que… nous croissions à tous égards en celui qui est le chef, Christ. »

Le rôle des conducteurs en général dans l’Église

Avant d’examiner individuellement les rôles d’apôtre, de prophète, d’évangéliste, et de pasteur et docteur, relevons du texte qui vient d’être lu certaines idées concernant le rôle des ces conducteurs dans l’ensemble. Paul dit que le Seigneur a donné ces hommes à son Église « pour le perfectionnement des saints (c’est-à-dire des chrétiens) en vue de l’œuvre du ministère et de l’édification du corps de Christ ». Évidemment ils n’étaient pas censés faire tout le travail de l’Église. Ils ne devaient pas être les seuls connaisseurs de la Parole. Les conducteurs de l’Église devaient plutôt perfectionner ou équiper tous les membres pour que ces derniers soient capables de servir, pour qu’ils soient mûrs en connaissance et caractère, enracinés dans la vraie doctrine. Il ne fallait pas que les chrétiens soient comme des enfants ou qu’ils « flottent » et soient « emportés à tout vent de doctrine, par la tromperie des hommes ». Les conducteurs devaient amener toute l’Église à croître spirituellement et à fonctionner comme un corps, dont chaque membre contribue au bien de l’ensemble.

Une fonction-clé des apôtres : servir de « témoins »

La première fonction dans la liste que nous avons vue en Éphésiens 4 est celle d’apôtre. Le mot-clé en ce qui concerne le travail des apôtres est le mot « témoin ». Les apôtres étaient témoins du ministère, de la mort et de la résurrection de Jésus, et leur témoignage est la base de la foi chrétienne. Considérez combien de fois ce mot est employé en rapport avec les apôtres. En Jean 15.26,27 Jésus leur dit avant sa mort : « Quand sera venu le consolateur, que je vous enverrai de la part du Père, l’Esprit de vérité, qui vient du Père, il rendra témoignage de moi ; et vous aussi, vous rendrez témoignage, parce que vous êtes avec moi dès le commencement. » En Luc 24.46,48, le jour de sa résurrection, Jésus leur dit : « Ainsi il est écrit que le Christ souffrirait, et qu’il ressusciterait des morts le troisième jour… Vous êtes témoins de ces choses. » En Actes 1.8, avant de remonter au ciel, il leur dit encore : « Vous recevrez une puissance, le Saint-Esprit survenant sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. » Les apôtres eux-mêmes ont compris que ce témoignage était au cœur du rôle qu’ils devaient jouer. Ayant constaté la trahison et le suicide de Judas Iscariot, ils ont dit : « Il faut donc que, parmi ceux qui nous ont accompagnés tout le temps que le Seigneur Jésus a vécu avec nous, depuis le baptême de Jean jusqu’au jour où il fut enlevé du milieu de nous, il y en ait un qui nous soit associé comme témoin de sa résurrection » (Actes 1.21,22). Comme Pierre l’a expliqué des années plus tard dans la maison de Corneille : « Dieu l’a ressuscité le troisième jour, et il a permis qu’il apparût, non à tout le peuple, mais aux témoins choisis d’avance par Dieu » (Actes 10.40,41).

Qualifications nécessaires

Les passages que nous venons de lire indiquent clairement deux qualifications qu’un homme devait avoir afin d’être apôtre. Premièrement il fallait être témoin de la résurrection de Jésus. Voilà pourquoi l’apôtre Paul, quand les fausses accusations le poussaient à défendre son apostolat, soulignait qu’il était, lui aussi, témoin de la résurrection. En 1 Corinthiens 9.1 il dit : « Ne suis-je pas apôtre ? N’ai-je pas vu Jésus notre Seigneur ? » Les deux idées vont forcément ensemble. En 1 Corinthiens 15.7-9 Paul dit que Jésus « est apparu à Jacques, puis à tous les apôtres. Après eux tous, il m’est aussi apparu à moi, comme à l’avorton ; car je suis le moindre des apôtres ».

Non seulement il fallait être témoin de la résurrection de Jésus pour être apôtre, mais il était nécessaire, aussi, d’être « choisi » par le Seigneur lui-même. Même quand les onze cherchaient à remplacer Judas, ils ne prétendaient pas faire eux-mêmes la sélection. Ils ont identifié des témoins de la vie et la résurrection du Seigneur, Justus et Barsabbas ; mais « puis ils firent cette prière : Seigneur, toi qui connais les cœurs de tous, désigne lequel de ces deux tu as choisi, afin qu’il ait part à ce ministère et à cet apostolat » (Actes 1.24,25). Ceux que le Seigneur avait choisis comme ses témoins voyaient leur témoignage confirmé par les pouvoirs miraculeux qui sont décrits dans le Nouveau Testament. À ce propos l’apôtre Paul écrit en 2 Corinthiens 12.11,12 : « Je n’ai été inférieur en rien aux apôtres par excellence, quoique je ne sois rien. Les preuves de mon apostolat ont éclaté au milieu de vous par une patience à toute épreuve, par des signes, des prodiges, et des miracles. »

Déjà au premier siècle, il y avait ceux qui prétendaient faussement être des apôtres de Jésus. Paul en parle en 2 Corinthiens 11.13-15. L’Église d’Éphèse est félicitée en Apocalypse 2.2 d’avoir éprouvé certains qui se disaient apôtres et de les avoir trouvés menteurs. On ferait bien aujourd’hui d’appliquer les critères bibliques à ceux qui essaient de faire croire qu’ils sont, eux aussi, apôtres de Jésus-Christ.

Impossibilité de succession

Quand nous comprenons l’importance centrale de l’aspect « témoin » du travail des apôtres, nous voyons facilement qu’ils ne pourraient pas avoir des successeurs – et qu’ils n’en auraient pas besoin. Judas Iscariot, en trahissant le Seigneur et en se donnant la mort par la suite, a renoncé à sa place, et en plus il n’a pas vu le Christ ressuscité. Pierre dit en Actes 1.25 que Judas avait « abandonné » l’apostolat « pour aller en son lieu », et que, selon les Écritures, un autre devait prendre sa charge (Actes 1.20). Lorsque, quelques années plus tard, l’apôtre Jacques fut mis à mort (Actes 12.1,2), on n’a pas cherché de remplaçant ou successeur. Malgré sa mort, Jacques conservait encore sa place. En réalité, sa mort comme martyr, acceptant de mourir plutôt que de renoncer à l’Évangile, a scellé et embelli son témoignage à la résurrection, l’a rendu encore plus convaincant. Il continue ainsi de remplir sa fonction de témoin. Les autres apôtres, eux aussi, sont restés fidèles à leur témoignage jusqu’à la mort. L’Église aujourd’hui a donc les mêmes apôtres qu’au premier siècle – les 12 plus Paul. (En se référant à lui-même comme « l’avorton » parmi les apôtres, Paul a signalé qu’il n’y aurait pas d’autres apôtres après lui. Quand une chienne met bas, le dernier chiot de la portée est parfois plus petit que les autres, faible et chétif ; on l’appelle l’avorton. L’avorton est le dernier des chiots, et Paul était le dernier des apôtres.)

Révélateurs de la volonté du Seigneur

Lié au rôle des apôtres comme témoins du ministère, de la mort et de la résurrection de Jésus était leur rôle comme révélateurs de la volonté du Seigneur, comme porte-parole qui transmettaient à l’Église les enseignements et les commandements de son chef. Après l’établissement de l’Église, nous voyons que les premiers chrétiens « persévéraient dans la doctrine des apôtres » (Actes 2.42). Nous enseignons aujourd’hui ce qui a été révélé auparavant, ce qui est conservé dans les pages de la Bible ; les apôtres recevaient directement du Seigneur, c’est-à-dire par inspiration divine, les messages qu’ils transmettaient. C’est ce que Jésus leur avait promis en Jean 14.26 et 16.13 : « L’Esprit-Saint… vous enseignera toutes choses, et vous rappellera tout ce que je vous ai dit… Il vous conduira dans toute la vérité… il vous annoncera les choses à venir. » L’apôtre Jean inclut donc tous les apôtres en disant : « Nous, nous sommes de Dieu ; celui qui connaît Dieu nous écoute ; celui qui n’est pas de Dieu ne nous écoute pas : c’est par là que nous connaissons l’esprit de la vérité et l’esprit de l’erreur » (1 Jean 4.6).

Les prophètes

Les apôtres avaient la possibilité, en imposant les mains à certaines personnes dans l’Église, de leur transmettre des dons ou pouvoirs miraculeux. Parmi ces dons était celui de la prophétie. Bibliquement, le mot « prophétie » ne se réfère pas particulièrement au fait de prédire l’avenir, mais plutôt au fait de transmettre des messages reçus directement de la part de Dieu, de parler par inspiration. Ceux qui avaient reçu ce don étaient appelés « prophètes ». Dieu révélait aux prophètes des enseignements, des exhortations et d’autres messages destinés à des assemblées ainsi qu’à des individus. Le rôle de prophète est la deuxième dans la liste que nous avons vue en Éphésiens 4, juste après celui d’apôtre. En effet, les rôles d’apôtre et de prophète étaient étroitement associés. Ils sont souvent mentionnés ensemble. En Éphésiens 2.20 Paul dit : « Vous avez été édifiés sur le fondement des apôtres et des prophètes, Jésus-Christ lui-même étant la pierre angulaire. » Dan le chapitre suivant il dit que le mystère de Christ « n’a pas été manifesté aux fils des hommes dans les autres générations, comme il a été révélé maintenant par l’Esprit aux saints apôtres et prophètes de Christ » (Éphésiens 3.5).

