Dieu veut-il que je sois riche ?

  1. Riche ou pauvre ? Béni ou maudit ?
  2. Peut-on souffrir quand son Père a tout ?
  3. Jésus est-il venu pour nous enrichir ?
  4. Si Abraham était riche, ne devons-nous pas l’être aussi ?
  5. Qu’est-ce que Dieu nous promet sur le plan matériel ?
  6. Le vrai ministre
  7. Les bonnes attitudes envers l’argent
  8. Conseils pour ceux qui ont des problèmes d’argent

Riche ou pauvre ? Béni ou maudit ?

Avez-vous constaté une évolution dans la pensée des Églises à l’égard de l’argent et la pauvreté ? Une idée traditionnelle se voit dans l’existence et les pratiques des communautés catholiques composées de moines ou de religieuses. Depuis bien des siècles, l’Église catholique a reconnu comme vertueuse l’idée de renoncer aux biens du monde à cause du Christ. Ceux qui assument l’appel à « la vie consacrée », comme on l’appelle, c’est-à-dire les moines et religieuses, doivent accepter l’obligation de pratiquer non seulement la chasteté dans le célibat, mais aussi la pauvreté. Ils font un vœu de pauvreté. En principe, ils ne conservent donc pas de propriété privée ; ils se servent des choses du monde sans en posséder personnellement. Dans un effort de s’approcher davantage de Dieu, ils renoncent aux plaisirs sexuels et aussi aux richesses du monde. Bien que la majorité des croyants n’aient jamais opté pour cette vie « consacrée », ils ont toujours eu un respect profond pour ceux qui faisaient et gardaient ces vœux.

Mais comme je l’ai dit, on assiste depuis plusieurs années, surtout en Afrique, à un changement de pensée et d’attitude. Une autre manière de voir les richesses matérielles est devenue populaire dans beaucoup d’Églises, et elle gagne de plus en plus d’adeptes. Selon de nombreux prédicateurs aujourd’hui, la prospérité est un droit du fidèle enfant de Dieu. La richesse est parfois citée comme une preuve de la faveur de Dieu, ou une preuve de la foi de celui qui en possède. La pauvreté, par contre, serait due à une malédiction, à un esprit démoniaque ou bien à un péché ou un manque de foi. On affirme que Dieu ne veut pas que les hommes soient pauvres et que ce n’est pas normal qu’un chrétien demeure pauvre, bien qu’il puisse traverser des épreuves par moment.

Bien sûr, ceux des deux côtés de cette question font appel aux Écritures pour appuyer leur position. Cela ne veut pas dire que la Bible se contredit. Si nous citons des versets bibliques sans tenir compte de leur contexte, nous ne pouvons pas prétendre avoir présenté l’enseignement biblique sur un sujet. Si nous définissons à notre manière certains mots dans un passage pour lui faire dire ce que nous voulons, ou si nous ne prenons pas le soin de déterminer sous quelle alliance et à quelle personne ou quel groupe on s’adresse dans un passage donné, nous déformons l’enseignement de la Bible. Enfin, si une personne ne cite que des passages qui semblent soutenir son point de vue, et qu’elle fait taire les textes qui ne lui conviennent pas, elle n’est pas honnête avec la Parole de Dieu.

Aujourd’hui nous commençons donc une étude de la richesse et la pauvreté aux yeux de Dieu. Cherchons, non pas à confirmer un parti pris, que ce soit par amour de la tradition ou par amour de l’argent, mais plutôt à découvrir la vérité, ce que la Parole de Dieu enseigne réellement.

Les pauvres sont-ils automatiquement bénis ?

Dans une comédie musicale américaine, un paysan juif dans un village russe au 19e siècle rêve du bonheur d’être un homme riche. Il dit à Dieu : « Ô Dieu, tu as fait beaucoup, beaucoup de pauvres. Je sais que ce n’est pas une honte que d’être pauvre, mais ce n’est pas un grand honneur non plus ! » Avait-il raison ? Y a-t-il une grâce ou une honte dans le fait d’être pauvre ? Est-ce un signe de la faveur de Dieu ?

En fait, on peut être pauvre pour diverses raisons. Beaucoup sont pauvres bien qu’ils travaillent très dur pour gagner leur pain. D’autres font penser plutôt à Proverbes 19.15 : « La paresse fait tomber dans un profond sommeil, et l’âme négligente aura faim » (Darby), et à Proverbes 10.4 : « Des mains inactives attirent la pauvreté, des mains diligentes procurent la richesse. » Si l’on est pauvre parce que l’on n’aime pas travailler, il est sûr que cette pauvreté-là n’est pas un signe de l’approbation de Dieu.

Mais que dire de celui qui a des biens et qui y renonce volontairement ? Sa pauvreté n’est-elle pas une preuve de sa justice ? Après tout, Jésus a une fois dit à un riche : « Va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens, et suis-moi » (Marc 10.21). Certes, il vaut mieux être pauvre parce qu’on a partagé ses biens avec ceux qui en avaient besoin que de l’être parce qu’on est trop paresseux pour travailler. Mais encore, la simple pauvreté ne suffit pas pour qu’un homme soit saint aux yeux de Dieu, même si on a donné tout son argent aux malheureux. Paul dit en 1 Corinthiens 13.3 : « Quand je distribuerais tous mes biens pour la nourriture des pauvres, si je n’ai pas l’amour, cela ne me sert de rien. »

La pauvreté en elle-même n’est donc pas une preuve que l’on jouit de l’honneur aux yeux de Dieu. On peut être pauvre et ne pas être juste.

La richesse est-elle une preuve de la faveur de Dieu ?

Certains nous disent, par contre, que la richesse est un signe de la faveur de Dieu. De nombreux arguments que nous examinerons sont offerts à ce sujet, mais leur conclusion est que Dieu donne toujours la prospérité, la santé et le succès à ceux qui mettent leur confiance en lui. Ils affirment que la vie « normale » d’un homme juste, c’est une vie de succès matériel. Si quelqu’un n’a pas une vie d’abondance, il a besoin de se repentir, ou il a besoin d’être délivré du démon ou de la malédiction qui l’empêche de prospérer. Dieu veut que ses enfants aient tout ; s’ils sont pauvres, cela indique un problème de leur côté. C’est que quelque chose ne va pas spirituellement. (Pour beaucoup, l’inverse serait aussi vrai : si je suis prospère, c’est que je plais à Dieu. On a entendu des pasteurs citer le prix de leurs costumes ou des bijoux de leurs femmes pour convaincre les auditeurs que Dieu était avec eux.)

En réalité, Dieu a souvent eu des propos très durs pour des hommes riches. L’Épître de Jacques, par exemple, s’adresse à certains qui s’étaient enrichis en exploitant les autres et en étant avares :

« À vous maintenant, riches ! Pleurez et gémissez, à cause des malheurs qui viendront sur vous. Vos richesses sont pourries, et vos vêtements sont rongés par les vers. Votre or et votre argent sont rouillés ; et leur rouille s’élèvera en témoignage contre vous, et dévorera vos chairs comme un feu. Vous avez amassé des trésors dans les derniers jours ! Vous n’avez pas payé le salaire des ouvriers qui travaillent dans vos champs. Écoutez leurs plaintes ! Les cris de ceux qui rentrent vos récoltes sont parvenus jusqu’aux oreilles de Dieu, le Seigneur de l’univers. Vous avez vécu sur la terre dans le luxe et les plaisirs. Vous vous êtes engraissés pour le jour de la boucherie. » (Jacques 5.1-5)

Et ces riches injustes dont parle ce passage n’étaient pas une exception à la règle. Jacques avait indiqué au chapitre 2 que les riches, en général, ne se soumettaient pas à Dieu. Une Église aurait donc tort de montrer plus de faveur à quelqu’un simplement parce qu’il est riche :

« Mes frères, que votre foi en notre glorieux Seigneur Jésus-Christ soit exempte de toute acception de personnes. Supposez, en effet, qu’il entre dans votre assemblée un homme avec un anneau d’or et un habit magnifique, et qu’il y entre aussi un pauvre misérablement vêtu ; si, tournant vos regards vers celui qui porte l’habit magnifique, vous lui dites : Toi, assieds-toi ici à cette place d’honneur ! et si vous dites au pauvre : Toi, tiens-toi debout ! ou bien : Assieds-toi au-dessous de mon marchepied ! – ne faites-vous pas en vous-mêmes une distinction, et ne jugez-vous pas sous l’inspiration de pensées mauvaises ? Écoutez, mes frères bien-aimés : Dieu n’a-t-il pas choisi les pauvres aux yeux du monde, pour qu’ils soient riches en la foi, et héritiers du royaume qu’il a promis à ceux qui l’aiment ? Et vous, vous avilissez le pauvre ! Ne sont-ce pas les riches qui vous oppriment, et qui vous traînent devant les tribunaux ? Ne sont-ce pas eux qui outragent le beau nom que vous portez ? » (Jacques 2.1-7)

En Luc 12, Jésus a mis les hommes en garde contre l’avarice, c’est-à-dire l’attachement excessif aux richesses et le désir de les accumuler. Il a parlé d’un homme dont les champs avaient beaucoup produit. Au lieu de chercher à faire du bien avec sa récolte abondante, il a décidé d’abattre ses greniers et d’en construire de plus grands. Dans son égoïsme, il dit :

« Je dirai à mon âme : Mon âme, tu as beaucoup de biens en réserve pour plusieurs années ; repose-toi, mange, bois, et te réjouis. Mais Dieu lui dit : Insensé ! cette nuit même ton âme te sera redemandée ; et ce que tu as préparé, pour qui cela sera-t-il ? » Jésus tira la conclusion en disant : « Il en est ainsi de celui qui amasse des trésors pour lui-même, et qui n’est pas riche pour Dieu. » (Luc 12.19-21)

Il est donc bien possible d’être riche matériellement et ne pas avoir la faveur de Dieu. En Apocalypse 3.17, Jésus s’adresse à une assemblée de chrétiens dans une ville très prospère, appelée Laodicée : « Tu dis : Je suis riche, je me suis enrichi, et je n’ai besoin de rien, et… tu ne sais pas que tu es malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu. » Comme le riche insensé dans la parabole, ils avaient des biens, mais ils n’étaient pas riches pour Dieu.

