Sa parole ne passera pas

La Bible promet que Dieu veille sur sa Parole de sorte qu’elle soit préservée. Jésus dit : « Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point » (Matthieu 24.35).

L’apôtre Pierre cite le livre d’Ésaïe pour confirmer cette même réalité :

« Vous êtes nés de nouveau, non par une semence corruptible, mais par une semence incorruptible, par la parole vivante et permanente de Dieu. Car

Toute chair est comme l’herbe,
Et toute sa gloire comme la fleur de l’herbe.
L’herbe sèche, et la fleur tombe,
Mais la parole du Seigneur demeure éternellement.
Et cette parole est celle qui vous a été annoncée par l’Évangile
. » (1 Pierre 1.23-25)

Dieu protège et préserve sa Parole. Mais comment le fait-il, et quelles preuves pouvons-nous fournir pour montrer que la Bible est restée intacte ? Comment savoir que le Nouveau Testament a été écrit par les apôtres et leurs compagnons au premier siècle, et non par des rédacteurs des IIe et IIIe siècles, si éloignés des événements qu’ils rapportaient qu’ils ne pouvaient distinguer le vrai du faux ? De plus, comment être sûr que le Nouveau Testament d’aujourd’hui est identique à celui écrit par les auteurs originaux ?

Un peu d’histoire

Pour mieux comprendre la préservation de la Bible, et surtout le Nouveau Testament, il serait utile de rappeler l’histoire des premiers siècles du christianisme.

Les différents livres qui composent le Nouveau Testament furent écrits par les apôtres et d’autres hommes inspirés de Dieu dans les années qui suivirent la mort de Jésus. Ces hommes étaient soit des témoins oculaires du ministère de Jésus, soit des hommes qui avaient beaucoup de contact avec les témoins oculaires. Ils ont fini de rédiger ces livres avant la fin du premier siècle, du vivant donc de ceux qui avaient personnellement connu Jésus, c’est-à-dire de ses adversaires aussi bien que ses amis. Ceci est important quand nous considérons que ces livres circulaient un peu partout dans le monde au moment où il aurait été facile de relever des erreurs, des mensonges ou des exagérations. Les écrivains de la Bible n’auraient pas pu se permettre d’inventer des miracles que Jésus n’a pas faits ou des enseignements qu’il n’avait jamais dispensés. Il faut dire, en comparaison, qu’il y a typiquement beaucoup plus de temps entre la vie des grands personnages de l’histoire et les premières biographies écrites à leur sujet. Par exemple, les biographies principales qui nous décrivent la vie d’Alexandre le Grand, l’empereur grec qui conquit le monde depuis la Grèce jusqu’à l’Inde, furent rédigées environ 400 ans après sa mort. Ibn Ishaq, l’auteur de Sirat Rasoul, la première biographie de Mohamed, naquit plus de 70 ans après la mort du prophète. Il n’était pas témoin des événements qu’il décrit et aurait pu difficilement parler avec un témoin oculaire même des événements les plus tardifs dans la carrière de Mohamed. D’ailleurs, nous ne disposons plus de son livre, mais d’un abrégé produit par Ibn Hisham, qui mourut 60 ans après Ibn Ishaq. La proximité des auteurs de l’Évangile aux événements qu’ils décrivent nous donne donc confiance que ce sont des récits fiables.

Mais parlons surtout de la préservation de ces écrits de sorte qu’ils ne soient pas changés.

Les textes originaux et les premières copies

Les livres qui composent le Nouveau Testament ont été écrits dans la langue grecque, qui était la lingua franca, la langue internationale de l’époque, la langue que des hommes de toutes les nations de l’Empire romain employaient tous les jours. Ils étaient écrits sur du papyrus, une sorte de papier que l’on fabriquait à partir d’une espèce de roseau qui poussait en Égypte. Les auteurs envoyaient dans les différentes villes du monde ces récits de la vie de Jésus et des lettres adressées à des Églises et des disciples individuels. Les premiers destinataires en faisaient soigneusement des copies de ces livres afin de les partager avec d’autres. Ces copies, faites à la main, s’appellent « manuscrits ». Chaque assemblée locale faisait en sorte de s’en acquérir afin d’enseigner ses membres. Ces manuscrits n’étaient pas tous issus d’un seul lieu ou d’une seule organisation centrale. Des chrétiens dans chaque ville, chaque région et chaque pays s’appliquaient au travail de recopier avec amour ces textes afin que le plus grand nombre puisse y avoir accès.

C’est ainsi qu’on a commencé très tôt à traduire l’Évangile dans différentes langues. En effet, tout comme il y a des gens dans des pays francophones ou anglophones qui ne parlent pas français ou anglais, il y avait à l’époque des gens qui ne parlaient pas grec. On faisait pour eux des traductions de la Bible dans leurs propres langues, tout comme aujourd’hui il existe des traductions de la Bible en différentes langues.

