Le pouvoir de la prière

Dieu entend-il nos prières ? Dieu répond-il aux prières que nous lui adressons et comment y répond-il ? Nos prières sont-elles capables d’influer sur ses décisions ? Y a-t-il des prières auxquelles Dieu ne répond pas et pourquoi ?

Parmi les nombreuses questions que l’homme peut poser sur ce sujet si vaste qu’est la prière, celles que nous venons de rappeler sont les plus fréquentes. La plupart de ces questions trahissent le fait que, pour beaucoup de gens, la prière est encore un domaine inexploré. On l’aborde avec beaucoup d’hésitation et de scepticisme. Dès qu’on mentionne ce sujet, on pense aux prières apprises par cœur qu’on récite machinalement, en toutes circonstances, dix, vingt, trente fois d’affilée. Lorsqu’on s’adonne à ce qu’il convient, hélas ! d’appeler ces formes caricaturales de la prière, a-t-on le droit de se moquer des Tibétains et de leurs moulins à prières ?

Notre père connaît nos besoins

Jésus a dit :

« En priant, ne multipliez pas de vaines paroles, comme les païens, qui s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés. Ne leur ressemblez pas ; car votre Père sait de quoi vous avez besoin avant que vous le lui demandiez. » (Matthieu 6.7,8)

La Bible tout entière respire ce sujet. Le jour de la fondation de l’Église, la Bible nous dit que tous les baptisés persévéraient « dans l’enseignement des apôtres, dans la communion fraternelle, dans la fraction du pain et dans les prières » (Actes 2.42).

L’apôtre Paul écrit :

« Ne vous inquiétez de rien ; mais en toutes choses faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, avec des actions de grâces. » (Philippiens 4.6)

« J’exhorte donc », écrit-il encore, « avant toutes choses, à faire des prières, des supplications, des requêtes, des actions de grâces pour tous les hommes, pour les rois et pour tous ceux qui sont élevés en dignité, afin que nous menions une vie paisible et tranquille, en toute piété et honnêteté. Cela est bon et agréable à Dieu notre Sauveur. » (1 Timothée 2.1-3)

Tous ces passages, parmi tant d’autres que nous aurions pu citer, nous donnent une notion précise de la prière. Elle est tantôt une requête pour soi-même, tantôt une supplication en faveur de quelqu’un ; tantôt elle est une action de grâces pour dire merci. Dans tous ces aspects, elle est essentiellement la vie de l’âme. Car la vie veut dire UNION comme la mort signifie SÉPARATION ; ainsi la prière unit l’âme à Dieu dans une sorte de respiration spirituelle qui anime, fortifie et enrichit.

Certaines personnes pensent et enseignent que la seule valeur réelle de la prière, sa seule utilité pratique, réside en ce qu’elle permet un épanchement du trop-plein de l’âme, épanchement qui soulage et délivre. Ce point de vue n’est pas biblique. Il n’est donc pas sain. Il fausse la vraie définition de la prière, car il la réduit à une simple séance d’autosuggestion. On peut obtenir exactement le même effet de soulagement en parlant tout haut à un poteau télégraphique !

Pas une affaire de psychiatre

Or, la prière n’est pas affaire de psychiatrie. Elle n’est pas un bon tour qu’on se joue à soi-même. Elle est réellement une communication avec un Dieu vivant, qui entend, qui écoute, qui comprend et qui répond. Nous verrons plus tard comment il répond aux prières.

Tout à l’heure, nous avons relevé une parole de Christ où il nous dit : « Votre Père sait de quoi vous avez besoin avant que vous le lui demandiez. » Instinctivement, nous sommes enclins à demander : « Pourquoi prier Dieu puisqu’il sait d’avance ce dont nous avons besoin ? » En fait, celui qui a déjà prié Dieu ne pose pas ce genre de question, car il sait que la prière est une preuve de son attachement, une démonstration de sa dépendance vis-à-vis de Dieu, une expression de son besoin de lui. Paul dit que la volonté de Dieu est que les hommes cherchent le Seigneur et qu’ils s’efforcent de le trouver en tâtonnant, bien qu’il ne soit pas loin de chacun de nous (Actes 17.27).

