Comment lire la Bible

  • Où faut-il commencer ?
  • Est-elle trop difficile 
  • S’adresse-t-elle uniquement aux spécialistes 

Savez-vous qu’il se vend chaque année plusieurs centaines de milliers d’exemplaires de la Bible ? On peut dire que la Bible est vraiment le « Best-seller » par excellence. Elle est absolument hors concours en ce qui concerne le nombre d’exemplaires vendus. J’ai appris récemment qu’il s’en vend plus de 100 millions d’exemplaires chaque année… et il y a plus de 500 ans qu’on l’imprime ! Aujourd’hui, elle est traduite, dans sa totalité ou par portions, en plus de 3 000 langues et dialectes. On peut la lire aussi bien en japonais qu’en arabe ; en breton qu’en malgache ; en chinois qu’en swahili et jusqu’en esquimau.

Cette extraordinaire diffusion de ce livre non moins extraordinaire pourrait donner l’impression que la Bible est un livre bien connu. Hélas, il ne faut pas longtemps pour se rendre compte que ce n’est pas nécessairement le cas. On parlera avec passion du dernier prix Nobel de littérature ou du dernier roman de tel écrivain à la mode. Mais il n’en est pas de même de la Bible. Elle a sa place dans la bibliothèque familiale comme une sorte d’œuvre d’art qu’on ne peut pas ne pas posséder. On l’a acheté, ce livre, non pas avant tout pour le lire mais pour pouvoir dire : « J’ai la Bible. » Il est vrai que de nombreuses personnes s’en procurent un exemplaire avec la ferme intention de prendre connaissance de son contenu. Mais on s’aperçoit vite que la Bible ne se lit pas comme un roman. Elle ne fait pas usage de ces recettes littéraires connues de tous les romanciers qui essaient de capter l’attention du lecteur et alimenter son intérêt jusqu’à la fin. C’est pourquoi, au premier contact, le texte nous en paraît ennuyeux, aride et rébarbatif. On l’ouvre au hasard. On lit un passage ou deux et pour peu qu’on tombe sur une généalogie, cette énumération interminable de noms bizarres, on se dit qu’on n’y comprendra jamais rien et l’on range le volume dans la bibliothèque. On n’y touchera plus avant longtemps.

Ainsi, une attitude regrettable se forme à l’égard de la Bible : ou bien l’on trouve que la lecture en est trop difficile et ennuyeuse. Ou bien l’on juge que c’est un domaine trop sacré pour que le profane s’en mêle et qu’il faut en laisser l’étude et l’enseignement au clergé.

Si cela est précisément votre cas, si vous n’ouvrez la Bible qu’avec hésitation pour la ranger ensuite avec découragement, permettez-moi de vous donner quelques indications, un minimum d’explications, et je vous promets que vous aborderez la lecture de votre Bible avec une meilleure disposition, d’une manière agréable et profitable.

Nous voici donc avec une Bible en main. Comment faut-il la lire ?

Il est évident que l’on ne va pas l’aborder comme un roman. C’est avant tout un document pris sur le vif – l’histoire des relations de Dieu avec les hommes depuis le commencement de la race humaine. Mais avant d’être une histoire tout court, ce livre rapporte d’abord ce que Dieu attend des hommes. C’est pourquoi on peut dire que la Bible est l’expression de la volonté de Dieu à l’égard des hommes. On y trouve là une foule de personnages, une foule d’événements couvrant des siècles et des siècles d’histoire humaine, de sorte qu’il est nécessaire de s’orienter un peu et de prendre quelques points de repère avant de s’aventurer.

Le commencement de n’importe quoi est toujours important. Normalement on entame un livre à la première page, au premier chapitre. Mais ce n’est pas ce que je vous recommanderai ici. En ouvrant votre Bible, la première chose que vous avez pu remarquer, c’est qu’elle se divise en deux parties principales : L’Ancien Testament et le Nouveau Testament. Sans qu’il soit nécessaire d’entrer ici dans le détail pour expliquer ce qui relie et ce qui distingue ces deux parties, il faut savoir au moins que l’Ancien Testament est une préparation à un grand événement, la venue du Messie. Le Nouveau Testament s’ouvre précisément sur la naissance de ce Messie annoncé. En fait, le centre de toute la Bible est Jésus-Christ ; c’est pourquoi il est préférable de commencer par Jésus-Christ, c’est-à-dire par les Évangiles, les quatre premières sections ou quatre premiers livres du Nouveau Testament, à savoir : Matthieu, Marc, Luc et Jean. Chaque Évangile décrit la vie de Jésus.