Fondement (témoignage et révélation de la vérité) posé au début

Il est significatif que Paul se réfère au « fondement des apôtres et prophètes ». Le témoignage des apôtres concernant Jésus-Christ, et les enseignements inspirés, transmis par les apôtres et aussi par les prophètes, et conservés pour nous dans le Nouveau Testament, constituent bien un fondement sur lequel le christianisme est construit. La foi chrétienne tient debout depuis deux mille ans parce que sa fondation est solide. Mais nous savons tous qu’un fondement est posé au début de la construction d’un immeuble. Quand il est bien fait, on ne revient pas dessus pour le modifier ou le rendre plus profond. La pose du fondement est achevée, mais la construction se poursuit. De même, l’Église continue de grandir au cours du temps, au fur et à mesure que des gens se convertissent et y sont ajoutés, telles des « pierres vivantes » comme dit l’apôtre Pierre (1 Pierre 2.5 et Éphésiens 2.20-22), mais le fondement demeure le même.

Cette réalité s’accorde bien avec deux choses que nous constatons dans les Écritures : 1) la déclaration que les prophéties prendraient fin, et 2) l’absence de successeurs aux apôtres. En effet, Paul dit en 1 Corinthiens 13.8-10 : « Les prophéties prendront fin… Car nous connaissons en partie, et nous prophétisons en partie, mais quand ce qui est parfait sera venu, ce qui est partiel disparaîtra. » Quand la Bible serait achevée et que la révélation parfaite, ou complète, serait là, les prophéties, n’étant que des révélations partielles de la volonté de Dieu, ne seraient plus nécessaires. La révélation de toute la vérité ayant été accomplie du vivant des apôtres, ceux-ci ne s’attendaient pas à des successeurs et ne laissèrent aucune instruction à l’Église pour qu’elle choisisse des hommes pour les remplacer. L’apôtre Pierre expliquait en 2 Pierre 1.12-15 que Dieu lui avait fait savoir qu’il mourrait subitement. Il prenait donc soin d’écrire à l’Église, en disant : « J’aurai soin qu’après mon départ vous puissiez toujours vous souvenir de ces choses. »

Conclusion

En parlant donc des rôles de leadership dans l’Église, nous voyons que l’Église aujourd’hui a encore des apôtres et des prophètes – mais il s’agit des mêmes personnes qui ont servi l’Église dans ces rôles au premier siècle. À travers leurs écrits dans le Nouveau Testament, nous profitons toujours de leur ministère pour nous perfectionner et nous équiper afin que nous soyons tous capables de servir, et que nous soyons mûrs en connaissance et caractère, enracinés dans la vraie doctrine.

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Les rôles de leader : évangélistes

Selon Éphésiens 2.20, l’Église est édifiée « sur le fondement des apôtres et des prophètes ». Comme dans la construction d’un bâtiment, le fondement est posé au début de l’œuvre, une fois pour toutes. Les apôtres servaient de témoins oculaires du ministère, de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ, et leur témoignage est conservé dans le Nouveau Testament. Avec les prophètes, ils ont transmis à l’Église la volonté du Seigneur pour son peuple de chaque génération. C’était un travail nécessaire pour l’Église toute entière, toutes les assemblées locales partout au monde. Mais comme un fondement bien posé, c’est un travail qui a été achevé. Les apôtres et les prophètes véritables ne sont plus parmi nous, mais nous jouissons du fruit de leur œuvre dans les pages de la Bible. Nous n’avons pas besoin d’apôtres et de prophètes vivants dans nos assemblées ; nous n’avons qu’à lire, étudier et prêcher ce que ces hommes ont laissé à l’Église comme révélation de Dieu.

Il y a, par contre, d’autres tâches dans l’Église de Dieu qui ne peuvent pas se faire une fois pour toutes. Dieu continue ainsi à donner à l’Église des hommes qui contribuent « comme évangélistes, … comme pasteurs et docteurs, pour le perfectionnement des saints en vue de l’œuvre du ministère et de l’édification » (Éphésiens 4.11,12). Nous poursuivons donc notre étude en examinant de près la fonction d’évangéliste.

La fonction d’évangéliste

Qu’est-ce qui, au juste, est un évangéliste ? Le mot vient d’un mot grec qui veut dire simplement « quelqu’un qui annonce une bonne nouvelle », telle qu’une victoire militaire. Dans le contexte chrétien, le sens est, bien sûr, plus précis. Il s’agit de celui qui annonce la bonne nouvelle du salut en Jésus-Christ, la bonne nouvelle que Jésus est mort pour nos péchés et qu’il est ressuscité d’entre les morts. En effet, le mot « Évangile » signifie, littéralement, bonne nouvelle, et il n’y a pas de meilleure nouvelle que celle-ci : notre Dieu nous offre le plein pardon et une place avec lui dans la gloire éternelle !

Il est certainement vrai que tous les chrétiens ont le privilège et la responsabilité d’annoncer aux hommes perdus cette merveilleuse nouvelle. Quand Jésus a donné aux apôtres l’ordre de prêcher l’Évangile et de baptiser ceux qui croiraient, il a ajouté : «  et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit » (Matthieu 28.20). Comme il venait de leur prescrire de faire de toutes les nations ses disciples, il va s’en dire que tous ceux qui acceptaient l’évangile devaient à leur tour le propager. Les chrétiens sont donc tous, dans un sens, des évangélistes – ou au moins ils devraient l’être. Mais en lisant le Nouveau Testament nous voyons que le mot évangéliste était employé dans un sens un peu plus limité que cela. En Actes 21.8, un certain homme est identifié comme « Philippe l’évangéliste ». Si tout le monde dans l’Église était évangéliste, ce terme n’aurait pas aidé à identifier ce Philippe parmi les autres qui portaient le même nom. Et comme on pourrait le déduire d’Éphésiens 4.11, que nous avons déjà cité, les évangélistes pouvaient être distingués des apôtres, des prophètes et des pasteurs.

Si tous les chrétiens ont la responsabilité d’évangéliser, en quoi certains chrétiens seraient-ils appelés « évangélistes » et d’autres non ? Sans doute, ils étaient désignés « évangélistes » compte tenu, d’un côté d’une aptitude ou d’une formation reçue en ce qui concerne l’évangélisation, ou de l’autre côté, du fait qu’ils se donnaient spécialement à cet aspect du travail de l’Église. On est évangéliste parce qu’on a une capacité particulière pour annoncer la bonne nouvelle de Jésus ET parce qu’on exploite cette capacité, c’est-à-dire, on fait « l’œuvre d’un évangéliste » (2 Timothée 4.5).

Il est évident qu’un évangéliste va vers ceux qui ne sont pas encore chrétiens afin de les gagner pour le Christ. Mais Éphésiens 4.11 nous indique que l’évangéliste a également quelque chose à faire pour ceux qui sont déjà membres de l’Église. Tous les conducteurs cités dans ce verset contribuent au « perfectionnement » des chrétiens, pour les amener à grandir en connaissance et en foi et à pouvoir servir. Que ferait un évangéliste pour ceux qui sont déjà sauvés ? Deux possibilités se présentent à l’esprit : (1) ayant une connaissance et une expérience pratiques dans le domaine de l’évangélisation, il est probable qu’un aspect du service rendu à l’Église par les évangélistes était le fait de former les autres chrétiens à pouvoir mieux répandre la bonne nouvelle et amener les gens à se convertir ; (2) deuxièmement, il est certain que les évangélistes, après avoir fait des disciples, avaient la tâche de montrer aux nouveaux convertis les principes de base de la vie chrétienne, de les affermir dans la foi, et, là où l’Église n’existait pas encore, de regrouper les nouveaux chrétiens en assemblées locales et leur montrer le bon fonctionnement d’une Église. Cette idée sera appuyée par ce que nous verrons en 1 et 2 Timothée et Tite.

Les conseils à Timothée et Tite

Dans le Nouveau Testament nous avons, en effet, trois épîtres de l’apôtre Paul qui s’adressent à Timothée et à Tite. Ces deux serviteurs de Dieu, plus jeunes que Paul, avaient été chargés par ce dernier de travailler avec l’Église d’Éphèse et celles de l’île de Crète. On a l’habitude d’appeler ces trois livres du Nouveau Testament « les épîtres pastorales », mais en fait, Timothée et Tite n’étaient pas des pasteurs. Si cette déclaration vous surprend, vous comprendrez mieux après la prochaine étude. Paul exhorte Timothée à faire l’œuvre d’un évangéliste ; il devait évangéliser. Mais les instructions de Paul semblent confirmer ce que nous avons suggéré à l’égard des activités des évangélistes pour amener les convertis et les assemblées à un certain niveau de maturité.