Conclusion

La richesse et la pauvreté comportent toutes les deux des tentations particulières. Proverbes 30.8,9 dit, par exemple : « Ne me donne ni pauvreté, ni richesse, accorde-moi le pain qui m’est nécessaire, de peur que, dans l’abondance, je ne te renie et ne dise : Qui est l’Éternel ? ou que, dans la pauvreté, je ne dérobe, et ne déshonore le nom de mon Dieu. » Mais être riche ou pauvre n’est pas un péché. Pareillement, être riche ou pauvre ne prouve pas qu’on ait la faveur de Dieu et ne doit pas pousser quelqu’un à s’enorgueillir. Notre valeur en tant que personne n’est pas dérivée de notre compte en banque, mais de l’amour que Dieu a pour nous. Jésus dit en Luc 12.15 : « La vie d’un homme ne dépend pas de ses biens, fût-il dans l’abondance. » Notre vie dépend plutôt de notre relation avec Jésus. En lui, que nous soyons riches ou pauvres, nous sommes véritablement bénis.

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Peut-on souffrir quand son Père a tout ?

Nous avons examiné les prétentions entendues dans certaines églises, selon lesquelles la richesse, étant une bénédiction de Celui qui a tout créé, est une preuve de la faveur de Dieu. On nous dit que si l’on n’est pas dans l’abondance, on doit se repentir. Celui qui demeure dans la pauvreté serait encore sous le pouvoir du diable. Mais dans les Écritures, nous avons vu qu’en fait, on peut être riche et ne pas être agréable à Dieu ; on peut être pauvre par sa propre faute ; on peut être riche et en même temps être un bon chrétien, et l’on peut être dans la pauvreté la plus profonde, tout en étant parfaitement fidèle envers Dieu. Ce n’est pas notre niveau économique qui détermine ou qui révèle notre relation avec le Seigneur.

Mais pour beaucoup de personnes aujourd’hui, cette idée n’est pas raisonnable. Croyant avec raison que Dieu possède toutes choses, sachant qu’il aime ses enfants, ils estiment que Dieu ne peut pas manquer de bénir matériellement ceux qui lui obéissent. On raisonne très simplement de cette façon : En tant que chrétiens, nous sommes les fils du grand Roi ; notre Père a tout à sa disposition. Accepterait-il de laisser souffrir ses enfants, de les abandonner à la pauvreté ? Quel roi agit de cette façon à l’égard de ses fils et ses filles ?

Si nous voulons savoir ce qui peut faire partie de la volonté de Dieu pour ses fils et filles que nous sommes, il serait bien de considérer sa volonté pour son « Fils unique », Jésus-Christ. Il était Fils du roi encore plus que nous. Quelle a été son expérience sur la terre ?

Jésus a souffert

Selon les prophéties de l’Ancien Testament, le Christ serait « méprisé et abandonné des hommes, homme de douleur et habitué à la souffrance » (Ésaïe 53.3). Les Juifs ont eu du mal à accepter cette idée ; ils s’attendaient à un roi glorieux, un chef militaire qui les délivrerait de l’oppression politique. L’apôtre Paul dit en 1 Corinthiens 1.23 : « Quant à nous, nous annonçons le Christ cloué sur la croix : c’est un message scandaleux pour les Juifs et une folie pour les non-Juifs. » Même les disciples de Jésus avaient du mal à digérer ses paroles quand il leur parlait de ce qu’il devait souffrir :

« Dès lors Jésus commença à faire connaître à ses disciples qu’il lui fallait se rendre à Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des principaux sacrificateurs et des scribes, être mis à mort, et ressusciter le troisième jour. Pierre, l’ayant pris à part, se mit à le reprendre, et dit : À Dieu ne plaise, Seigneur ! Cela ne t’arrivera pas. Mais Jésus, se retournant, dit à Pierre : Arrière de moi, Satan ! tu m’es en scandale ; car tes pensées ne sont pas les pensées de Dieu, mais celles des hommes. Alors Jésus dit à ses disciples : Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive » (Matthieu 16.21-24)

Non seulement Jésus insiste sur la nécessité de ses souffrances, mais il ne cache pas le fait que ceux qui le suivaient seraient appelés à souffrir comme lui.

Ce n’est pas que les seules souffrances de Jésus seraient celles de la croix. Ésaïe avait dit qu’il serait « habitué à la souffrance ». Nous savons tous que Jésus est né dans un milieu très pauvre, couché dans une crèche, c’est-à-dire une mangeoire pour les bêtes. Jésus est né dans une famille très pauvre. Luc 2.24 nous dit que lorsque ses parents le présentèrent au temple pour le consacrer au Seigneur, en conformité à la loi de Moïse, ils offrirent en sacrifice deux petits oiseaux, ce qui était prescrit pour ceux qui n’avaient pas les moyens d’acheter un agneau (Lévitique 12.8). Étant adulte, Jésus a continué de mener la vie d’un pauvre. En Matthieu 8.19,20 il a conseillé aux gens de ne pas s’attendre au confort en le suivant :

« Un scribe s’approcha, et lui dit : Maître, je te suivrai partout où tu iras. Jésus lui répondit : Les renards ont des tanières, et les oiseaux du ciel ont des nids, mais le Fils de l’homme n’a pas où reposer sa tête. »

Cela fait penser au proverbe africain qui dit : « Si tu vas chez la grenouille et qu’elle est accroupie, ne lui demande pas de chaise. » Jésus a fait du bien aux hommes sur le plan matériel, mais il leur conseillait en même temps de ne pas le suivre pour un avantage matériel au lieu de ce qui est spirituel. Le lendemain de la multiplication des pains et des poissons pour nourrir les 5 000 personnes, certains de ceux qu’il avait nourris l’ont retrouvé. Il leur dit :

« En vérité, en vérité, je vous le dis, vous me cherchez, non parce que vous avez vu des miracles, mais parce que vous avez mangé des pains et que vous avez été rassasiés. Travaillez, non pour la nourriture qui périt, mais pour celle qui subsiste pour la vie éternelle, et que le Fils de l’homme vous donnera ; car c’est lui que le Père, que Dieu a marqué de son sceau. » (Jean 6.26,27)

Enfin, Jésus est mort très pauvre. Les soldats qui crucifiaient les condamnés avaient l’habitude de se partager leurs biens. Quant à Jésus, les seuls biens qu’ils eurent à partager étaient les habits qu’il portait (Marc 15.24).

Jésus était bien Fils du roi de l’univers, mais la souffrance faisait partie de sa vie sur la terre. Lui-même a dit : « Le Fils de l’homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie comme la rançon de plusieurs » (Marc 10.45). En Luc 24.25,26, après sa mort et sa résurrection, il essayait de faire comprendre aux disciples que ses souffrances devaient précéder la gloire : « Ô hommes sans intelligence, et dont le cœur est lent à croire tout ce qu’ont dit les prophètes ! Ne fallait-il pas que le Christ souffre ainsi avant d’entrer dans sa gloire ? »

Sa souffrance nous dispense-t-elle de souffrir ?