On demandera peut-être : « Pourquoi quatre récits d’un même fait ? » Ce à quoi l’on pourrait répondre : « Quatre témoignages valent mieux qu’un. » Car ce sont effectivement des témoignages. C’est pourquoi l’on dit l’Évangile selon Matthieu ou selon Jean. On s’aperçoit en fait que ces quatre récits se complètent souvent les uns les autres, des détails omis dans l’un se trouvant consignés dans un autre et vice versa.

1. – Je vous suggère donc de commencer par l’Évangile selon Marc.

C’est le plus court et le plus facile à comprendre. Vous pourrez ensuite compléter votre lecture par l’Évangile selon Matthieu.

Voilà donc notre première étape. Voyons la suite :

2. – La conclusion du récit des Évangiles nous raconte l’ascension du Christ. Que s’est-il passé ensuite ? La suite chronologique du récit des Évangiles est cette section du Nouveau Testament appelée « Les Actes des apôtres ». C’est un texte qui vous passionnera par son dynamisme et sa richesse en événements.

Les Actes des Apôtres racontent l’histoire de l’Église pendant les 30 premières années de son existence : sa fondation à Jérusalem, la conversion des premiers chrétiens, les premières persécutions et la diffusion de l’Évangile dans toute la Palestine, l’Asie Mineure et jusqu’en Europe.

Par les nombreuses conversions qu’il décrit, ce livre répond à la question qu’il faudra tôt ou tard se poser : « Que dois-je faire pour être sauvé ? »

3. – Après les Actes des apôtres, il faut logiquement entreprendre la lecture des Épîtres, c’est-à-dire les lettres destinées aux Églises que nous avons vu naître dans les Actes. Lettres de Paul à l’Église d’Éphèse, à l’Église de Rome, de Corinthe, etc… Il y a aussi une lettre de Jacques, deux lettres de Pierre, trois lettres de Jean, et une de Jude. Certaines lettres sont adressées à une seule personne, par exemple, les remarquables lettres de Paul à Timothée, le jeune évangéliste. Celle adressée à un nommé « Philémon » est un chef-d’œuvre de fraîcheur et de délicatesse.

Vous pourrez lire ces épîtres les unes après les autres ou au hasard comme vous le désirerez. Elles sont au nombre de 21. Écrites il y a 2000 ans, vous les trouverez toujours vivantes. Elles constituent un guide de la vie chrétienne pour tous les temps.

4. – Maintenant que vous vous êtes familiarisé avec le langage biblique, vous pouvez entreprendre la lecture de l’Apocalypse, le dernier livre de la Bible, écrit par l’apôtre Jean. L’Apocalypse est un texte hautement imagé, aux descriptions souvent déroutantes. Il contient néanmoins des passages très clairs et forts édifiants.

Ceci est vrai d’ailleurs de tous les livres de la Bible que vous lirez. Ne vous laissez pas déconcerter ou décourager par les passages difficiles. Contentez-vous de les lire pour le moment. Vous leur donnerez un nouvel assaut plus tard. Ils sont moins nombreux que vous ne le craignez. Il suffit parfois de les relire quelques temps après pour que leur sens profond vous apparaisse clairement.

À cet égard, il convient de rappeler la remarque de l’humoriste Mark Twain à l’égard de ceux qui trouvent prétexte à ne pas lire la Bible dans le fait qu’elle contient des passages difficiles : « Dans la Bible, dit-il, ce ne sont pas les passages difficiles qui me mettent mal à l’aise ; mais au contraire ce sont les passages dont le sens est parfaitement clair ! »

Quant à L’Ancien Testament, c’est le gros morceau. Il occupe les trois quarts de la Bible. Mais vous savez déjà qu’il constitue un itinéraire progressif vers le Christ.

1.- Vous pouvez commencer par le commencement, c’est-à-dire par le livre de la Genèse. Après un bref aperçu des origines de l’humanité, c’est à partir d’Abraham que l’histoire commence vraiment. Avec Abraham vous assisterez à la formation d’un peuple qui deviendra une nation, puis un royaume. Abraham engendre Isaac, Isaac engendre Jacob dont le nom sera changé en Israël. Israël aura douze fils qui deviendront les douze célèbres tribus.

Ce sera ensuite l’avènement de Moïse qui libérera le peuple de l’esclavage Égyptien, lui donnera la loi de la part de Dieu et le conduira jusqu’à la Terre Promise (promise à Abraham et à ses descendants) c’est-à-dire la Palestine (Exode à Deutéronome).