Timothée et Tite devaient enseigner. Paul dit en 1 Timothée 4.13,16 : « Applique-toi à la lecture, à l’exhortation, à l’enseignement… Veille sur toi-même et sur son enseignement ; persévère dans ces choses, car, en agissant ainsi, tu te sauveras toi-même et ceux qui t’écoutent. » Paul précise dans ces épîtres certaines choses que Timothée à Éphèse et Tite sur l’île de Crète devaient enseigner à différents groupes au sein de l’Église : les serviteurs, les riches, les vieillards, les femmes âgées, les jeunes femmes, les jeunes hommes, les veuves, etc. Paul insiste beaucoup sur la saine doctrine (ou enseignement) qu’il fallait dispenser aux autres.

Timothée et Tite devaient également armer les jeunes Églises contre la fausse doctrine. En 1 Timothée 4.1,2 il donne cet avertissement : « Mais l’Esprit dit expressément que, dans les derniers temps, quelques-uns abandonneront la foi, pour s’attacher à des esprits séducteurs et des doctrines de démons, par l’hypocrisie de faux docteurs… » Il fournit par la suite deux exemples de ces fausses doctrines, et ajoute au verset 6 : « En exposant ces choses aux frères, tu seras un bon ministre de Jésus-Christ, nourri des paroles de la foi et de la bonne doctrine que tu as exactement suivie. » Paul avait dit au début de son épître, d’ailleurs, qu’il avait engagé Timothée à rester à Éphèse « afin de recommander à certaines personnes de ne pas enseigner d’autres doctrines » (1 Timothée 1.3).

Un troisième devoir de l’évangéliste que nous trouvons dans ces épîtres est celui de préparer d’autres hommes à pouvoir enseigner à l’Église. Paul dit en 2 Timothée 2.2 : « Ce que tu as entendu de moi en présence de beaucoup de témoins, confie-le à des hommes fidèles, qui soient capables de l’enseigner aussi à d’autres. »

Enfin, une autre responsabilité que Paul a confiée à Tite est citée en Tite 1.5 : « Je t’ai laissé en Crète, afin que tu mettes en ordre ce qui reste à régler, et que, selon mes instructions, tu établisses des anciens dans chaque ville. » Paul et Barnabas avaient fait la même chose dans la Galatie, selon Actes 14.23, qui dit : « Ils firent nommer des anciens dans chaque Église, et, après avoir prié et jeûné, ils les recommandèrent au Seigneur, en qui ils avaient cru. » Tite n’avaient pas besoin de choisir personnellement des anciens pour chaque Église locale. Il aurait sans doute procédé de la même manière que les apôtres ont fait en Actes 6 où il était question de désigner des hommes pour une autre tâche dans l’Église : ils ont parlé à l’assemblée en ces termes : « C’est pourquoi, frères, choisissez parmi vous sept hommes, de qui l’on rende un bon témoignage, qui soient pleins d’Esprit-Saint et de sagesse, et que nous chargerons de cet emploi » (Actes 6.3). Dans l’épître à Tite, Paul a, en effet, donné une liste de critères à remplir par ceux qui seraient appelés à servir leurs assemblées comme anciens. Tite devait enseigner ces critères dans chaque assemblée locale, afin que les membres eux-mêmes, qui connaissaient les leurs, puissent savoir choisir leurs propres anciens.

Rien dans le texte ne suggère que Tite devait par la suite superviser les anciens dans leur travail. Il jouait simplement un rôle pour amener les assemblées à une plus grande maturité spirituelle. Il était un serviteur parmi tant d’autres que le Seigneur avait donnés à son Église pour « le perfectionnement des saints en vue de l’œuvre du ministère et de l’édification du corps de Christ, jusqu’à ce que nous soyons tous parvenus à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’homme fait, à la mesure de la stature parfaite de Christ » (Éphésiens 4.12,13).

Conclusion

Le rôle de l’évangéliste est souvent mal compris, non seulement par l’Église mais aussi par de nombreux évangélistes eux-mêmes. Son travail n’est pas de diriger les assemblées locales, d’organiser leurs activités, de fournir ou trouver des moyens financiers pour l’œuvre ou de superviser quoi que ce soit. L’évangéliste est essentiellement quelqu’un qui se donne à la proclamation de l’Évangile pour amener des pécheurs à se convertir et qui enseigne la parole pour amener les convertis et les assemblées vers la maturité.

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Les rôles de leadership : évêques‑pasteurs‑anciens

Peu de mots bibliques sont mal employés plus souvent que le mot « pasteur ». Il est appliqué de nos jours à toutes sortes de personnes qui sont loin de remplir les critères bibliques pour être pasteurs et loin de remplir la fonction telle qu’elle est décrite dans la Parole de Dieu. Bibliquement parlant, qu’est-ce donc qu’un pasteur ?

Noms

Le premier point à établir est que la Bible emploie au moins deux autres termes pour parler des pasteurs : ce sont les mots « évêques » et « anciens ». Chacun de ces termes fait ressortir certains aspects de la personne ou du travail des pasteurs, mais les trois expressions sont employées de façon interchangeable pour désigner les mêmes hommes. Ce fait se voie facilement, par exemple, en Actes 20, où nous trouvons l’apôtre Paul en route pour Jérusalem, et arrivé à la ville de Milet. Au verset 17 nous lisons : « Cependant, de Milet Paul envoya chercher à Éphèse les anciens de l’Église. » Lorsqu’ils étaient arrivés auprès de lui, il leur adressa une exhortation qui remplit presque le reste de ce chapitre. Au verset 28 Paul dit à ces anciens de l’Église d’Éphèse : « Prenez donc garde à vous-mêmes, et à tout le troupeau sur lequel le Saint-Esprit vous a établi évêques, pour paître l’Église du Seigneur, qu’il s’est acquise par son propre sang. » Il est important de noter que Paul s’adresse aux « anciens », mais il leur rappelle que le Saint-Esprit les a établis « évêques ». En plus, il leur dit de prendre garde « au troupeau » et de « paître » l’Église ; or, s’occuper d’un troupeau et faire paître des brebis, c’est le travail d’un berger, qui est synonyme de « pasteur ». Ces mêmes personnes étaient donc à la fois anciens, évêques et pasteurs. Les termes sont interchangeables. On voit le même principe en Tite 1.5-7, où Paul dit à Tite d’établir « des anciens dans chaque ville, s’il s’y trouve quelque homme irréprochable… car il faut que l’évêque soit irréprochable, comme économe de Dieu. » L’ancien est donc un évêque. Encore, considérez les propos de l’apôtre Pierre, en 1 Pierre 5.1,2,4 : « Voici les exhortations que j’adresse aux anciens qui sont parmi vous,… Paissez le troupeau de Dieu qui est sous votre garde, non par contrainte, mais volontairement, selon Dieu… Et lorsque le souverain pasteur paraîtra, vous obtiendrez la couronne incorruptible de la gloire. » L’ancien est donc un pasteur, qui fait paître le troupeau, ou l’Église, et qui travaille sous l’autorité du Christ, qui est le « souverain pasteur ».

Pour apprendre la volonté de Dieu pour ce qui concerne les pasteurs dans son Église, nous devons donc prendre en compte les versets qui parlent d’anciens et d’évêques aussi, car ces trois noms désignent la même fonction.

Pluralité

Dans la plupart d’Églises protestantes, on désigne un homme comme étant « le pasteur ». Il y en a un seul dans une Église. Il est le dirigeant, le responsable, celui qui est à la tête de l’assemblée locale, et parfois de plusieurs assemblées locales. Mais selon le modèle de l’Église décrit pour nous dans le Nouveau Testament, il n’en est pas ainsi. On ne trouve aucun exemple où une assemblée avait pour la conduire un seul pasteur ou évêque. Au contraire, chaque fois que les auteurs inspirés ont parlé de cette fonction dans l’Église, il était question d’un groupe d’hommes qui servaient ensemble au sein d’une assemblée :

Actes 14.23 « Ils firent nommer des anciens dans chaque Église » ;

Actes 20.17 « De Milet Paul envoya chercher à Éphèse les anciens de l’Église » ;

Philippiens 1.1 « Paul et Timothée, serviteurs de Jésus-Christ, à tous les saints en Jésus-Christ qui sont à Philippes, aux évêques et aux diacres » ;

Tite 1.5 « afin que, selon mes instructions, tu établisses des anciens dans chaque ville » ;

Jacques 5.14 « Quelqu’un est-il malade ? Qu’il appelle les anciens de l’Église, et que les anciens prient pour lui. »

Jamais dans la Bible un homme n’a été désigné comme l’évêque, l’ancien ou le pasteur de telle ou telle Église, de manière à faire croire qu’il en était le seul. Nous ne pouvons pas dire avec certitude pourquoi cette règle existait. Il est possible qu’il y aurait un trop grand danger qu’un homme établi seul sur une Église pour la diriger puisse tomber dans le péché de l’orgueil. Il est possible que la charge de prendre soin spirituellement de toute une assemblée soit trop lourde pour un seul homme. Mais quelle que soit la raison, les exemples suffisent pour nous faire comprendre que, dans le plan de Dieu, une assemblée est conduite, non par un seul individu, mais par un groupe d’hommes, appelés indifféremment anciens, évêques ou pasteurs.