Jésus a donc souffert, mais n’a-t-il pas souffert à notre place, pour que nous ne souffrions pas ? Oui, il a souffert pour que nous ne souffrions pas éternellement en enfer ; mais quant à la souffrance sur la terre, laissons parler la Bible : « Si vous supportez la souffrance lorsque vous faites ce qui est bien, c’est une grâce devant Dieu. Et c’est à cela que vous avez été appelés, parce que Christ aussi a souffert pour vous, vous laissant un exemple, afin que vous suiviez ses traces » (1 Pierre 2.20,21). Paul dit aux chrétiens de la ville de Thessalonique qu’il leur avait envoyé Timothée pour les exhorter, « afin, dit-il, que personne ne soit ébranlé au milieu des tribulations présentes ; car vous savez vous-mêmes que nous sommes destinés à cela » (1 Thessaloniciens 3.3). L’apôtre Paul a souvent exhorté ce même Timothée à accepter courageusement les souffrances. Il dit en 2 Timothée 2.8-12 :

« Souviens-toi de Jésus-Christ… pour lequel je souffre tout à cause des élus, afin qu’eux aussi obtiennent le salut qui est en Jésus-Christ, avec la gloire éternelle. Cette parole est certaine : Si nous sommes morts avec lui, nous vivrons avec lui ; si nous persévérons, nous régnerons aussi avec lui ; si nous le renions, lui aussi nous reniera. »

Où donc est l’amour de Dieu ?

Mais comment peut-on concilier l’idée d’un Dieu tout-puissant qui aime ses enfants avec la réalité que ces enfants souffrent très souvent ? La souffrance des chrétiens dans ce monde est en accord avec l’amour de Dieu quand on reconnaît la valeur de l’adversité et la réalité de la présence de Dieu avec ses enfants, même au milieu de leurs épreuves. Bien qu’aucun de nous ne demande que Dieu lui envoie la persécution, la maladie, la pauvreté ou d’autres malheurs, la Bible nous enseigne à voir dans ces choses, quand elles arrivent, la main et la grâce de Dieu, lui qui, selon Romains 8.28, fait que « toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son dessein ». Jacques va jusqu’à nous dire :

« Mes frères, considérez comme un sujet de joie complète les diverses épreuves auxquelles vous pouvez être exposés, sachant que l’épreuve de votre foi produit la patience. Mais il faut que la patience accomplisse parfaitement son œuvre, afin que vous soyez parfaits et accomplis, sans faillir en rien. » (Jacques 1.2-4)

Paul raisonne de la même manière en Romains 5.3,4 : « Nous nous glorifions même dans les afflictions, sachant que l’affliction produit la persévérance, la persévérance la victoire dans l’épreuve, et cette victoire l’espérance. » L’auteur de l’Épître aux Hébreux parle de certaines souffrances qui ne sont pas simplement des épreuves mais aussi des châtiments. Cependant, même quand la souffrance constitue un châtiment, il n’est pas contraire à l’idée que notre Père céleste nous aime :

« Supportez le châtiment : c’est comme des fils que Dieu vous traite ; car quel est le fils qu’un père ne châtie pas ? Mais si vous êtes exempts du châtiment auquel tous ont part, vous êtes donc des enfants illégitimes, et non des fils. D’ailleurs, puisque nos pères selon la chair nous ont châtiés, et que nous les avons respectés, ne devons-nous pas à bien plus forte raison nous soumettre au Père des esprits, pour avoir la vie ? Nos pères nous châtiaient pour peu de jours, comme ils le trouvaient bon ; mais Dieu nous châtie pour notre bien, afin que nous participions à sa sainteté. Il est vrai que tout châtiment semble d’abord un sujet de tristesse, et non de joie ; mais il produit plus tard pour ceux qui ont été ainsi exercés un fruit paisible de justice. » (Hébreux 12.7-11)

La souffrance peut être donc un châtiment, une simple épreuve ou bien une nécessité pour nous afin que d’autres personnes puissent obtenir le salut (comme ce fut le cas pour la souffrance de Jésus). Quoi qu’il en soit, le chrétien est réconforté par l’assurance que Dieu est toujours avec lui. Paul dit en 2 Corinthiens 4.8 : « Nous sommes… dans la détresse, mais non dans le désespoir ; persécutés, mais non abandonnés. » En Romains 8.35s il insiste dessus encore plus fort :

« Qui nous séparera de l’amour de Christ ? Sera-ce la tribulation, ou l’angoisse, ou la persécution, ou la faim, ou la nudité, ou le péril, ou l’épée ?… Mais dans toutes ces choses nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés. Car j’ai l’assurance que ni la mort ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni les choses présentes ni les choses à venir, ni les puissances, ni la hauteur ni la profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur. »

Ce n’est pas que la persécution, la faim ou même la mort ne puissent être le sort terrestre d’un chrétien fidèle. Mais quelle que soit la difficulté, le chrétien garde la certitude absolue que Dieu l’aime, ne l’abandonne pas, et lui donnera la couronne de vie.

Les enfants du roi peuvent-ils souffrir ? Oui, mais qu’importe ? dirait Paul en Romains 8.18 : en comparaison de l’avenir magnifique que Dieu nous a préparé, les souffrances de cette vie pèsent moins que rien.

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Jésus est-il venu pour nous enrichir ?

Avec la tendance moderne de proclamer dans les Églises que tout chrétien a le droit de jouir de la prospérité dans cette vie, on cherche souvent un appui biblique là où il n’y en a pas. Non seulement on se voit obligé de passer sous silence de nombreux passages bibliques qui ne s’accordent pas avec cet évangile de prospérité, mais on tire d’autres passages hors de leurs contextes et leur donne un tout autre sens. Les arguments semblent bien convaincants, pourvu que l’on ne tienne pas compte de ce qui entoure ces passages, et que l’on ne cherche pas à concilier ces explications avec des enseignements clairs se trouvant ailleurs dans la Bible. Examinons trois arguments pour la doctrine de la prospérité qui se basent sur des versets qui parlent de la raison pour laquelle Jésus est venu dans ce monde.

Il est venu pour « nous racheter de la malédiction »

Nous avons souligné dans une étude précédente que la pauvreté est considérée par beaucoup comme étant une malédiction. Il est vrai qu’elle faisait partie des malheurs que Dieu a promis d’envoyer sur Israël si le peuple lui était infidèle. Il est vrai aussi que la pauvreté paraît souvent comme une prison, puisque le pauvre est souvent privé de beaucoup de possibilités dans la vie, beaucoup de loisirs, beaucoup de plaisirs dont les plus riches jouissent tous les jours. Le pauvre souffre de ne pas pouvoir offrir certains avantages à ses enfants – il a souvent du mal simplement à les nourrir et les habiller, les scolariser et les soigner. Il peut souffrir à cause du mépris que certains, qui sont plus riches, manifestent à son égard. Il a du mal à ne pas être dépassé par les soucis quand il pense à certains de ses problèmes et ne voit aucune solution. Vue de cette façon, la pauvreté est certainement une malédiction dont on veut être libéré. Elle comporte bien des souffrances.

Quelle joie d’entendre donc que, selon Galates 3.13, « Christ nous a rachetés de la malédiction… ». On nous dit que nous en avons été libérés. Il suffit de réclamer ce qui nous appartient déjà de droit, de saisir par la foi la victoire qui a déjà été gagnée par Jésus.

De quelle malédiction l’apôtre Paul parle-t-il dans ce passage ? Dans l’Épître aux Galates Paul est en train de combattre une erreur fondamentale qui se répandait dans les Églises de la Galatie : de faux docteurs enseignaient que, pour être chrétien, pour jouir du salut, il fallait se faire circoncire à la manière des Juifs et obéir à la loi de Moïse. Paul essaie de démontrer que la loi mosaïque n’avait pas pour but de sauver des pécheurs, mais de les condamner et leur montrer leur besoin d’un Sauveur. Il dit aux versets 21,22 et 24 :

« S’il avait été donné une loi qui puisse procurer la vie, la justice viendrait réellement de la loi. Mais l’Écriture a tout renfermé sous le péché, afin que ce qui avait été promis soit donné par la foi en Jésus-Christ à ceux qui croient… La loi a été comme un pédagogue pour nous conduire à Christ. »

Ceci étant, c’était une grande erreur pour les Galates de croire qu’ils seraient sauvés en observant cette ancienne loi. Écoutons maintenant Galates 3.10-13 :

« Car tous ceux qui s’attachent aux œuvres de la loi sont sous la malédiction ; car il est écrit : Maudit est quiconque n’observe pas tout ce qui est écrit dans le livre de la loi et ne le met pas en pratique. Et que nul ne soit justifié devant Dieu par la loi, cela est évident, puisqu’il est dit : Le juste vivra par la foi… Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi, étant devenu malédiction pour nous, – car il est écrit : Maudit est quiconque est pendu au bois… »

Ce passage ne parle pas de la malédiction de la pauvreté. La pauvreté n’est même pas en vue dans ce passage. Il s’agit de la malédiction de la loi de Moïse. Jésus a supporté cette malédiction à notre place quand il est mort sur la croix. Nous ne sommes plus sous la loi de Moïse, mais sous la loi de Christ. La malédiction prononcée à l’encontre de quiconque n’observait pas tout ce qui est dans la loi de Moïse n’a pas d’effet sur nous. Christ nous en a rachetés. C’est une grande délivrance qui nous donne l’espérance de vivre éternellement avec Dieu. Mais cette délivrance ne garantit pas la prospérité matérielle dans ce monde.