(Disons entre parenthèses qu’il y a parfois de la confusion chez certaines personnes à cause du mot « version » qu’on emploie souvent pour « traduction ». Ces personnes pensent que les différentes « versions » de la Bible sont différentes Bibles, des livres dont le contenu et le sens varient. Ce n’est pas du tout le cas. Ce sont des traductions d’un même texte grec pour faire comprendre ce texte à ceux qui ne connaissent pas la langue grecque. On peut avoir plusieurs traductions dans une même langue parce que les langues évoluent avec le temps et parce que tout le monde n’a pas le même niveau ou vocabulaire. Bien qu’elles n’emploient pas exactement les mêmes mots, le contenu est le même, et les idées ne changent pas.)

Pour revenir au sujet des manuscrits, on faisait des copies non seulement à cause du nombre croissant de chrétiens et d’Églises locales, mais aussi parce que le papyrus, ce papier de l’époque, n’était pas très durable. On utilisait les manuscrits constamment, et ils s’usaient avec le temps. Il fallait donc, non seulement produire de nouvelles copies pour les nouvelles assemblées, mais aussi remplacer celles qui vieillissaient.

Comme vous le voyez certainement, nous ne disposons pas des manuscrits originaux, écrits par les mains des apôtres ; mais cela ne doit pas vous alarmer.

« Personne ne doute du texte des Commentaires sur la Guerre des Gaules de Jules César, mais nous n’en possédons que dix copies, la plus ancienne datant de mille ans après sa rédaction. Il n’existe que deux manuscrits des Histoires et des Annales de Tacite, l’un du IXe siècle, l’autre du XIe. L’Histoire de la Guerre du Péloponnèse de Thucydide repose sur seulement huit manuscrits, le plus ancien datant d’environ 900 après Jésus-Christ, avec quelques fragments de papyrus du début de l’ère chrétienne. L’Histoire d’Hérodote se trouve dans une situation similaire. Pourtant, aucun spécialiste des textes classiques ne remettrait en question l’authenticité d’Hérodote ou de Thucydide sous prétexte que les manuscrits les plus anciens utilisables datent de plus de 1 300 ans après les originaux. » (Dave Miller, « La Bible : Un message fidèlement transmis ? » : apologeticspress.org/la-bible-un-message-fidelement-transmis)

Des milliers de manuscrits

Par contre, nous possédons des milliers d’anciens manuscrits de la Bible, et c’est ici que nous voyons la main de Dieu pour protéger sa Parole. Les archéologues ont découvert des milliers de manuscrits partiels qui datent de l’an 100 après Jésus jusqu’à l’an 325. Ce sont des manuscrits qui contiennent des parties du Nouveau Testament. Ils s’accordent parfaitement avec les manuscrits faits plus tard, les codex ou manuscrits en forme de livres qui contiennent la Bible complète. En plus, quand on compare ces manuscrits partiels ou complets les uns aux autres, on voit qu’ils dérivaient des mêmes sources originelles.

Quant aux manuscrits complets, il y en a plusieurs. L’un des plus anciens est le Codex Sinaïticus. Il date de 325 apr. J.‑C., et il est gardé au British Library à Londres. D’autres manuscrits complets sont le Codex Vaticanus, qui date de 350 apr. J.‑C., et le Codex Alexandrinus, qui date de l’an 400. Toutes les traductions modernes de la Bible sont faites sur la base de ces manuscrits.

Il y a des gens qui ne comprennent pas la valeur de disposer de ces milliers de manuscrits. Considérez alors ceci : supposez que quelqu’un, un homme non inspiré, avait réuni toutes les copies de l’Évangile, qu’il avait fait son propre manuscrit, et qu’il avait brûlé toutes les autres copies. À partir de là, toutes les copies futures de l’Évangile proviendraient de ce seul exemplaire qu’il avait produit. Il n’y aurait plus de moyen de contrôle pour prouver que cet homme n’avait pas omis certaines parties, ou ajouté certaines choses ou changé les mots employés à l’origine. Si, en regardant les copies qu’on lui avait envoyées, il y voyait quelques divergences, il aurait pu choisir juste les versions du texte qui l’arrangeaient, lui et ses partisans. Après tout, si les copies qu’on lui aurait envoyées n’avaient pas varié par-ci par-là du manuscrit qu’il produisait, il n’y aurait pas eu de raison pour les brûler après avoir fini son travail. Détruire toutes les copies « non officielles » ne serait utile que si l’on voulait cacher quelque chose ou réduire au silence tout autre point de vue. (Si ce scénario vous paraît invraisemblable, renseignez-vous sur Othmane ibn Affân, le troisième calife de l’islam, et son rôle dans la standardisation du Coran.)

La multitude de manuscrits du Nouveau Testament que nous possédons aujourd’hui nous donne raison, non pas de douter, mais d’avoir une pleine confiance que Dieu a bien préservé sa Parole.

Trois moyens de confirmer les manuscrits

En plus du nombre de manuscrits dont nous venons de parler, nous avons trois autres outils pour confirmer l’authenticité de la Bible.