Rôle

Bien que ces trois termes s’appliquent à la même fonction, chacun fait ressortir des aspects de la personne et du travail en question. L’expression « ancien », par exemple, souligne l’idée de la maturité, quelqu’un d’un certain âge sur le plan spirituel aussi bien que physique. Un ancien est un homme mûr. Il a déjà élevé des enfants qui ont atteint un âge où ils seraient physiquement en mesure de vivre dans l’impudicité, mais ils ne le font pas, étant des chrétiens fidèles (Tite 1.6). Il n’est pas un nouveau converti, selon 1 Timothée 3.6; il a déjà duré suffisamment dans l’Église pour connaître la parole de Dieu, pour avoir de l’expérience dans la vie chrétienne, pour connaître ses frères et sœurs dans l’Église, avec leurs faiblesses et leurs problèmes spirituels.

L’expression « évêque » vient du mot grec, « episcopé », qui signifie littéralement « celui qui veille sur » ou « surveillant, gardien ». Ce terme fait ressortir le devoir de s’occuper du bien-être de l’Église et de ses membres individuellement. Hébreux 13.17 dit aux chrétiens, en parlant des anciens ou évêques : « Obéissez à vos conducteurs et ayez pour eux de la déférence, car ils veillent sur vos âmes comme devant en rendre compte ; qu’il en soit ainsi, afin qu’ils le fassent avec joie, et non en gémissant, ce qui ne vous serait d’aucun avantage ». Les pasteurs veillent sur l’Église comme un père veille sur sa famille. Paul fait une comparaison des deux rôles quand il dit en 1 Timothée 3.5 : « Si quelqu’un ne sait pas diriger sa propre maison, comment prendra-t-il soin de l’Église de Dieu ? »

Quant au terme « pasteur », il est synonyme de « berger » et se rapporte à l’image d’un troupeau de brebis qui est souvent employée pour présenter l’Église. Le « pasteur suprême » qui veille sur l’Église entière et qui est, d’ailleurs, le propriétaire réel du troupeau tout entier, est Jésus-Christ (1 Pierre 5.4). Mais ce grand troupeau est composé d’assemblées locales, sur lesquelles sont établis les autres « pasteurs », c’est-à-dire les anciens, qui travaillent sous la direction et l’autorité du souverain pasteur. Des bergers ont plusieurs responsabilités par rapport à leurs troupeaux qui correspondent aux devoirs du groupe de pasteurs par rapport à une assemblée :

Les bergers assurent une bonne alimentation aux brebis en les conduisant là où elles auront l’herbe verte dont elles ont besoin et l’eau paisible qui leur convient. Les pasteurs de l’assemblée assurent la bonne alimentation spirituelle dont les membres de l’Église ont besoin, c’est-à-dire l’enseignement de la Parole de Dieu. Les pasteurs choisissent les enseignants dans l’Église, et eux-mêmes enseignent personnellement. Les bergers protègent leurs brebis contre les bêtes sauvages, tels que les loups et les fauves. Les pasteurs doivent protéger l’Église contre les faux enseignants et ceux qui la détruiraient en semant la division. Paul dit à Tite que le pasteur doit être « attaché à la vraie parole telle qu’elle a été enseignée, afin d’être capable d’exhorter selon la saine doctrine et de réfuter les contradicteurs. Il y a, en effet, surtout parmi les circoncis, beaucoup de gens rebelles, de vains discoureurs et de séducteurs, auxquels il faut fermer la bouche » (Tite 1.9-11). Paul dit aux anciens de l’Église d’Éphèse, en employant la même image d’un troupeau : « Je sais qu’il s’introduira parmi vous, après mon départ, des loups cruels qui n’épargneront pas le troupeau, et qu’il s’élèvera du milieu de vous des hommes qui enseigneront des choses pernicieuses, pour entraîner les disciples après eux. Veillez donc… » (Actes 20.28-31). Les bergers doivent également soigner leurs brebis quand elles sont malades ou blessées ; les pasteurs, aussi, sont prêts à porter une aide spirituelle à ceux qui faiblissent dans leur vie chrétienne, qui se découragent ou qui tombent dans le péché. Enfin, les bergers conduisent leurs brebis, qui leur font confiance et qui les suivent. De même, les évêques ou pasteurs de l’assemblée montrent à l’Église la direction qu’elle doit prendre. Comme un père sage conduit sa famille par les bonnes décisions qu’il prend et par son exemple personnel, les pasteurs conduisent l’assemblée de ces mêmes deux manières. 1 Pierre 5.2,3 dit aux anciens : « Paissez le troupeau de Dieu qui est sous votre garde… non comme dominant sur ceux qui vous sont échus en partage, mais en étant les modèles du troupeau. »

Le rôle des anciens-évêques-pasteurs est très, très important. Pour nous référer encore une fois aux paroles de Paul en Éphésiens 4.11-13, le Seigneur a donné à l’Église « les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs, pour le perfectionnement des saints en vue de l’œuvre de l’édification du corps de Christ, jusqu’à ce que nous soyons tous parvenus à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’homme fait, à la mesure de la stature parfaite de Christ ». Comme pour les évangélistes, il est évident que l’Église aura toujours besoin d’anciens, ou pasteurs. Leur travail n’est pas semblable à celui des apôtres qui servaient de témoins oculaires à la résurrection de Jésus et qui, avec les prophètes, transmettaient la révélation de la vérité pour toutes les générations à venir. Le travail des pasteurs ne peut pas se faire une fois pour toutes. Il est continuel.

Comme nous l’avons déjà démontré dans notre étude sur l’autonomie des Églises, le rôle d’un ancien, ou évêque, s’exerce uniquement au sein de son assemblée locale. Le Nouveau Testament ne parle pas de paroisse ou de diocèse, et contrairement à ce que nous constatons dans des dénominations de nos jours, un évêque n’était pas le surveillant de toutes les Églises dans un secteur géographique. Des évêques, ou des pasteurs, œuvraient ensemble comme un groupe pour s’occuper d’une seule assemblée dont ils connaissaient très bien les besoins et dont les membres voyaient leurs vies quotidiennes et pouvaient donc les prendre comme modèles. Un ancien qui se déplace et se trouve comme visiteur dans une autre assemblée locale n’aurait donc pas d’autorité comme surveillant de cette autre assemblée.

Soulignons enfin que l’ancien ne doit pas considérer son autorité comme un droit d’imposer aux autres dans l’Église ses propres préférences personnelles ou comme une occasion de se faire servir par les autres. Pierre dit que le pasteur ne doit pas « dominer » sur ceux qui lui sont échus en partage (1 Pierre 5.3), et lorsque Paul dit en Tite 1.7 qu’un évêque ne doit pas être « arrogant », il emploie un mot qui signifie « adonné à son sens, autoritaire, têtu ». En 1 Timothée 3.2,3, Paul souligne que l’ancien doit être quelqu’un de « modéré » ou raisonnable, humble et modeste, et qu’il doit être désintéressé, c’est-à-dire qu’il ne cherche pas son propre intérêt et ne fait pas le travail par amour de l’argent.

Conclusion

Les hommes se sont éloignés dans bien des cas du modèle de l’Église que Jésus a établie. Cela est évident dans beaucoup d’aspects de la vie de l’Église, y compris son organisation. Ils ont créé des fonctions que le Seigneur n’a pas instituées, et ils ont déformé des rôles dont la Bible nous parle. Trop souvent nous voyons des abus de pouvoir dans les Églises. Un seul homme exerce l’autorité sur l’assemblée, ou encore pire, sur plusieurs Églises locales. Ces hommes s’attribuent des titres d’honneur et réclament des droits particuliers au lieu de servir humblement. Et comme nous le verrons, ils sont loin de remplir les critères que la Parole de Dieu exige d’un homme avant qu’il ne puisse être ancien-pasteur-évêque.

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Les rôles de leader : évêques‑pasteurs‑anciens (suite)

Il y a une conception très répandue qui veut que presque tous ceux qui prêchent la Parole de Dieu ou qui jouent un rôle de conducteur dans une Église soient appelés « pasteurs ». En réalité, plusieurs prêchent fidèlement la Parole sans que leur fonction soit celle d’un pasteur. Pour ce qui est des évangélistes, par exemple, l’accent est mis dans leur travail sur le fait d’annoncer la bonne nouvelle du salut à ceux qui ne sont pas encore sauvés, et d’affermir dans la foi les nouveaux convertis et jeunes assemblées. Un groupe de pasteurs, appelés également anciens ou évêques, est plutôt chargé de surveiller une assemblée locale, d’assurer un bon enseignement, de combattre la fausse doctrine et la division au sein de l’assemblée, de diriger l’Église et de veiller sur le bien-être spirituel des membres. Mais les gens ne se trompent pas seulement sur le rôle d’un pasteur ; ils se trompent généralement sur qui peut être un pasteur ou évêque. Ils ne savent pas que la Bible a défini avec précision les qualifications qu’une personne doit posséder avant qu’on ne lui confie cette charge.