Il est venu pour « détruire les œuvres du diable »

En parlant de la pauvreté comme malédiction, certains ne la traitent pas simplement comme un malheur ou une souffrance. Ils pensent à une malédiction dans le sens d’un mauvais sort qui est jeté sur une personne et qui fait échouer tout ce qu’elle entreprend. Ils pensent à un pouvoir diabolique exercé par un sorcier ou un démon. Ils parlent de ceux qui seraient pauvres parce que leur famille se trouve sous l’effet d’une malédiction prononcée au temps de leurs ancêtres. Il s’agit de quelque chose de mystique, de satanique.

C’est ainsi qu’ils font appel à un autre passage qui parle de la raison pour laquelle Jésus est venu : 1 Jean 3.8 dit : « Le Fils de Dieu a paru afin de détruire les œuvres du diable. » Alors, si la pauvreté est une œuvre diabolique, et que Jésus est venu pour détruire de telles œuvres, ceux qu’il sauve ne doivent plus être sujets à la pauvreté et à tout son cortège de souffrances.

Ici nous avons besoin de faire la part des choses à deux sujets : la possibilité qu’un chrétien soit victime de la sorcellerie, et le sens dans lequel la pauvreté serait une œuvre du diable. En effet, nous avons l’assurance que la puissance de notre Dieu est bien plus grande que celle des puissances sataniques, les enfants de Dieu n’ont aucun besoin de les craindre. « Vous les avez vaincus, parce que celui qui est en vous est plus grand que celui qui est dans le monde » (1 Jean 4.4). Jésus les a « dépouillées » et « les a livrées publiquement en spectacle, en triomphant d’elles par la croix » (Colossiens 2.15). Un chrétien qui marche fidèlement avec le Seigneur ne doit pas attribuer ses problèmes à une tante jalouse qui lui jette un sort (même avant la venue de Jésus la Bible nous avait dit en Proverbes 26.2 que « la malédiction sans cause n’a pas d’effet »). Le chrétien fidèle ne doit pas attribuer son problème à un mauvais esprit dont il n’est pas encore délivré – le Saint-Esprit, qui vient demeurer dans le chrétien dès son baptême, comment cohabiterait-il avec un esprit impur ? Satan peut se servir d’hommes méchants pour faire du mal à un enfant de Dieu, mais le Seigneur ne lui permet pas de vaincre par une puissance spirituelle et invisible un chrétien qui continue de se confier en Jésus. Par la foi en lui nous sommes « plus que vainqueurs ».

Mais mise à part les activités surnaturelles de Satan, peut-on considérer la pauvreté comme faisant partie « des œuvres du diable » ? Voyons dans son contexte la déclaration en 1 Jean 3.8 que Jésus est venu pour détruire les œuvres du diable. Si nous commençons notre lecture au verset 4, nous lisons :

« Quiconque pèche viole la loi, et le péché est la violation de la loi. Or, vous le savez, Jésus a paru pour ôter les péchés, et il n’y a point en lui de péché. Quiconque demeure en lui ne pèche point… Celui qui pèche est du diable, car le diable pèche dès le commencement. Le Fils de Dieu a paru afin de détruire les œuvres du diable. Quiconque est né de Dieu ne pratique pas le péché, parce que la semence de Dieu demeure en lui. » (1 Jean 3.4-9)

En parlant du diable et de ses œuvres, ce passage ne se réfère pas aux souffrances physiques et morales suscitées par la pauvreté, la maladie, le deuil et les catastrophes naturelles. L’œuvre du diable dont Jean parle, c’est le péché. Avez-vous remarqué ces deux phrases dans la lecture que nous venons de faire : « Jésus a paru pour ôter les péchés », et : « Le Fils de Dieu a paru afin de détruire les œuvres du diable » ? Le péché, c’est l’œuvre du diable par excellence, et Jésus est venu apporter la solution à ce plus grave de tous les problèmes de l’homme. Jésus a guéri des malades, et il a nourri des affamés, mais sa mission était, selon Tite 2.14, de se donner lui-même pour nous, « afin de nous racheter de toute iniquité, et de se faire un peuple qui lui appartienne, purifié par lui et zélé pour les bonnes œuvres ».

Le diable n’a-t-il donc rien à voir avec la souffrance ? Si. Dans un sens la souffrance existe dans le monde à cause du diable, celui qui a tenté Ève dans le jardin d’Éden, celui qui continue de séduire les hommes pour qu’ils se rebellent contre Dieu. Et le résultat ultime de l’œuvre du Christ pour ôter les péchés sera bien une fin de la souffrance. En décrivant le jour heureux où les sauvés entreront dans la gloire du ciel, Apocalypse 21.4 nous promet ceci : Dieu « essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu ». Mais ne nous trompons pas : la Bible dit que nous sommes encore en attente de ce jour que nous espérons. Écoutez l’apôtre Paul :

« Nous savons, en effet, que maintenant encore le monde entier gémit et souffre comme une femme qui accouche. Mais pas seulement le monde : nous qui avons déjà l’Esprit Saint comme la première part des dons de Dieu, nous gémissons aussi intérieurement en attendant que Dieu fasse de nous ses fils et nous accorde une délivrance totale. Car nous avons été sauvés, mais c’est encore en espérance. Si l’on voit ce que l’on espère, ce n’est plus de l’espérance : qui donc espérerait encore ce qu’il voit ? Mais si nous espérons ce que nous ne voyons pas, nous l’attendons avec patience. » (Romains 8.22-25)

Il est venu pour que nous soyons « enrichis »

Voyons un troisième argument pour l’évangile de prospérité, et un troisième passage biblique dont on déforme le sens. 2 Corinthiens 8.9 dit : « Vous connaissez la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ, qui pour vous s’est fait pauvre, de riche qu’il était, afin que par sa pauvreté vous soyez enrichis. » Faut-il comprendre les deux parties de ce verset dans un sens matériel ? Oui, Jésus s’est fait pauvre matériellement, mais son but était-il de nous enrichir matériellement ? Avait-il vraiment besoin de devenir un homme et de mourir sur la croix afin de pouvoir accorder des biens matériels à ses serviteurs ? Sinon, dans quel sens voulait-il nous enrichir ? L’apôtre Pierre répond de cette façon :

« Nous avons ainsi une espérance vivante et pouvons nous réjouir des biens que Dieu réserve aux siens. Ce sont des biens qui ne peuvent ni se gâter, ni se salir, ni perdre leur éclat. Dieu les réserve dans les cieux pour vous… Vous vous en réjouissez, même s’il faut que, maintenant, vous soyez attristés pour un peu de temps par toutes sortes d’épreuves. » (1 Pierre 1.3-6)

C’est justement aux richesses célestes que Jésus lui-même nous conseille de nous intéresser. Les richesses que certains prédicateurs ne cessent de vous promettre aujourd’hui sont trop incertaines. Jésus dit en Matthieu 6.19-21 :

« Ne vous amassez pas des richesses dans ce monde, où les vers et la rouille détruisent, où les voleurs forcent les serrures et dérobent. Amassez-vous plutôt des richesses dans le ciel, où ni les vers ni la rouille ne peuvent détruire, où les voleurs ne peuvent pas forcer de serrures ni dérober. Car là où sont tes richesses, là aussi est ton cœur. »

De quelle manière Jésus voulait-il nous enrichir ? C’est évident, n’est-ce pas, qu’il faut penser aux richesses véritables et éternelles, celles qui nous attendent dans le ciel et que personne ne peut nous arracher. Que personne ne vous séduise et ne détourne votre cœur de la vraie mission de Jésus. Il nous a rachetés de la malédiction, non de la pauvreté, mais de la loi qui nous condamnait. Il est venu détruire les œuvres du diable, non pas la souffrance sur la terre, mais les péchés qui nous empêchent d’accéder au ciel. Il s’est fait pauvre pour que nous soyons enrichis, non pas en francs ou en euros, mais en trésors célestes. Ne vous contentez pas d’une bonne nouvelle de prospérité physique, et donc passagère. Jésus a fait pour vous quelque chose d’infiniment plus grand – il a rendu possibles la joie et la paix dans cette vie et le bonheur éternel dans celle qui est à venir.

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Si Abraham était riche, ne devons-nous pas l’être aussi ?

De nombreuses erreurs s’introduisent dans les Églises et dans leurs enseignements parce qu’on ne fait pas de distinction entre deux parties de la Bible. Ces erreurs se rapportent tantôt à ce que Dieu attend de nous, tantôt aux promesses que Dieu nous fait. Or, si nous ne comprenons pas ce que Dieu nous ordonne de faire, nous ne pourrons pas faire sa volonté et lui être agréables. Si nous ne comprenons pas ce que Dieu nous promet, nous risquons de l’accuser injustement, de faiblir dans notre foi, ou de faire tomber d’autres croyants. Nous risquons également de ne pas obtenir ce que Dieu veut réellement nous accorder, parce que nous avons été trop occupés à poursuivre ce qui ne fait pas partie de son plan pour nous.