Écoutez le conseil de David à son fils Salomon alors que ce dernier s’apprêtait à prendre la succession de son père :

« Et toi, Salomon, mon fils, connais le Dieu de ton père, et sers-le d’un cœur dévoué et d’une âme bien disposée, car l’Éternel sonde tous les cœurs et pénètre tous les desseins et toutes les pensées. Si tu le cherches, il se laissera trouver par toi ; mais si tu l’abandonnes, il te rejettera pour toujours. » (1 Chroniques 28.9)

« Si tu le cherches »

« Si tu le cherches, il se laissera trouver par toi » ; nous avons ici le prélude aux enseignements de Jésus qui dira plus tard :

« Demandez, et l’on vous donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez, et l’on vous ouvrira. Car quiconque demande reçoit, celui qui cherche trouve, et l’on ouvre à celui qui frappe. » (Matthieu 7.7,8)

Vous demandez mal

Quelqu’un dira : « Mais j’ai demandé et je n’ai jamais été exaucé. » Ce genre de remarque provient souvent d’un sentiment d’amertume et de déception : « J’ai essayé votre recette, mais ça n’a pas réussi ! » Qu’a-t-on demandé dans ces prières ? Gagner à la loterie nationale ? aux courses ? obtenir de l’avancement ? Dans ces cas, qui ne sont pas aussi exceptionnels qu’on le pense, on invoque Dieu comme on invoque le dieu de la chance, de la fortune ou du hasard !

Jacques répond sans ambages :

« Vous demandez, et vous ne recevez pas parce que vous demandez mal ; dans le but de satisfaire vos passions. » (Jacques 4.3)

Il ne répond pas toujours à nos attentes

Il est vrai que nombreux sont ceux qui demandent dans leurs prières des choses apparemment plus raisonnables, du moins plus légitimes. Dieu répond à ces prières d’une manière qui ne correspond pas toujours à notre attente. L’exemple suivant nous en donne une excellente illustration : cette jeune fille envisageait sérieusement de s’embarquer pour l’Inde. Elle voulait y faire du travail de mission tout en remplissant les fonctions d’infirmière. Peu de temps avant son départ, sa mère tombe gravement malade. Il faut rester près d’elle. Deux années passent et la maman meurt. Plus rien ne rattache la jeune fille qui est plus décidée que jamais à consacrer sa vie au service du Seigneur en servant les autres. Tandis que ses préparatifs sont en cours et qu’elle remercie déjà le Seigneur de lui favoriser cette vocation, le courrier lui apporte des nouvelles de sa sœur. Elle aussi est tombée malade. Elle n’a plus de mari… et quatre enfants. Pas question de partir alors que des membres de sa propre famille ont besoin d’elle. En deux semaines, la maladie emporte la sœur de cette jeune femme qui reste seule avec quatre enfants à charge. Plus question de partir maintenant. Dieu avait-il été sourd aux prières de cette femme ? Non pas, la réponse vint plus tard… 22 ans plus tard lorsque trois des quatre enfants qu’elle avait élevés s’embarquèrent pour les Indes en tant que missionnaires chrétiens.

Ainsi, Dieu exauce parfois immédiatement une prière. Parfois il choisit de ne pas l’exaucer, car il voit plus loin que nous. Et parfois il nous demande d’attendre un peu.

Ceux d’entre nous qui ont de jeunes enfants vérifient tous les jours ce que nous venons de dire. Des questions telles que : « Papa, achète-moi un éléphant » ou « Laisse-moi jouer avec ton couteau » n’obtiendront pas le même accueil que « Maman, puis-je avoir une orange ? »

Il est probable que nous méritons souvent la même réprimande que le Seigneur fit à certains de ses disciples : « Vous ne savez ce que vous demandez » (Matthieu 20.22).

Une influence réelle

Il est une autre caractéristique de la prière que nous devons souligner, c’est le fait qu’elle constitue une influence réelle auprès de Dieu. Souvenons-nous du contexte des exhortations à la prière ; Paul dit par exemple :

« Priez pour moi, AFIN QU’IL me soit donné, quand j’ouvre la bouche, de faire connaître hardiment et librement le mystère de l’Évangile. » (Éphésiens 6.19)

Paul savait donc que les prières des frères en sa faveur avaient le pouvoir de favoriser en lui cette disposition dont il avait besoin pour prêcher l’Évangile. Souvenons-nous aussi des prières d’intercession de Moïse en faveur d’un peuple d’Israël ingrat, pécheur et rebelle. Après l’épisode du veau d’or, Dieu déclare à Moïse qu’il a l’intention de les consumer tous dans sa colère et de faire de Moïse une grande nation. C’est alors que Moïse implore et supplie Dieu pour qu’il revienne sur sa décision, et l’Éternel fait miséricorde au peuple grâce à l’intercession de Moïse (Exode 32.7-14). Ces cas de médiation sont nombreux dans l’Ancien Testament. Ils préfigurent en fait le grand, l’unique médiateur, Jésus-Christ, qui intercédera en faveur des coupables que nous sommes tous.