Qualifications

Deux textes bibliques nous donnent les critères à suivre dans le choix des anciens, ou pasteurs : Tite 1.5-9 et 1 Timothée 3.1-7. Lisons-les avant de procéder :

Paul écrit à Tite : « Je t’ai laissé en Crète, afin que tu mettes en ordre ce qui reste à régler, et que, selon mes instructions, tu établisses des anciens dans chaque ville, s’il s’y trouve quelque homme irréprochable, mari d’une seule femme, ayant des enfants fidèles, qui ne soient ni accusés de débauche ni rebelles. Car il faut que l’évêque soit irréprochable, comme économe de Dieu ; qu’il ne soit ni arrogant, ni colère, ni adonné au vin, ni violent, ni porté à un gain déshonnête ; mais qu’il soit hospitalier, ami des gens de bien, modéré, juste, saint, maître de soi, attaché à la vraie parole telle qu’elle a été enseignée, afin d’être capable d’exhorter selon la saine doctrine et de réfuter les contradicteurs. » Ces critères s’accordent parfaitement avec ceux que Paul a inclus dans son épître à Timothée : « Cette parole est certaine : Si quelqu’un aspire à la charge d’évêque, il désire une œuvre excellente. Il faut donc que l’évêque soit irréprochable, mari d’une seule femme, sobre, modéré, réglé dans sa conduite, hospitalier, propre à l’enseignement. Il faut qu’il ne soit ni adonné au vin, ni violent, mais indulgent, pacifique, désintéressé. Il faut qu’il dirige bien sa propre maison, et qu’il tiennent ses enfants dans une parfaite honnêteté ; car si quelqu’un ne sait pas diriger sa propre maison, comment prendra-t-il soin de l’Église de Dieu ? Il ne faut pas qu’il soit un nouveau converti, de peur qu’enflé d’orgueil il ne tombe sous le jugement du diable. Il faut aussi qu’il reçoive un bon témoignage de ceux du dehors, afin de ne pas tomber dans l’opprobre et dans les pièges du diable. »

Ce qui n’est pas exigé

Il est intéressant de noter que dans ces passages l’apôtre ne dit rien pour suggérer qu’un pasteur doit détenir un diplôme de la part d’une école biblique ou théologique, un grand ou petit séminaire ou autre école de formation. Ce n’est pas pour dire que de telles études ne peuvent pas être utiles ; mais on peut suivre avec succès une telle formation formelle dans une école reconnue, sans pour autant être qualifié, aux yeux de Dieu, à servir comme pasteur dans son Église. Pareillement, on peut remplir tous les critères bibliques sans avoir eu l’occasion de fréquenter une école de formation « pastorale ».

On peut signaler aussi qu’un salaire de la part de l’Église n’a rien à voir avec qui peut ou ne peut pas être considéré comme pasteur. Tandis que 1 Timothée 5.17,18 indique clairement qu’un ancien, c’est-à-dire pasteur ou évêque, peut être soutenu par l’Église, les nombreux anciens qui servent leurs assemblées sans recevoir de l’aide financière ne sont pas moins « pasteurs » que les autres.

Ce qui est exigé

Voyons donc ce que la Bible exige comme qualités chez celui qui « aspire à la charge d’évêque ». Elles sont résumées par le mot « irréprochable », mais elles peuvent être regroupés en trois catégories : les critères qui se rapportent au caractère ou à la moralité, ceux qui se rapportent à la vie et l’expérience familiales, et ceux qui se rapportent à la connaissance de la Parole de Dieu et l’expérience dans l’Église.

Étant, comme le dit 1 Pierre 5.3, « les modèles du troupeau », les anciens doivent démontrer dans leur vie de tous les jours un bon caractère chrétien. Ils doivent, par exemple, avoir la maîtrise de soi, qui se manifeste concrètement de plusieurs manières. Paul dit qu’un ancien ne doit pas être quelqu’un de « coléreux, ni violent ». Un homme qui se fâche facilement ou qui donne des coups de poing ou des claques (que ce soit à sa femme ou à un autre homme) n’est pas prêt à prendre soin de l’Église. Il ne doit pas être « adonné au vin », car l’alcool enlève le bon jugement et détruit souvent la réputation. Il doit être « sobre », c’est-à-dire vigilant, exempt de tout excès, toute passion et tout désordre. Il est maître de lui-même. D’autres qualités de l’ancien se rapportent à sa façon de s’entendre avec les autres. Il doit être « pacifique » et non querelleur. Il est « indulgent » – c’est-à-dire il est porté à pardonner, et il est tolérant quand il convient de l’être. Son « hospitalité » se voit dans sa disposition de recevoir ou héberger des étrangers ou des hôtes. Un pasteur ou ancien doit aussi avoir de la piété. Il est « désintéressé », ce qui veut dire qu’il n’est pas motivé par l’amour de l’argent. C’est ainsi qu’il n’est pas « porté à un gain déshonnête », c’est-à-dire un gain acquis d’une manière immorale ou en quelque sorte honteuse. Il n’est pas « arrogant ». Il doit être « juste », « saint », et « ami du bien ». Compte tenu de son caractère, il reçoit « un bon témoignage de ceux du dehors », c’est-à-dire les non-chrétiens.

Pour ce qui est de la vie et expérience familiales, les épîtres à Timothée et à Tite précisent tous les deux qu’un évêque doit être « mari d’une seule femme ». L’expression grecque dit littéralement qu’il doit être « un homme à une seule femme ». Ce terme n’exclut pas seulement le polygame, mais aussi celui qui n’est pas fidèle à sa femme ou qui divorce sans cause biblique pour se remarier à une autre ; il exclut, aussi, bien sûr, le célibataire. Loin d’ordonner que les évêques soient des hommes qui font un vœu de célibat, la Bible dit qu’ils doivent être des mariés. Un célibataire peut être évangéliste ou prédicateur. L’apôtre Paul, par exemple, n’avait pas de femme, et il s’est dit prédicateur. Mais beaucoup sont surpris d’apprendre que Paul ne s’est jamais référé à lui-même comme étant un pasteur, ancien ou évêque. Nous savons, par contre, que l’apôtre Pierre (qui portait aussi le nom Céphas) s’est appelé un ancien en 1 Pierre 5.1. Mais Pierre était un homme marié. Dans l’Évangile de Matthieu, 8.14, il est question de sa belle-mère. Certains pensent que Pierre a dû laisser sa femme plus tard pour servir d’apôtre. Mais 1 Corinthiens 9.5 montre que tel n’était pas le cas. Paul dit à son sujet et celui de Barnabas : « N’avons-nous pas le droit de mener avec nous une sœur qui soit notre femme, comme font les autres apôtres, et les frères du Seigneur, et Céphas ? » Pierre se faisait accompagner de sa femme pendant son travail d’apôtre. Certains qui se disent « pasteurs » aujourd’hui sont bien mariés, mais ils ne remplissent pas le critère suivant. Selon Tite 1.6, l’ancien ou le pasteur doit avoir « des enfants fidèles ». Le mot « fidèles » (ou « croyants » selon certaines traductions) suppose qu’ils étaient nécessairement baptisés. Il n’y avait pas, en effet, de catégorie « croyants non-baptisés » dans l’Église du premier siècle. Le fait que, selon le même verset, ces enfants ne devaient être « ni accusés de débauche ni rebelles » sous-entend que Paul ne parle pas de très jeunes enfants, mais de fils et de filles assez grands (ou grandes) pour être capables de vivre dans la débauche (une vie indisciplinée et extravagante, une vie immorale). Mais grâce à l’exemple et l’éducation donnée par leur père, ces jeunes gens vivent dans la pureté, de manière respectable. Le foyer est, en effet, un contexte où l’ancien potentiel fait ses preuves – « Il faut qu’il dirige bien sa propre maison… car si quelqu’un ne sait pas diriger sa propre maison, comment prendra-t-il soin de l’Église de Dieu ? » Un homme qui n’a pas de famille peut être un très bon chrétien, mais il y a sans doute des expériences qu’un homme acquiert en tant que mari et père de famille que Dieu a jugé nécessaires pour celui qui doit jouer le rôle de pasteur. C’est la vraie école pastorale, si vous voulez.

Enfin, certains critères bibliques se rapportent à la connaissance de la Parole de Dieu et l’expérience dans l’Église. Il doit être « propre à l’enseignement », c’est-à-dire capable d’expliquer et de défendre la vérité, soit publiquement soit en privé. Il doit être « attaché à la vraie parole », et pas simplement quelqu’un qui a la parole facile ou une certaine éloquence quand il se tient devant un public pour parler. La fonction de l’ancien exige qu’il soit capable d’exhorter et de réfuter l’erreur. La sauvegarde de la saine doctrine est un souci majeur pour les anciens.