Ce que Dieu faisait sous l’ancienne alliance

Essayons donc de résumer ces deux parties, qu’on appelle l’Ancien et le Nouveau Testaments. L’Ancien Testament contient les histoires de plusieurs hommes célèbres tels qu’Adam, Noé, Abraham, Isaac et Jacob. Il contient aussi la loi que Dieu a donnée aux Israélites par l’intermédiaire de Moïse, et l’histoire d’Israël, le peuple que Dieu a choisi et préparé pour la venue de son Fils Jésus-Christ.

Dans l’Ancien Testament nous voyons de nombreuses personnes que Dieu a bénies matériellement à cause de leur fidélité envers lui. Abraham, Isaac et Jacob étaient des hommes que Dieu a rendus très riches. Job était un homme riche avant d’être éprouvé par la souffrance. Job est resté fidèle après avoir tout perdu, et Dieu l’a rendu par la suite encore plus prospère qu’avant son épreuve. Pour ce qui est de la nation d’Israël, Dieu a promis qu’elle jouirait de toutes sortes d’avantages si elle gardait sa loi et mettait toujours sa confiance en Dieu. Deutéronome 28.2,3,11, par exemple, dit ceci :

« Voici toutes les bénédictions qui se répandront sur toi et qui seront ton partage, lorsque tu obéiras à la voix de l’Éternel, ton Dieu : Tu seras béni dans la ville, et tu seras béni dans les champs… L’Éternel te comblera de biens, en multipliant le fruit de tes entrailles, le fruit de tes troupeaux et le fruit de ton sol, dans le pays que l’Éternel a juré à tes pères de te donner. »

Selon Lévitique 26.2-4, Dieu dit à Israël : « Vous observerez mes sabbats, et vous révérerez mon sanctuaire… Si vous suivez mes lois, si vous gardez mes commandements… je vous enverrai des pluies en leur saison, la terre donnera ses produits, et les arbres des champs donneront leurs fruits. » Il leur promet ensuite la paix et la victoire sur leurs ennemis, en leur rappelant qu’il les avait fait sortir de l’esclavage en Égypte. Si, par contre, le peuple était infidèle envers Dieu, il connaîtrait la famine, la maladie, la défaite militaire et toute autre sorte de malheur. L’histoire a montré que Dieu a bien gardé sa parole – il bénissait Israël avec la paix et la prospérité quand la nation lui était fidèle, mais c’était la misère quand le peuple se détournait de la volonté de l’Éternel. Nous apprenons par là une leçon importante : Dieu fait ce qu’il promet de faire – que ce soit pour bénir ou pour punir. Rien ne lui est impossible. Nous devons croire à sa parole et lui obéir avec une pleine confiance qu’il récompense ceux qui le cherchent. Mais attention : il faut bien déterminer quels commandements et quelles promesses nous sont adressés.

Le rapport entre l’Ancien Testament et le Nouveau

La deuxième partie de la Bible, le Nouveau Testament, nous parle de la venue de Jésus. Il présente la vie de Jésus, et sa mission pour le salut éternel, non seulement des Israélites, mais des hommes de toutes les nations. Il contient également les enseignements des apôtres qu’il a formés. L’Ancien Testament est dominé par l’alliance que Dieu a traitée avec le peuple d’Israël, mais il suggère d’avance l’alliance qui serait établie par la suite ; le Nouveau Testament nous présente Jésus, qui a vécu sous cette ancienne alliance et qui accomplissait tout ce qui avait été prophétisé dans l’Ancien Testament. Mais le Nouveau Testament enseigne aussi que la mort de Jésus mit fin à l’ancienne alliance et en inaugura une nouvelle.

Pour vérifier ce qui vient d’être dit, prêtez attention à ces passages bibliques :

« Quiconque croit est justifié par (Christ) de toutes les choses dont vous ne pouviez être justifiés par la loi de Moïse. » (Actes 13.39)

« Mes frères,… vous avez été par la mort de Christ mis à mort en ce qui concerne la loi, pour que vous apparteniez à un autre, à celui qui est ressuscité des morts, afin que nous portions des fruits pour Dieu… Nous avons été dégagés de la loi. » (Romains 7.4,6)

« Il nous a aussi rendus capables d’être ministres d’une nouvelle alliance, non de la lettre, mais de l’esprit ; car la lettre tue, mais l’esprit vivifie. Or, si le ministère de la mort, gravé avec des lettres sur des pierres, a été glorieux au point que les fils d’Israël ne pouvaient fixer les regards sur le visage de Moïse, à cause de la gloire de son visage,… combien le ministère de l’esprit ne sera-t-il pas plus glorieux ! » (2 Corinthiens 3.6-8)

« Avant la venue de la foi, nous étions enfermés sous la garde de la loi, en vue de la foi qui devait être révélée. Ainsi la loi a été comme un pédagogue pour nous conduire à Christ, afin que nous soyons justifiés par la foi. La foi étant venue, nous ne sommes plus sous ce pédagogue. » (Galates 3.23-25)

« Il a effacé l’acte dont les ordonnances nous condamnaient et qui subsistait contre nous, et il l’a détruit en le clouant à la croix… Que personne donc ne vous juge au sujet du manger ou du boire, ou au sujet d’une fête, d’une nouvelle lune, ou des sabbats : c’était l’ombre des choses à venir, mais le corps est en Christ. » (Colossiens 2.14,16,17)

C’est en vue de ces passages et bien d’autres que nous ne faisons plus de sacrifices d’animaux ordonnés par la loi de Moïse ; nous ne faisons plus de pèlerinages annuels à Jérusalem ; nous ne nous abstenons plus du porc, du poisson sans écailles ou d’autres aliments défendus sous l’ancienne loi ; nous n’observons plus le samedi comme le jour de repos et de culte. Nous vivons sous la loi de Christ. Mais si les ordonnances que Dieu donna aux Israélites ont été remplacées sous la nouvelle alliance, il faut reconnaître aussi que les promesses de Dieu ne sont pas forcément les mêmes sous les deux alliances. En fait, celles de la nouvelle alliance sont bien meilleures.

La supériorité de la nouvelle alliance

L’Épître aux Hébreux fut écrite à des chrétiens d’origine juive qui étaient tentés de retourner en arrière et de reprendre la religion juive. L’auteur essayait de leur montrer la folie d’une telle décision en les persuadant que Jésus et son alliance sont supérieurs sur tous les plans à ce qu’ils avaient connu sous la loi mosaïque. Jésus est supérieur aux anges, supérieur à Moïse, supérieur aux sacrificateurs juifs. Son sacrifice est supérieur aux sacrifices des animaux qui ne pouvaient pas ôter les péchés. Au chapitre 8, l’auteur dit de Jésus : « Il a obtenu un ministère d’autant supérieur qu’il est le médiateur d’une alliance plus excellente, qui a été établie sur de meilleures promesses » (Hébreux 8.6). Mais l’ancienne alliance promettaient tant de bonnes choses : longue vie, absence de maladie, prospérité, de nombreux enfants, la paix – bref, presque tout ce que les hommes désirent sur la terre !

Un problème avec ces choses qui sont sur la terre est qu’elles ne durent pas. Voilà pourquoi Paul dit en 2 Corinthiens 4.18 : « Nous regardons, non point aux choses visibles, mais à celles qui sont invisibles ; car les choses visibles sont passagères, et les invisibles sont éternelles. » Jésus a donc conseillé de ne pas se préoccuper beaucoup des biens incertains : « Ne vous amassez pas des trésors sur la terre, où la teigne et la rouille détruisent, et où les voleurs percent et dérobent ; mais amassez-vous des trésors dans le ciel… Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur » (Matthieu 6.19-21). Les destinataires de l’Épître aux Hébreux avaient compris cette vérité, mais ils étaient sur le point de l’oublier. L’auteur leur dit :

« Rappelez-vous ce que vous avez vécu dans le passé. En ces jours-là, après avoir reçu la lumière de Dieu, vous avez eu beaucoup à souffrir et vous avez tenu bon dans cette lutte. Tantôt vous étiez insultés et maltraités publiquement, tantôt vous étiez prêts à soutenir ceux que l’on traitait ainsi. Vous avez pris part à la souffrance des prisonniers et, quand on a saisi vos biens, vous avez accepté avec joie de les perdre, car vous saviez que vous possédiez une richesse meilleure et qui dure toujours. Ne perdez donc pas votre assurance : une grande récompense lui est réservée. » (Hébreux 10.32-35)

Même les patriarches tels qu’Abraham comprenaient qu’il y avait quelque chose de plus important à désirer que les richesses du monde qui ne sont que pour une saison.

« Ils ont déclaré qu’ils étaient des étrangers et des exilés sur la terre. Ceux qui parlent ainsi montrent clairement qu’ils cherchent une patrie. S’ils s’étaient mis à regretter le pays qu’ils avaient quitté, ils auraient eu l’occasion d’y retourner. En réalité ils désiraient une patrie meilleure, c’est-à-dire la patrie céleste. C’est pourquoi Dieu n’a pas honte d’être appelé leur Dieu, car il leur a préparé une cité. » (Hébreux 11.13-16)

Si sous la nouvelle alliance Dieu ne promet pas qu’on sera toujours prospère et en bonne santé, il n’y a pas de raison d’être déçu. Cette alliance est plus excellente. Ses promesses sont encore meilleures que l’ancienne. Il nous faut simplement de la patience et de la persévérance avant de recevoir ce qui est promis.