1) Une source de confirmation que le texte actuel de la Bible est identique à celui des premiers siècles du christianisme est l’ensemble d’écrits faits par ceux qu’on appelle parfois les pères apostoliques. Ce sont des conducteurs et des théologiens parmi les chrétiens pendant les deux premiers siècles qui ont suivi la mort des apôtres. Ils ont écrit des lettres aux Églises ou même à des non-croyants qu’ils voulaient persuader de la vérité de l’Évangile. Ces écrits, produits par plus de 200 auteurs, contiennent tant de citations directes des copies du Nouveau Testament qu’ils avaient à leur disposition, que nous pourrions nous en servir pour vérifier la totalité du texte que nous possédons aujourd’hui. Ces citations s’accordent parfaitement avec les manuscrits dont nous avons parlé.

2) Une deuxième sorte de document qui confirme le texte du Nouveau Testament est ce qu’on appelle des lectionnaires, ou des lectionnaires dominicaux. Ces livres contenaient les lectures bibliques désignées pour les rassemblements publics de l’Église tout au long de l’année. Plus de trois mille anciens lectionnaires sont à notre disposition aujourd’hui.

3) Enfin, on peut parler des différentes traductions que les premiers chrétiens ont faites de l’Évangile dans les langues de l’époque, telles que le latin, le syriaque, le copte, l’arménien, l’éthiopien, l’arabe nubien, le slave et le perse. Plus de 6 000 manuscrits d’anciennes traductions dans de nombreuses langues ont été découverts. On peut retraduire ces textes vers le grec et ensuite faire une comparaison aux manuscrits grecs que nous possédons. Le résultat confirme une fois de plus que la Bible dont nous disposons aujourd’hui est la même que celle des premiers chrétiens. Elle n’a pas été changée.

Les preuves du contraire ?

Il est facile d’affirmer gratuitement que la Bible a été corrompue, mais il faut bien apporter des preuves et fournir quelques détails. Par exemple, comment et quand est-ce que ces changements auraient été apportés ? Les manuscrits étant dispersés à travers le monde, il n’y aurait pas eu de moyen pour les changer tous, surtout quand on considère que pendant des siècles aucun pouvoir central n’existait parmi les chrétiens.

Nous n’avons pas l’espace pour détailler tous les efforts que les ennemis de la Foi ont menés au cours de l’histoire, depuis le temps des empereurs romains, pour détruire les Écritures chrétiennes, pour déchirer ou brûler toutes les copies de la Bible. Évidemment, tous ces efforts ont été en vain, car Dieu veille sur sa Parole.

 


Un mot sur les traductions

De nombreuses traductions de la Bible en français ont été réalisées, avec différents avantages et inconvénients. Par exemple, telle traduction essaie de reproduire le plus littéralement possible le texte tel qu’il est écrit dans la langue originale, même si certaines phrases en français paraissent maladroites ou peu naturelles. Telle autre traduction recherche l’élégance et la beauté de style en français pour rendre la lecture agréable. Telle autre traduction vise la compréhension des lecteurs moins instruits ou dont le français n’est pas la langue maternelle ; elle emploie, par exemple, des phrases plus courtes et un vocabulaire plus limité, et elle évite des mots purement « religieux ». Les versions Chouraqui, Darby et Segond seraient peut-être de la première sorte (plus ou moins littérales) ; la Traduction œcuménique de la Bible (TOB) et la Bible de Jérusalem seraient de la deuxième (d’un style peut-être plus soutenu) et la Bible en français courant et la Bible du Semeur seraient des traductions qui évitent des mots « difficiles ». Une traduction plus littérale peut permettre à l’étudiant de relever des nuances qui sont présentes dans le texte hébreu ou grec, mais une version plus simple peut aider celui qui n’est pas déjà initié à la Bible à comprendre plus aisément son message. Chaque traduction a sa valeur particulière. Mais si vous avez du mal à comprendre beaucoup de mots que vous lisez dans la Bible, il serait utile de garder auprès de vous non seulement votre Bible Louis Segond ou TOB, mais aussi une version plus simple, comme la Bible en français courant, Parole de Vie, ou la Bible du Semeur.

La vaste majorité de traductions sont réalisées par des érudits qui s’efforcent à faire un travail sérieux et professionnel. Ils ne voudraient pas avoir honte du produit de leur travail. Ils ne sont pas toujours d’accord sur la meilleure façon de rendre un mot grec en français, mais ils ne sont pas malhonnêtes. Il y a une exception, une traduction à éviter : La Traduction du monde nouveau. Il vaut mieux se méfier de cette Bible, publiée par les Témoins de Jéhovah, car elle contient plusieurs passages où les traducteurs ont déformé le texte afin de l’accorder avec les doctrines des Témoins.

Pour consulter d’autres versions de la Bible, l’on peut en acheter, neuves ou d’occasion. En plus, il est possible de consulter gratuitement certaines traductions de la Bible en ligne sur des sites comme www.bible.com, lire.la-bible.net, www.biblestudytools.com, ou www.biblegateway.com. Le site des Éditions C. E. B n’offre pas la possibilité de consulter une variété de traductions comme ceux que nous venons de mentionner, mais sa propre version, Louis Segond version revue 2020, est très bonne et disponible pour la lecture en ligne ou le téléchargement gratuit à www.editionsceb.com/bible.