Compte tenu du rôle d’enseignement public dans l’Église et de l’autorité que les évêques ou pasteurs doivent exercer dans leur tâche, il est évident qu’une femme ne peut pas être pasteur, au moins pas selon la Parole de Dieu. 1 Timothée 2.12 dit clairement : « Je ne permets pas à la femme d’enseigner, ni de prendre de l’autorité sur l’homme ; mais elle doit demeurer dans le silence. »

Une préparation longue et sérieuse

1 Timothée 3.1 dit : « Si quelqu’un aspire à la charge d’évêque, il désire une œuvre excellente. » C’est une œuvre excellente et très importante pour l’Église. Mais compte tenu des critères que nous venons de voir, c’est une œuvre qui demande une préparation longue et sérieuse. Ce n’est pas deux ans ou quatre ans dans une école qui suffisent pour qualifier un homme. Si vous voulez servir Dieu dans cette fonction, purifiez d’abord vos motifs – ne recherchez pas cette responsabilité pour l’honneur, le pouvoir ou l’argent. Cherchez plutôt à rendre service à l’Église de Dieu, en espérant la récompense que lui seul pourra donner. 1 Pierre 5.2-4 exhorte les anciens en ces termes : « Paissez le troupeau de Dieu qui est sous votre garde, non par contrainte, mais volontairement, selon Dieu ; non pour un gain sordide, mais avec dévouement, non comme dominant sur ceux qui vous sont échus en partage, mais en étant les modèles du troupeau. Et lorsque le souverain pasteur paraîtra, vous obtiendrez la couronne incorruptible de la gloire. » Si vous voulez être un jour qualifié pour servir Dieu de cette façon, commencez déjà à prendre soin de votre famille, non seulement sur le plan matériel mais aussi sur le plan spirituel. Si vous n’êtes pas encore marié, cherchez une femme chrétienne qui vous aidera à fonder un foyer qui soit agréable à Dieu. Puis entretenez bien ce mariage. Veillez à l’éducation spirituelle des enfants. Faites tout pour croître dans le Seigneur et développer les traits de caractère d’un chrétien qui prend Jésus comme modèle. Et consacrez-vous à l’étude biblique ; cultivez dans votre cœur un amour sincère de la parole du Seigneur.

Conclusion

Vous avez peut-être pu constater que beaucoup de personnes aujourd’hui portent les noms de pasteur, d’évêque ou d’ancien sans pour autant être qualifiés selon les Écritures. En plus, le rôle qu’ils cherchent à jouer ne correspond souvent pas au rôle décrit dans le Nouveau Testament. Ce n’est qu’un exemple de plus des nombreuses manières par lesquelles les hommes ont déformé ce que Dieu a prévu pour son Église et se sont éloignés de sa volonté. Mais la Bible est toujours là pour guider tous ceux qui désirent se conformer à la vérité. Si nous voulons être véritablement l’Église que Jésus a promis bâtir, délaissons les titres et les pouvoirs auxquels nous n’avons pas droit, et faisons retour à la Bible.

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Les rôles de leader dans l’Église : docteurs, diacres, autres membres

Dans le monde dit « chrétien » il y a de nos jours une multitude de titres et de fonctions que les hommes ont créés. On trouve des curés, des évangélistes suprêmes, des archevêques, des présidents, des cardinaux, des monseigneurs, des abbés, des patriarches, des praticiens, des généraux, des révérends, et j’en passe. Mais les fonctions mentionnées dans le Nouveau Testament sont relativement peu nombreuses. Nous avons étudié les rôles des apôtres et des prophètes, dont le travail a été achevé au premier siècle avec la révélation et la confirmation de l’Évangile. Nous avons aussi vu le travail des évangélistes et des pasteurs (appelés également évêques ou anciens). Il ne reste que deux autres fonctions dans l’Église qui sont nommées dans le Nouveau Testament : celles de docteur et de diacre.

Les docteurs

En français le terme docteur désigne le plus souvent soit un médecin soit une personne qui a obtenu un « doctorat », c’est-à-dire un diplôme universitaire récompensant un travail de recherche mené après un DEA. En fait, ce mot est dérivé du mot latin « doctor », qui signifie simplement « enseignant ». C’est dans ce sens que le mot « docteur » est employé dans la Bible. Il ne sous-entend pas de diplôme particulier. Le mot « maître » est souvent employé pour traduire le même mot grec. Actes 13.1 est un verset où nous trouvons le mot « docteur » : « Il y avait dans l’Église d’Antioche des prophètes et des docteurs. » Ce verset fait une distinction entre prophète et docteur. Les deux mots ne sont pas interchangeables. Les prophètes révélaient, par inspiration du Saint-Esprit, de nouvelles vérités, celles que Dieu n’avait pas fait connaître auparavant ; les docteurs ou enseignants expliquaient le sens de la Parole de Dieu et en faisaient l’application. Il s’agit donc d’un autre rôle qui continuera toujours dans l’Église. On aura toujours besoin de personnes qui, de par leurs études minutieuses des Écritures et leur capacité à faire comprendre aux autres, nous aident à apprendre ce que le Seigneur nous dit à travers sa Parole. Dans un sens tous les chrétiens devraient progresser dans leur connaissance au point de pouvoir enseigner à d’autres personnes. L’auteur de l’Épître aux Hébreux adresse des reproches à certains disciples en ces termes : « Vous, en effet, qui depuis longtemps devriez être des maîtres, vous avez encore besoin qu’on vous enseigne les premiers rudiments des oracles de Dieu, vous en êtes venus à avoir besoin de lait et non d’une nourriture solide » (Hébreux 5.12). En même temps, Paul dit en 1 Corinthiens 12.29 que tous dans l’Église ne devraient pas s’attendre à être docteurs, de même qu’on ne s’attend pas tous à être apôtres ou faiseurs de miracles. Et Jacques 3.1 dit : « Ne soyez pas nombreux à vouloir être docteurs, mes frères, car vous savez que nous subirons un jugement plus sévère » (Version Colombe). Tandis qu’on peut bien être docteur sans avoir toutes les qualifications d’un ancien, pour être un ancien de l’Église il faut être capable d’enseigner.

Il n’existe pas de niveau précis de connaissances à atteindre qu’on peut évaluer ou un diplôme particulier qu’il faut obtenir pour être enseignant. On dit parfois qu’au pays des aveugles le borgne est roi, et dans une certaine mesure ceci est aussi vrai en ce qui concerne l’enseignement. Celui qui, dans un groupe donné, ne serait pas choisi comme maître parce que plusieurs autres ont plus de connaissances que lui, pourrait, dans un autre groupe, être l’enseignant le plus qualifié. C’est relatif. Mais quelle que soit leur situation, ceux qui enseignent la Parole de Dieu dans l’Église doivent prendre cette responsabilité très au sérieux et bien étudier. Ils doivent écouter l’exhortation adressée au jeune prédicateur en 2 Timothée 2.15 : « Efforce-toi d’être digne de l’approbation aux yeux de Dieu, comme un ouvrier qui n’a pas à avoir honte de son travail, qui annonce correctement le message de la vérité » (FC).

Les diacres

La dernière fonction dans l’Église du Nouveau Testament que nous examinerons est celle de diacre. Ce mot est la forme francisée du mot grec, diakonos, qui signifie « serviteur », non pas dans le sens d’un esclave, mais dans celui de quelqu’un qui sert volontairement, de bon gré. Ce mot est employé dans la Bible pour parler des domestiques (Jean. 2.5), et de tous les chrétiens qui doivent suivre l’exemple de Jésus, qui est venu non pour être servi mais pour servir et qui dit : « Quiconque veut être grand parmi vous, qu’il soit votre serviteur » (Marc 10.43,45). Le mot est aussi employé pour désigner certaines personnes officiellement choisies selon des critères particuliers pour accomplir un service dans l’Église. Quand il s’agit de ce dernier sens, le mot est généralement traduit par « diacre » plutôt que « serviteur » ou « ministre ». C’est le contexte qui permet généralement de déterminer si un passage utilise le mot diakonos de cette façon, comme une fonction dans l’Église. Les deux passages qui l’emploient le plus clairement de cette façon sont Philippiens 1.1, où Paul adresse son épître « à tous les saints en Jésus-Christ qui sont à Philippes, aux évêques et aux diacres », et 1 Timothée 3.8-10,12,13, où il donne les critères à remplir par les diacres.

La Bible ne définit pas le genre de service rendu par les diacres. Beaucoup estiment que leur travail concernait souvent la distribution de l’aide aux pauvres, les visites aux malades, le soin des biens matériels de l’Église ou de ses lieux de culte, et d’autres tâches d’ordre plutôt matériel. Cette description fait penser aux hommes choisis par l’Église de Jérusalem en Actes 6 pour veiller à la juste distribution de la nourriture aux veuves, pour que les apôtres puissent continuer à se consacrer à la parole et à la prière au lieu de servir aux tables. Généralement on estime que les anciens peuvent bien déléguer à des diacres d’autres tâches, liées à l’enseignement, à l’adoration, à l’organisation de différentes activités concernant la vie de l’Église. Mais ce qui est certain, c’est que les diacres ne constituaient pas une sorte de collège, de comité ou de conseil qui surveillait tout le travail de l’Église, engageait ou renvoyait le prédicateur, et gérait les finances. Les évêques ou anciens étaient les « surveillants » de l’assemblée.