En ceci, l’Ancien Testament nous fournit une leçon très importante. Considérez les parallèles : les Israélites ont été esclaves en Égypte ; nous avons été esclaves dans le péché. Dieu a envoyé Moïse pour libérer les Israélites physiquement et politiquement. Dieu a envoyé Jésus pour nous délivrer spirituellement. Les Israélites sont passés par les eaux de la mer Rouge, après quoi ils n’étaient plus sous le pouvoir des Égyptiens. Nous passons par les eaux du baptême, après quoi nous ne sommes plus sous la condamnation de nos péchés. Dieu promettait un beau pays et de grands biens en Palestine. Dieu nous promet une demeure bienheureuse et des richesses incorruptibles dans le ciel. Mais Israël devait passer par le désert de Sinaï avant d’accéder au pays promis, et dans ce désert, dans ce temps difficile qui a duré pendant 40 ans, Dieu leur a donné juste ce qu’il leur fallait pour les besoins de chaque jour. L’abondance promise n’était pas dans le désert – mais de l’autre côté du Jourdain. Écoutez ce que Moïse dit au peuple vers la fin du temps dans le désert :

« Souviens-toi de tout le chemin que l’Éternel, ton Dieu, t’a fait faire pendant ces quarante années dans le désert, afin de t’humilier et de t’éprouver, pour savoir quelles étaient les dispositions de ton cœur et si tu garderais ou non ses commandements. Il t’a humilié, il t’a fait souffrir de la faim, et il t’a nourri de la manne… afin de t’apprendre que l’homme ne vit pas de pain seulement, mais que l’homme vit de tout ce qui sort de la bouche de l’Éternel… Il t’a fait marcher dans ce grand et affreux désert, où il y a des serpents brûlants et des scorpions, dans les lieux arides et sans eau, et… a fait jaillir pour toi de l’eau du rocher le plus dur… et t’a fait manger de la manne inconnue à tes pères, afin de t’humilier et de t’éprouver, pour te faire ensuite du bien. » (Deutéronome 8.2,3,15,16)

Nous aussi, nous devons passer par un désert où nous sommes éprouvés, un désert où Dieu nous donne parfois juste ce qu’il nous faut pour les besoins de chaque jour. L’abondance qui nous est promise ne se trouve pas dans ce monde ici-bas. Elle est dans l’avenir, de l’autre côté de la mort.

Beaucoup d’Israélites ont déplu à Dieu parce que leurs cœurs étaient attachés à ce qui était resté en Égypte. Ils n’ont pas pu se soumettre à Dieu et recevoir en partage le beau pays promis. Ils ont été retranchés du peuple de Dieu. Ne permettez pas à des prédicateurs de prospérité mondaine de vous séduire et vous faire perdre la récompense éternelle. Ne remplissez pas vos cœurs de désirs pour ce qui ne peut pas durer et ne peut pas être conservé. La première alliance n’est plus en vigueur. C’est une alliance plus excellente qui vous est proposée, et ses promesses sont bien meilleures.

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Qu’est-ce que Dieu nous promet sur le plan matériel ?

Dieu a fait des promesses explicites au peuple d’Israël concernant les bienfaits matériels qu’il était prêt à leur accorder. Si les Israélites observaient fidèlement les commandements de l’Éternel, ils auraient la prospérité et la bonne santé, et les autres nations ne domineraient pas sur eux. Dieu manifesterait au monde entier sa grandeur et sa puissance à travers le bien qu’il ferait à son peuple sur la terre. Comme nous l’avons déjà vu, les chrétiens vivent sous une autre alliance avec Dieu, une alliance plus excellente et plus spirituelle. Et tout comme les lois que Dieu a données à son peuple à travers son Fils Jésus-Christ diffèrent parfois de celles qu’il avait données sous l’ancienne alliance, de même les promesses diffèrent sous ces deux alliances. Nous ne pouvons donc pas citer les promesses faites aux serviteurs de Dieu dans l’Ancien Testament et les appliquer tels quels aux chrétiens. Il faut toujours tenir compte du contexte d’un passage biblique.

Mais qu’en est-il de la nouvelle alliance et les choses matérielles ? Le Nouveau Testament ne contient-il pas de promesses pour ceux qui sont fidèles à Dieu ? Bien sûr. Mais tout comme les prédicateurs de l’évangile de prospérité déforment le sens des promesses de l’Ancien Testament en ne tenant aucun compte de la différence entre les deux alliances, ils déforment le sens des promesses du Nouveau Testament en ne tenant pas compte de tout ce que le Seigneur a dit par rapport à ces promesses.

Carte blanche ?

Voyons donc dans le Nouveau Testament quelques-uns des passages préférés de ceux qui nous assurent que le chrétien fidèle doit s’attendre à une vie d’abondance matérielle, de succès et de bien-être physique. Beaucoup de ces textes se rapportent à la prière et à la foi.

Jean 15.7 dit : « Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et cela vous sera accordé. » En Marc 11.23 Jésus dit :

« Je vous le dis en vérité, si quelqu’un dit à cette montagne : Ôte-toi de là et jette-toi dans la mer, et s’il ne doute point en son cœur, mais croit que ce qu’il dit arrive, il le verra s’accomplir. C’est pourquoi je vous dis : tout ce que vous demanderez en priant, croyez que vous l’avez reçu, et vous le verrez s’accomplir. »

Il dit encore en Matthieu 7.7-11 :

« Demandez, et l’on vous donnera ; cherchez, et vous trouverez ; frappez, et l’on vous ouvrira. Car quiconque demande reçoit, celui qui cherche trouve, et l’on ouvre à celui qui frappe. Lequel de vous donnera une pierre à son fils, s’il lui demande du pain ? Ou, s’il demande un poisson, lui donnera-t-il un serpent ? Si donc, méchants comme vous l’êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison votre Père qui est dans les cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent. »

(Notez que Luc 11.13 nous indique un exemple des « bonnes choses » que Jésus a en vue : « à combien plus forte raison le Père céleste donnera-t-il le Saint-Esprit à ceux qui le lui demandent ».) Enfin, nous lisons en 1 Jean 5.14,15 :

« Nous avons auprès de lui cette assurance, que si nous demandons quelque chose selon sa volonté, il nous écoute. Et si nous savons qu’il nous écoute, quelque chose que nous demandions, nous savons que nous possédons la chose que nous lui avons demandée. »

En lisant ces passages, nous avons l’impression que le Seigneur nous donne « carte blanche » en quelque sorte. Cette idée est renforcée quand on voit de tels versets affichés sur de jolies photos encadrées à vendre dans les rues ou dans les boutiques – des photos de villas luxueuses entourées de piscines et de beaux jardins de fleurs, une belle voiture garée devant la maison. On ne peut pas se tromper sur le message : Demandez à Dieu un tel domaine, demandez avec foi, et tôt ou tard vous l’aurez. Le Seigneur n’a-t-il pas dit : « Demandez ce que vous voudrez, et cela vous sera accordé » ?

Mais est-ce de cette manière que nous devons interpréter ces promesses du Seigneur ?

Quelques conditions

En fait, ces passages contiennent souvent des conditions que nous devons regarder de plus près, des conditions qui pourraient influencer la sorte de demandes que nous adressons à Dieu. Le dernier passage que nous avons lu, 1 Jean 5.14 dit : « Nous avons auprès de lui cette assurance, que si nous demandons quelque chose selon sa volonté, il nous écoute. » Nos prières doivent être faites avec une soumission totale à la volonté de Dieu, et un désir sincère de voir s’accomplir ce que Dieu veut. C’est ainsi que Jésus lui-même a demandé que la coupe de souffrance au calvaire s’éloigne de lui, mais surtout il voulait que la volonté de Dieu s’accomplisse. Il pria : « Père, si tu voulais éloigner de moi cette coupe ! toutefois, que ma volonté ne se fasse pas, mais la tienne » (Luc 22.42). Dieu n’a pas accepté d’éloigner la souffrance de son Fils, mais la prière de Jésus ne fut pas sans effet. Le verset suivant nous dit : « Alors un ange lui apparut du ciel, pour le fortifier. »

Pensez à la première promesse que nous avons lue tout à l’heure : « Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et cela vous sera accordé » (Jean 15.7). Nous aimons insister sur la dernière partie, « demandez ce que vous voudrez, et cela vous sera accordé », mais nous avons peut-être besoin de réfléchir à la première partie : « SI vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez. » Si, en effet, les paroles de Jésus demeurent en nous et que nous nous laissons guider par ces paroles, allons-nous demander, de manière égoïste ou matérialiste, des richesses terrestres ? Les paroles de Christ nous apprennent à demander notre pain quotidien et nous rappellent que la vie d’un homme ne dépend pas de ses biens, serait-il dans l’abondance.