2. – Avec le livre de Josué, vous assisterez à la conquête de la Terre Promise.

3. – Puis ce sera l’époque tumultueuse des Juges en Israël.

4. – Enfin la nation se donnera des Rois dont les plus célèbres sont David et Salomon. Mais le royaume va se désagréger peu à peu. Il sera envahi et vaincu par l’ennemi, le roi Nebucadnetsar (ou Nabuchodonosor) et son élite déportée en Babylonie (1 Samuel à 2 Chroniques).

5. – Cette partie nettement historique de l’Ancien Testament se termine par un aperçu de la vie en Israël durant les cent premières années après le rapatriement des déportés (Esdras et Néhémie).

6. – Mais l’Ancien Testament n’est pas terminé. La table des matières de votre Bible mentionne encore quelques livres dits « poétiques » dont le plus connu, le plus prestigieux, est sans aucun doute le recueil des 150 Psaumes. Non moins célèbre est le livre de Job, qui est une longue méditation sur la souffrance humaine, et l’Ecclésiaste qui s’interroge sur le sens de la vie.

7. – Et, pour terminer, voici la collection des écrits des Prophètes dont les plus célèbres sont Ésaïe, Jérémie, Ézéchiel, etc. Ils sont au nombre de dix-sept. Ils représentent l’âme religieuse d’Israël. Inlassablement, ces hommes conscients de la mission que Dieu leur a confiée, animés par la passion de Dieu, de sa justice et de son amour, ces hommes vont annoncer la venue du règne de Dieu et du Messie, Sauveur et Roi. Leurs proclamations sont presque toujours précédées de cette formule solennelle et obsédante : « Ainsi parle l’Éternel. »

Pour vous faire une idée de la nature de la précision et de la teneur d’une prophétie, lisez le chapitre 53 du livre d’Ésaïe et souvenez-vous qu’elle fut rédigée plus de sept siècles avant notre ère. Le Christ y est dépeint d’une manière si présente tant dans son être que dans sa mission, qu’on a appelé ce chapitre « Le 5e Évangile », tant il ressemble essentiellement au message des quatre Évangiles du Nouveau Testament.

Voilà brièvement ce qu’il est utile de savoir pour aborder d’une manière profitable et encourager la lecture de la Bible. Il est évident que vous pouvez vous procurer en librairie un très bon guide pour la lecture de la Bible à un prix très modique. Sachez en outre que nous demeurons à votre disposition pour vous faire parvenir, sur simple demande et gratuitement, des traités et même un cours biblique approprié pour vous aider à mieux connaître ce Livre des livres.

Avant de conclure, je voudrais insister sur deux derniers points :

1. – Tout d’abord, il faut, une fois pour toutes, dissiper ce malentendu qui fait croire à certaines personnes que la « Bible catholique et la Bible protestante, ce n’est pas la même chose ». Cela est faux. Une Bible est appelée « catholique » ou « protestante » selon qu’elle a été traduite à partir des mêmes textes originaux (hébreu et grec) par des théologiens protestants ou par des théologiens catholiques. Le message des textes est absolument identique. Ainsi, il y a eu plus de cinquante traductions de la Bible en français. Les plus récentes et aussi les plus courantes sont au nombre de 4 ou 5. Peu importe la traduction ou version que vous utilisez, c’est toujours la Parole de Dieu.

2. – Comme nous l’avons déjà noté au commencement de cet exposé, la Bible est avant tout une communication de Dieu à l’homme. C’est dans cet esprit qu’il faut la lire.

Dans l’Ancien Testament, Dieu a parlé essentiellement au peuple élu, le peuple juif.

Dans le Nouveau Testament, il s’adresse à tous les hommes par le Christ et ses apôtres. Je dis bien à tous les hommes et à chaque homme en particulier et non pas seulement à quelques privilégiés initiés aux mystères de Dieu.

Que nous soyons pauvres ou riches, hommes de science ou ignorants, Dieu s’adresse à chacun d’entre nous, car tous nous avons un besoin vital d’entendre ce qu’il a à nous dire…et il nous l’a dit dans le langage des hommes – car telle est la Bible, le livre où Dieu me parle, la Parole de Dieu, révélation de la volonté de Dieu coulée dans un moule humain.

C’est ainsi que David a pu dire dans un de ses psaumes :

« Ta Parole est une lampe à mes pieds et une lumière sur mon sentier. » (Psaume 119.105)

Chers amis, il ne tient plus qu’à vous d’éclairer votre vie de cette même lumière.