La prière du pécheur

La prière est une puissance trop ignorée. N’est-ce pas Jacques, l’apôtre, qui déclarait : « La supplication du juste a beaucoup de puissance » (Jacques 5.16) ? À cette déclaration on répondra : « Encore faut-il être juste pour disposer des bienfaits de la prière… et qui est juste ? »

Cette question nous plonge à présent en plein cœur du sujet. Personne, en réalité, n’est juste. Il y a cependant des justifiés. Qui sont-ils ? Ce sont ceux qui ont cru en Jésus-Christ, qui se sont repentis et qui ont été baptisés en son nom. Pour utiliser un vocabulaire biblique, ce sont ceux qui ont « revêtu le Christ » après s’être débarrassés « du corps du péché » (Galates 3.27; Romains 6.3-6).

« Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ pour le pardon de vos péchés. » (Actes 2.38)

Tel est le commandement. Par cet acte d’obéissance, l’homme s’identifie avec le Christ dont il s’approprie les mérites qu’il s’est acquis sur la croix. Il accepte de se faire en quelque sorte représenter par le Christ auprès de Dieu. Il devient ainsi justifié, c’est-à-dire considéré comme juste et traité comme tel. Dorénavant, il peut prier « au nom de Jésus-Christ », c’est-à-dire au nom de son intercession.

« Mes petits enfants » écrit l’apôtre Jean, « je vous écris ces choses pour que vous ne péchiez point. Mais si quelqu’un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus-Christ le Juste. » (1 Jean 2.1)

Ceux qui n’ont pas encore reçu la justification en Jésus-Christ doivent savoir qu’ils sont encore dans un état de péché. Cela n’implique pas qu’ils transgressent sans cesse la loi de Dieu comme des rebelles irréductibles, mais tant qu’ils demeurent hors du Christ, ils ne peuvent pas être atteints par la grâce de Dieu. Peut-être ne sont-ils pas contre le Christ sans être pour lui. Mais le Seigneur déclare fermement : « Celui qui n’est pas pour moi est contre moi » (Matthieu 12.30). Par quelle autorité et au nom de qui, ces pécheurs prieront-ils ? Seront-ils écoutés et exaucés ?

Les remarques que nous avons faites précédemment concernant les justifiés nous ont montré que le pardon des péchés et la réconciliation ne se trouvent qu’en Christ. « Nul ne vient au Père que par moi » nous a dit Jésus (Jean 14.6).

Le pécheur qui veut s’approcher de Dieu ne peut le faire qu’en passant par son Fils Jésus, en acceptant sa vie, ses enseignements et sa mort. La prière est puissante, il est vrai, mais elle ne procure pas le pardon des péchés, comme certains le croient, à la manière d’une ondée rafraîchissante comme si le Christ n’existait pas. Les péchés doivent être lavés dans le sang du Christ. À ceux d’entre vous qui hésitent encore, je me permettrai de rappeler le cas de l’apôtre Paul, tel qu’il nous est relaté dans les chapitres 9 et 22 du livre des Actes des Apôtres. Après sa rencontre fulgurante avec le Seigneur sur le chemin de Damas, il resta trois jours sans manger ni boire, dans une sorte d’état de prostration. On pourrait croire que trois jours de prières, de méditations et de remords suffiraient à pardonner n’importe qui. Cependant, le chemin du salut ne se réduisait pas à cela.

C’est Ananias, un disciple de Damas, qui le tirera de ses méditations pour lui montrer la route du pardon des péchés, celle qui passe par le Christ et que nous devons tous prendre.

« Et maintenant, que tardes-tu ? Lève-toi, sois baptisé et lavé de tes péchés, en invoquant le nom du Seigneur. » (Actes 22.16)

Chers amis, sommes-nous prêts et disposés à obéir à cette injonction ?