Certains chrétiens au premier siècle se trompaient apparemment sur les promesses que nous avons lues, peut-être de la même manière que le font beaucoup de croyants de nos jours. Jacques 4.3,4 leur dit :

« Vous demandez, et vous ne recevez pas, parce que vous demandez mal, dans le but de satisfaire vos passions. Adultères que vous êtes ! ne savez-vous pas que l’amour du monde est inimitié contre Dieu ? Celui donc qui veut être ami du monde se rend ennemi de Dieu. »

Oui, Dieu considère notre foi quand nous le prions, mais il considère aussi ce qui nous motive. Ne faisons pas de prières mondaines. L’apôtre Jean nous avertit :

« N’aimez point le monde, ni les choses qui sont dans le monde. Si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est point en lui (LS) ; car tout ce qui appartient au monde – les mauvais désirs de la nature humaine, le désir de posséder ce qu’on voit et l’orgueil suscité par des biens terrestres – tout cela ne vient pas du Père, mais du monde. Le monde est en train de passer, ainsi que tout ce que les hommes trouvent à y désirer ; mais celui qui fait ce que Dieu veut vit pour toujours (FC). » (1 Jean 2.15-17)

Ces versets nous aident à mieux comprendre un verset de l’Ancien Testament qui est beaucoup cité, le Psaume 37.4 : « Fais de l’Éternel tes délices, et il te donnera ce que ton cœur désire. » Si l’amour pour Dieu est réellement en nous, notre cœur désirera-t-il si ardemment les choses du monde ?

Nos besoins satisfaits

Mais tout cela, est-ce pour dire que les promesses de Dieu sont uniquement pour l’aspect spirituel de notre existence et qu’il ne nous promet rien sur le plan matériel ? Ne se soucie-t-il pas du tout de nos besoins physiques ? Si. Dieu nous fait des promesses importantes à cet égard.

1 Pierre 5.7 nous exhorte dans ce sens : « Déchargez-vous sur lui de tous vos soucis, car lui-même prend soin de vous. » Quel réconfort ! Le Dieu tout-puissant prend soin de ses enfants et les invite à lui confier leurs soucis. Bien sûr, les problèmes d’argent et les problèmes de santé font partie de nos soucis. Hébreux 13.5,6 nous conseille et en même temps nous rassure :

« Ne vous livrez pas à l’amour de l’argent ; contentez-vous de ce que vous avez ; car Dieu lui-même a dit : Je ne te délaisserai point, et je ne t’abandonnerai point. C’est donc avec assurance que nous pouvons dire : Le Seigneur est mon aide, je ne craindrai rien ; que peut me faire un homme ? »

Philippiens 4.6,7, aussi, nous est très précieux :

« Ne vous inquiétez de rien ; mais en toute chose faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, avec des actions de grâces. Et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées en Jésus-Christ. »

Enfin, Matthieu 6.31-33 contient une merveilleuse promesse concernant nos besoins physiques :

« Ne vous inquiétez donc point, et ne dites pas : Que mangerons-nous ? que boirons-nous ? de quoi serons-nous vêtus ? Car toutes ces choses, ce sont les païens qui les recherchent. Votre Père céleste sait que vous en avez besoin. Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu, et toutes ces choses vous seront données par-dessus. »

Enfin, deux passages qui s’adressent à des chrétiens qui avaient manifesté (ou s’apprêtaient à manifester) de la générosité envers l’œuvre de Dieu : « Et mon Dieu pourvoira à tous vos besoins, selon sa richesse, avec gloire, en Jésus-Christ » (Philippiens 4.19) ; et « Dieu peut vous combler de toutes sortes de grâces, afin que, possédant toujours en toutes choses de quoi satisfaire à tous vos besoins, vous ayez encore en abondance pour toute bonne œuvre » (2 Corinthiens 9.8).

Un chrétien ne doit pas être tenté de se rendre chez un féticheur ou un marabout, d’avoir recours à des pratiques malhonnêtes, ou d’être angoissé au sujet des besoins matériels. Qu’il garde sa confiance en Dieu qui est fidèle à ses promesses.

En même temps, remarquons bien que dans chaque cas, Dieu nous parle de besoins et non pas d’envies. Or, trop souvent, nous confondons les deux choses et nous prenons les envies ou les désirs pour des besoins. En réalité, les besoins physiques sont peu nombreux. Quand Jésus dit en Matthieu 6.33 de chercher premièrement le royaume et la justice de Dieu, sachant que toutes « ces choses » nous seront données par-dessus, les choses dont il venait de parler étaient la nourriture et le vêtement. Quand Paul exhorte au contentement, en 1 Timothée 6.7,8, il identifie l’essentiel : « Car nous n’avons rien apporté dans le monde, et il est évident que nous n’en pouvons rien emporter. Si donc nous avons la nourriture et le vêtement, cela nous suffira. » Quand Jésus nous donne une prière modèle à imiter, il nous enseigne à demander notre pain de chaque jour (et non pas un stock pour plusieurs mois à l’avance ; non pas à pouvoir dîner somptueusement tous les jours). Là où ces promesses vont au-delà des simples besoins, c’est pour parler d’avoir les moyens de faire de bonnes œuvres. Il serait souvent utile, donc, de nous rappeler que Dieu ne promet pas de nous rendre riches mais de satisfaire à nos besoins, et puis de nous demander si nous comprenons le mot « besoins » de la même manière que Dieu.

Ce n’est pas que Dieu soit indifférent à ce que nous aimerions. En fait, Dieu choisit parfois, dans sa bonté, de nous donner bien au-delà de ce dont nous avons strictement besoin. Mais s’il ne le fait pas, sachons qu’il n’a pas été infidèle à sa parole ; sachons qu’il ne nous a pas refusé ce à quoi nous avons « droit ». Il ne nous a pas donné carte blanche. Il ne nous encourage pas à fixer nos regards sur les choses du monde et exiger « au nom de Jésus » les objets de nos désirs. Il nous dit au contraire : « Cherchez ce qui est spirituel et éternel. Que vos cœurs s’attachent à l’héritage qui vous attend au ciel. Et en attendant, comptez sur moi pour vous donner ce qui vous est nécessaire ici-bas. Je sais mieux que vous ce qui vous sera utile, et j’agirai toujours avec amour pour vous. Faites-moi confiance. »

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Le vrai ministre

Que pensez-vous quand vous entendez l’expression « un grand serviteur de Dieu », ou quand on dit au sujet de quelqu’un : « C’est l’un des grands pasteurs de la place » ? À quoi ressemblera-t-il dans votre imagination ? Pensez-vous à un homme bien habillé en costume et cravate, évidemment bien nourri, tel que vous avez vu à la télévision ? L’apparence de ce ministre de Dieu se compare-t-elle favorablement à celle d’un ministre du gouvernement ? Peut-être qu’il a même une escorte pour l’accompagner partout, des hommes ayant l’air de gardes du corps. Beaucoup prêchent aujourd’hui la doctrine de la prospérité, l’idée qu’un enfant de Dieu qui a vraiment la foi aura forcément du succès dans ce qu’il entreprend et jouira d’une abondance matérielle parce qu’il a la faveur du Dieu qui est lui-même infiniment riche. Si vous acceptez cette idée, il vous serait difficile de concevoir qu’un « grand pasteur », comme on le dit, n’ait pas lui-même une apparence de prospérité. Comment gagnerait-il des adeptes si l’on ne voit pas dans sa personne une preuve de ce qu’il prêche ?

Qui est le plus grand ?

Jésus a parlé de ce qui fait qu’un homme soit grand aux yeux de Dieu. En tant que chrétiens, nous devons certainement nous intéresser à ce qu’il avait à dire. Écoutez donc ce qu’il a dit à ses apôtres en Marc 10.43-45 :

« Quiconque veut être grand parmi vous, qu’il soit votre serviteur ; et quiconque veut être le premier parmi vous, qu’il soit l’esclave de tous. Car le Fils de l’homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie comme la rançon de plusieurs. »

Il a aussi parlé de façon très sévère à l’égard des dirigeants religieux de son temps qui aimaient tellement les honneurs :

« Ils aiment les meilleures places dans les grands repas et les sièges les plus en vue dans les synagogues ; ils aiment à recevoir des salutations respectueuses sur les places publiques et à être appelés « Maître » par les gens. Mais vous, ne vous faites pas appeler « Maître », car vous êtes tous frères et vous n’avez qu’un seul Maître. N’appelez personne sur la terre votre « Père », car vous n’avez qu’un seul Père, celui qui est au ciel. Ne vous faites pas non plus appeler « Chef », car vous n’avez qu’un seul Chef, le Messie. Le plus grand parmi vous doit être votre serviteur. Celui qui s’élève sera abaissé, et celui qui s’abaisse sera élevé. » (Matthieu 23.6-12)

(Remarquons en passant que le mot « ministre » que nous trouvons parfois dans la Bible et qui peut se référer à quelqu’un qui prêche la bonne nouvelle ne signifie pas autre chose que serviteur. De nos jours le mot est employé généralement pour parler d’un membre du gouvernement d’un État à la tête d’un département ministériel, d’où l’idée d’un « grand type ». Mais « ministre » vient du mot latin qui signifie serviteur. Les ministres d’autrefois étaient des « serviteurs » du roi ou de la reine, et le mot évoquait simplement le fait qu’ils agissaient selon la volonté de celui qui était plus grand, le souverain. Si l’on veut appeler « ministres » ceux qui prêchent la parole, il faut retenir que ce nom doit évoquer l’humilité et non pas la grandeur aux yeux du monde.)