La Parole de Dieu précise les qualifications qu’un homme doit posséder avant d’être choisi comme diacre. 1 Timothée 3 dit : « Les diacres aussi doivent être honnêtes, éloignés de la duplicité, des excès du vin, d’un gain sordide, conservant le mystère de la foi dans une conscience pure. Qu’on les éprouve d’abord, et qu’ils exercent ensuite leur ministère s’ils sont sans reproche… Les diacres doivent être maris d’une seule femme, et diriger bien leurs enfants et leurs propres maisons ; car ceux qui remplissent convenablement leur ministère s’acquièrent un rang honorable, et une grande assurance dans la foi en Jésus-Christ. » Dans certaines Églises on constate que des hommes sont choisis comme diacres – qu’ils soient des chrétiens mûrs ou pas, qu’ils aient un bon caractère ou pas – parce qu’ils ont les moyens financiers de pouvoir aider l’Église. En les nommant diacres, ces Églises cherchent à les flatter et à les retenir dans l’assemblée. Elles ne tiennent pas compte des critères donnés sous l’inspiration divine, et une telle façon de faire ne peut plaire à Dieu. Remarquez que, contrairement aux qualifications des anciens en Tite 1.6, il n’est pas exigé que les diacres aient des enfants déjà chrétiens. Ils sont souvent moins âgés que les anciens et sont donc toujours en train d’élever leurs enfants. Il n’est pas nécessaire qu’ils soient aptes à enseigner, mais ils doivent s’attacher à la vérité (« conserver le mystère de la foi »). Les anciens sont, par contre, des hommes plus mûrs et expérimentés.

Les autres membres

Depuis très longtemps, les hommes ont créé une distinction dans les Églises entre ceux qui sont appelés « le clergé » et ceux qu’on appelle « les laïcs ». Le clergé, appelé parfois la hiérarchie de l’Église, serait composé de ceux qui sont spécialement consacrés au service de Dieu et qui sont les seuls à être autorisés à administrer la communion, le baptême et d’autres cérémonies. Ils sont parfois vus comme étant les « professionnels » de la religion. Les laïcs, par contre, seraient plus préoccupés par les choses temporelles que spirituelles. Ils sont souvent des assistants ou des spectateurs plutôt que des participants actifs. Se voyant comme des non-initiés et ne voulant pas prendre le temps nécessaire, ils laissent généralement au clergé le soin de connaître à fond la Parole de Dieu, de prendre les décisions et même de fournir une bonne part du travail de tout genre dans l’Église. Sachez que les termes « clergé » et « laïcs » ne se trouvent pas dans la Parole de Dieu. Ce qui est plus important, c’est qu’une telle distinction (l’idée de deux catégories de personnes au sein de l’Église) n’apparaît nulle part dans les pages du Nouveau Testament, là où nous découvrons la nature de l’Église du Seigneur.

Dans la Bible, l’accent est au contraire mis sur l’égalité de tous les membres. Jésus a donné un avertissement très clair à ceux qui ont envie de se voir exalter par rapport aux autres disciples. En prenant les pharisiens et les scribes juifs comme exemple à ne pas suivre, il dit : « Ils aiment la première place dans les festins, et les premiers sièges dans les synagogues ; ils aiment à être salués dans les places publiques, et à être appelés par les hommes Rabbi, Rabbi. Mais ne vous faites pas appeler Rabbi ; car un seul est votre Maître, et vous êtes tous frères. Et n’appelez personne sur la terre votre père ; car un seul est votre Père, celui qui est dans les cieux. Ne vous faites pas appeler directeurs ; car un seul est votre Directeur, le Christ » (Matthieu 23.6-10). La Bible insiste également sur la participation active de chaque membre. L’apôtre Paul insiste sur l’utilité de chaque membre de l’Église, quel que soit son talent. En 1 Corinthiens 12.20-27, il se sert d’une comparaison au corps humain. Voici la version Parole Vivante de ce texte :

« En fait, bien que les organes soient nombreux et divers, ils forment ensemble un seul corps. C’est pourquoi l’œil ne saurait dire à la main : “Je n’ai pas besoin de toi,” ni la tête aux pieds : “Je peux fort bien me passer de vous.” Au contraire, les parties du corps qui nous paraissent insignifiantes, celles qui sont faibles et cachées, sont particulièrement nécessaires. Et celles que nous estimons les moins dignes d’intérêt sont celles dont nous prenons le plus grand soin, de sorte que nous les traitons avec des égards dont les autres n’ont guère besoin. Dieu a fait de notre corps un ensemble harmonieux dans lequel il a disposé les différentes parties de manière à donner une fonction essentielle aux organes les plus humbles, afin qu’on honore davantage ceux qui manquent naturellement d’honneur. Il voulait par là éviter toute division dans le corps et donner aux différents membres un sens de solidarité réciproque : que chacun d’eux ait le souci des autres et leur témoigne une égale sollicitude. Un membre souffre-t-il ? Tous les autres en pâtissent et souffrent avec lui. Un membre est-il à l’honneur, tous les autres partagent sa joie. Or vous, vous constituez ensemble le Corps du Christ, et chacun de vous, pris à part, en est un membre ou un organe auquel Dieu a assigné sa place et sa fonction. »

Conclusion

Reconnaissons que toutes les fonctions dont nous avons parlées existent pour le bien de l’Église et non pas pour les personnes qui les remplissent. Les conducteurs de l’Église ne sont pas des vedettes ou des stars. Leur responsabilité n’est pas une occasion de dominer sur les autres ou de s’enrichir. Ils doivent servir humblement, se sacrifier chaque jour pour leurs frères et sœurs, et compter sur la récompense céleste que Dieu lui-même donnera.

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Le rôle des femmes

En examinant les différentes fonctions dans l’Église, certains ont pu remarquer qu’il n’y avait pas de femme parmi les apôtres. Il est précisé que les pasteurs ou évêques, ainsi que les diacres, doivent être « mari d’une seule femme » et « bien diriger leur famille » ; donc les femmes sont exclues de ces deux fonctions dans l’Église. Après tout, Paul aurait pu dire qu’il faut être « une personne mariée », mais il pensait uniquement aux hommes pour ces rôles. Faut-il conclure pour cela que les hommes sont plus importants pour Dieu que les femmes ? Les aime-t-il davantage ? Les considère-t-il comme ses seuls serviteurs ? Loin de là !

Des cohéritières de la grâce de Dieu

Dans l’Épître aux Galates, l’apôtre Paul parle du salut de ceux qui croient en Christ. Il nous dit que ce salut ne dépend pas du tout de la loi de Moïse, qui devait conduire les hommes à la foi en Christ. C’est par cette foi que nous devenons tous enfants de Dieu. « Car vous êtes tous fils de Dieu par la foi en Jésus-Christ ; vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu Christ. Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme ; car tous vous êtes un en Jésus-Christ » (Galates 3.26-28). Sous l’ancienne loi, la distinction entre les hommes et les femmes se voyaient de plusieurs manières : l’accès au temple, les sacrifices exigés, les peines administrées pour certaines fautes et le degré de responsabilité pour les engagements n’étaient pas pareils pour les hommes et les femmes. Mais le salut par la foi en Christ est sans distinction de ce genre. Il est devenu clair que, malgré les cérémonies incorporées dans la loi de Moïse, Dieu a le même amour pour chaque être humain. Tous ont la même grande valeur à ses yeux.

Non seulement Dieu attache autant de valeur et de dignité aux femmes qu’aux hommes, mais il exige des hommes ce même respect de la femme. En 1 Pierre 3.7 il dit aux maris d’honorer leur femmes, « comme devant aussi hériter avec vous de la grâce de la vie. Qu’il en soit ainsi, afin que rien ne vienne faire obstacle à vos prières. » De plusieurs manières la Bible nous apprend à ne pas mépriser une personne tout simplement parce qu’elle est du sexe féminin. Dans de nombreux pays l’influence de la Parole de Dieu a exalté les femmes et leur a donné une position d’honneur qui leur était inconnue auparavant. Au lieu de la considérer comme un être inférieur à exploiter, la Bible nous apprend que la femme est précieuse aux yeux de Dieu puisqu’elle aussi porte l’image de Dieu. Jésus est mort pour elle aussi. Elle aussi pourra jouir de la présence glorieuse de Dieu dans l’Éternité. Elle aussi peut rendre service au Seigneur dans son Église.

Quelques limites

Ayant constaté que les femmes sont très importantes pour Dieu, il faut dire que Dieu a fixé certaines limites aux activités des femmes dans l’Église. Ces limites concernent l’adoration publique et la direction de l’Église.

1. Il n’est pas permis aux femmes de prendre la parole lors des réunions de l’assemblée entière. 1 Corinthiens 14.33-35 nous dit : « Comme dans toutes les Églises des saints, que les femmes se taisent dans les assemblées, car il ne leur est pas permis d’y parler ; mais qu’elles soient soumises, selon que le dit aussi la loi. Si elles veulent s’instruire sur quelque chose, qu’elles interrogent leurs maris à la maison ; car il est malséant à une femme de parler dans l’Église. »

Le contexte de 1 Corinthiens 14 montre clairement qu’il s’agit bien d’une réunion pour l’adoration de Dieu et l’édification de toute l’assemblée. La règle concernant le silence de la femme ne s’applique pas à tout entretien religieux, puisque ce qui n’était pas permis dans l’Église était bien permis ailleurs. Elle peut, par exemple, parler de choses spirituelles à la maison avec son mari. On a la nette impression qu’une femme nommée Priscille, en s’associant à son mari, a même aidé à enseigner un homme (Actes 18.24-26). Mais c’était en privé. Elle n’a pas pris la parole dans l’Église.

2. Il n’est pas permis aux femmes de prendre de l’autorité sur l’homme. Paul poursuit en 1 Timothée 2.11,12 en disant : « Que la femme écoute l’instruction en silence, avec une entière soumission. Je ne permets pas à la femme d’enseigner, ni de prendre de l’autorité sur l’homme ; mais elle doit demeurer dans le silence. » L’apôtre continue en citant deux raisons pour cette loi de Dieu : (1) La femme fut créée après l’homme, pour être son aide et non pas son chef ; et (2) La soumission fait partie aussi des conséquences du fait que la femme commit du péché la première dans le jardin d’Éden. Ce n’est pas parce que la femme serait moins intelligente ou moins capable de parler en public. Mais Dieu ne lui a pas donné le rôle de leadership dans l’Église.

Quelques rôles que les femmes jouent

Il reste, néanmoins, beaucoup que les femmes peuvent faire dans l’Église. De nombreux prédicateurs ont exprimé la conviction que l’œuvre de l’Église ne peut réussir nulle part sans le soutien de femmes chrétiennes. Loin d’être superflues dans le travail de l’Église, les femmes sont indispensables. Dans bien des cas la survie d’une assemblée peut s’attribuer directement à la fidélité et au zèle de ses femmes.

Paul a plusieurs fois fait mention de sœurs en Christ qui lui rendaient service dans ses labeurs. De Syntyche et Évodie il écrit : « Elles ont combattu pour l’Évangile avec moi » (Philippiens 4.2,3). Il dit que toutes les Églises des païens étaient reconnaissantes envers, non seulement Aquilas, mais aussi sa femme Prisca pour le service qu’ils avaient rendu (Romains 16.3,4).

Voyons donc quelques domaines où les femmes peuvent se rendre très utiles.

1. L’évangélisation. L’évangélisation, c’est le fait de partager avec d’autres personnes la bonne nouvelle de Jésus-Christ. Pour évangéliser on n’a pas forcément besoin de prêcher aux grandes foules comme le faisaient Pierre et Paul. On peut étudier la Bible avec des individus en privé. On peut distribuer des brochures ou proposer des cours bibliques. On peut inviter ses amis et connaissances à assister à une réunion de l’Église ou une séance d’évangélisation. Les femmes peuvent faire toutes ces choses et aider à gagner des âmes.

2. L’enseignement. De nombreuses sœurs en Christ ont une connaissance profonde de la Parole de Dieu et la vie chrétienne. Elles peuvent enseigner. Le Nouveau Testament dit en Tite 2.3-5, par exemple, que les femmes âgées « doivent donner de bonnes instructions, dans le but d’apprendre aux jeunes femmes à aimer leurs maris et leurs enfants, à êtres retenues, chastes, occupées aux soins domestiques, bonnes, soumises à leurs maris, afin que la parole de Dieu ne soit pas blasphémée. » Selon 2 Timothée 1.5, la mère et la grand-mère de Timothée, dont le père était grec et ne connaissait pas Dieu, lui avaient enseigné la Parole de Dieu. Les femmes chrétiennes enseignent non seulement leur propres enfants, mais aussi ceux des autres. Elles organisent très souvent des classes bibliques pour les enfants dans les assemblées et dans les quartiers, contribuant ainsi au bien-être de l’Église dans les générations à venir.

3. La bienfaisance. Le livre des Actes nous parle d’une femme chrétienne appelée Tabitha, ou Dorcas, qui « faisait beaucoup de bonnes œuvres et d’aumônes ». Lorsqu’elle est morte et que Pierre est arrivé sur la scène, « toutes les veuves l’entourèrent en pleurant, et lui montrèrent les tuniques et les vêtements que faisait Dorcas pendant qu’elle était avec elles » (Actes 9.36,39). L’Église a toujours besoin de femmes comme Dorcas qui emploient leur temps et leurs talents pour aider les autres. Certaines sœurs viennent au secours des malades, non seulement par les soins, mais aussi en préparant de la nourriture, en faisant le ménage ou la lessive et en s’occupant des enfants. D’autres se servent de leurs moyens pour aider les plus pauvres avec leurs besoins. D’autres s’organisent pour aider les vieilles personnes dans leurs assemblées à faire des tâches difficiles : elles ramassent des fagots pour le feu de cuisine ou donnent un coup de main aux champs. Toutes ces choses glorifient notre Dieu.

4. L’encouragement. La Bible nous dit de « nous exhorter réciproquement » (Hébreux 10.25), de « consoler ceux qui sont abattus, de supporter les faibles » (1 Thessaloniciens 5.14). Tout le monde a parfois besoin d’un mot d’encouragement, et ce mot peut être offert par une sœur aussi bien que par un frère. Une sœur peut mettre à l’aise un visiteur à l’Église par son accueil chaleureux. Elle peut rendre visite à un membre de l’Église qui faiblit et l’encourager à revenir au Seigneur. Elle peut aller auprès d’une personne en deuil pour la consoler. Elle peut offrir des mots d’encouragement à un jeune homme et l’influencer à consacrer sa vie au Seigneur en tant qu’évangéliste.

5. Les dons financiers. Tous les chrétiens sont appelés à soutenir l’œuvre de l’Église par leurs dons (1 Corinthiens 16.1,2; etc.) Beaucoup de femmes ont leurs propres moyens financiers grâce à un emploi, un petit commerce, ou d’autres activités. L’argent gagné permet de servir le Seigneur par une participation généreuse à la collecte de chaque dimanche. En plus de cette participation, certaines femmes achètent et offrent à l’Église du matériel tel que des livres de cantiques, des bancs, etc.

6. L’hospitalité. Quand il y a des visiteurs d’ailleurs, surtout ceux qui viennent assister dans l’oeuvre du Seigneur, les femmes sont souvent impliquées dans les devoirs de l’hospitalité. Elles préparent les repas, chauffent de l’eau pour les bains, apprêtent la chambre et s’occupent de la plupart des besoins de l’hôte. Si elles le font de bon cœur et de manière gracieuse, c’est encore un grand service qu’elles rendent pour la gloire de Dieu.

7. L’intercession. 1 Timothée 5 parle d’un groupe de veuves dans l’Église qui étaient spécialement consacrées à un ministère de prière. Une telle femme « persévère nuit et jour dans les supplications et les prières » (1 Timothée 5.5). Que ce soit une occupation « à plein temps » ou pas, la prière est puissante, et en la faisant une femme juste peut accomplir beaucoup de bien. Elle peut consacrer du temps régulièrement à la prière pour son assemblée et pour les membres individuels qui la composent, pour sa famille, pour ceux qui prêchent ailleurs, bref pour un nombre infini de sujets.

8. Diverses tâches. On ne finira pas d’énumérer tous les services que les femmes peuvent rendre dans l’Église. On n’a pas encore cité la préparation de plats pour des repas en commun à l’Église, le nettoyage et l’embellissement du lieu de culte, la garde de l’argent de l’Église, la correspondance de l’Église et un tas d’autres services.

Les femmes représentent un grand réservoir de talent et d’énergie que Dieu a donné à son Église. En vérité, leurs efforts sont indispensables ! Nous ne voulons point minimiser l’importance de leur rôle dans l’Église. Mais reconnaissons que l’Église n’est pas une démocratie où l’opinion publique peut imposer des changements. C’est un royaume dont Jésus est le seul roi. Quand l’apôtre Paul écrivait du silence des femmes dans les assemblées, il a précisé : « Si quelqu’un croit être prophète ou inspiré, qu’il reconnaisse que ce que je vous écris est un commandement du Seigneur » (1 Corinthiens 14.37). Les Églises de nos jours qui trouvent des arguments pour mettre de côté les commandements du Seigneur ont tort de s’éloigner du modèle biblique. Si nous voulons être véritablement l’Église que Jésus a bâtie, nous nous soumettrons à son autorité dans cette affaire, comme dans toute autre.

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