L’exemple de Jésus et de ses apôtres

Faut-il s’attendre quand même à ce qu’un vrai serviteur de Dieu jouisse forcément d’une certaine prospérité ? Devrait-on forcément deviner par son apparence qu’il jouit de la faveur de Dieu ? Est-ce que sa richesse est un signe que l’on peut avoir confiance dans ce qu’il dit ? Si tel est le cas, que penser de Jésus lui-même et de ses apôtres ? Jésus dit à son propre sujet : « Les renards ont des tanières, et les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le fils de l’homme n’a pas où reposer sa tête » (Luc 9.58). Quand un mendiant voulut demander l’aumône aux apôtres Pierre et Jean, « Pierre lui dit : Je n’ai ni argent, ni or » (Actes 3.6). L’apôtre Paul, aussi, fait ressortir le contraste entre, d’un côté, lui-même et ceux qui travaillaient avec lui, et de l’autre côté, certains soi-disant « serviteurs de Dieu » à Corinthe :

« Déjà vous êtes rassasiés, déjà vous êtes riches, sans nous vous avez commencé à régner. Or puissiez-vous régner en effet, afin que nous aussi nous régnions avec vous !… Nous sommes fous à cause de Christ, mais vous êtes sages en Christ ; nous sommes faibles, mais vous êtes forts. Vous êtes honorés, et nous sommes méprisés ! Jusqu’à cette heure, nous souffrons la faim, la soif, la nudité ; nous sommes maltraités, errant çà et là ; nous nous fatiguons à travailler de nos propres mains… Ce n’est pas pour vous faire honte que je vous écris ces choses ; mais je vous avertis comme mes enfants bien-aimés… Je vous en conjure donc, soyez mes imitateurs. » (1 Corinthiens 4.8‑16)

Ce n’est pas que les prédicateurs n’ont pas droit au nécessaire dans la vie. Ce n’est pas que les fidèles ne doivent pas les aider. Galates 6.6 dit clairement : « Celui à qui l’on enseigne la Bonne Nouvelle doit partager les biens qu’il possède avec celui qui l’enseigne. » En 1 Corinthiens 9 l’apôtre Paul consacre presque tout le chapitre à l’idée qu’il est normal que les prédicateurs soient assistés sur le plan matériel par les membres de l’Église, bien que le prédicateur ne soit pas obligé d’accepter une telle aide. Non, le problème n’est pas dans le fait que des Églises soutiennent les hommes qui travaillent parmi elles. Le problème est que les hommes ne doivent pas faire le travail de Dieu dans le but de gagner de l’argent. Ils ne doivent pas manifester un amour pour l’argent ou mener une vie matérialiste. Et ils ne doivent pas enseigner que les chrétiens fidèles seront forcément dans l’abondance matérielle, et ils ne doivent pas croire qu’il leur soit nécessaire de servir eux-mêmes de preuves de ce principe.

Les faux prophètes et l’amour de l’argent

Il est parfois triste d’entendre les hommes du monde parler de ceux qui, pour eux, représentent la foi chrétienne. En considérant le style de vie de beaucoup de ceux qu’on appelle « pasteurs », ils se disent que la religion n’est rien qu’un moyen de s’enrichir matériellement. Voyant qu’ils sont dans un pays où l’économie produit très peu d’emplois bien rémunérés, ils tirent la conclusion que ces pasteurs ont trouvé le seul emploi disponible qui paie bien. Et comme on a le potentiel de gagner encore plus d’argent étant à la tête de sa propre Église, il n’est pas rare qu’un « pasteur » se détache de la communauté où il a commencé parce que Dieu lui aurait dit d’établir une nouvelle Église. Les gens du monde admirent parfois l’habileté de ces prédicateurs, mais ils ne croient pas à leur sincérité. Il faut dire que ce phénomène n’est pas nouveau.

Paul a mis Timothée en garde au sujet de certains faux docteurs. Il dit en 1 Timothée 6.5 : « Ils pensent que la foi en Dieu est un moyen de s’enrichir. » Par contre, il écrit en 1 Thessaloniciens 2.5 au sujet de Timothée et lui : « Jamais, en effet, nous n’avons usé de paroles flatteuses, comme vous le savez ; jamais nous n’avons eu la cupidité pour mobile, Dieu en est témoin. » C’est-à-dire ils n’avaient jamais été motivés par l’amour de l’argent. Pierre, pour sa part, a prophétisé clairement de certains chefs religieux de nos jours :

« De faux prophètes sont apparus autrefois parmi le peuple ; de même de faux enseignants apparaîtront parmi vous. Ils introduiront des doctrines fausses et désastreuses… Beaucoup les suivront dans leur vie immorale et, à cause de leur façon d’agir, on critiquera le chemin de la vérité. Par désir de gagner de l’argent, ces faux enseignants vous exploiteront en vous présentant des histoires imaginées. Mais depuis longtemps déjà leur Juge est prêt à agir et leur ruine ne se fera pas attendre. » (2 Pierre 2.1-3)

Selon Romains 16.18, « les gens de cette espèce ne servent pas le Christ notre Seigneur, mais leur propre ventre ! Par leurs belles paroles et leurs discours flatteurs, ils trompent l’esprit des gens simples ». Et comment ces hommes arrivent-ils à tromper tant de personnes ? La réponse fut donnée dans une prophétie de l’apôtre Paul en 2 Timothée 4.3,4 :

« Car le temps viendra où les hommes ne voudront plus écouter le véritable enseignement, mais ils suivront leurs propres désirs et rassembleront auprès d’eux une foule de maîtres qui leur diront ce qu’ils désirent entendre. Ils n’écouteront plus la vérité, ils s’en détourneront… »

Aimer la vérité plus que l’argent

Plusieurs choses contribuent au phénomène de prédicateurs qui se servent de la religion pour s’enrichir. Comme nous venons de le voir, les auditeurs sont peut-être en haut de la liste. Ils soutiennent ceux qui leur présentent un message agréable. Après tout, il est beaucoup plus agréable d’entendre que Dieu vous voit riche et qu’il veut vous combler de biens que d’entendre que ce n’est pas forcément la volonté de Dieu que vous ayez déjà sur la terre une vie aisée. Il est plus agréable d’entendre qu’il suffit d’avoir la foi, de vous visualiser ayant une belle villa et une grosse voiture que d’entendre que Dieu vous appelle à changer de vie et à renoncer à vous-même. Tant que des hommes choisissent ce qui est agréable au lieu de ce qui est vrai, les abus de la religion continueront. Mais ce qui est encore plus grave, les hommes continueraient de rester dans leur état perdu.

Quand on déforme l’Évangile, on s’expose à la colère de Dieu. Paul dit en Galates 1.8,9 :

« Si nous-mêmes, si un ange du ciel annonçait un évangile s’écartant de celui que nous vous avons prêché, qu’il soit maudit ! Nous l’avons dit précédemment, et je le répète à cette heure : si quelqu’un vous annonce un évangile s’écartant de celui que vous avez reçu, qu’il soit maudit ! »

Quand on accepte un évangile déformé, on s’expose à la même condamnation. 2 Thessaloniciens 2.10 dit que des hommes périront, « parce qu’ils n’ont pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés ». Nous vous prions, donc, de ne pas vous laisser séduire par ceux que le monde, ou même beaucoup de croyants, reconnaissent comme « grands serviteurs de Dieu ». N’acceptez pas un message parce qu’il vous plaît. Cherchez la vérité – c’est par elle seule que vous serez rendus libres et pourrez posséder les véritables richesses, « qui ne peuvent ni se gâter, ni si se salir, ni perdre leur éclat, et que Dieu réserve dans les cieux pour vous ».

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Les bonnes attitudes envers l’argent

Il faut l’avouer : l’argent est important pour tout le monde, que l’on soit chrétien ou pas. À moins que l’on soit totalement retiré de la société humaine, vivant de manière primitive et trouvant de quoi se nourrir dans la nature, on a besoin d’argent pour se procurer les nécessités de la vie. Mais pour la plupart des hommes, l’importance de l’argent va bien au-delà d’un moyen de payer ce dont ils ont besoin. Pour certains, l’argent est le critère le plus important pour s’évaluer eux-mêmes et pour juger les autres. Aux yeux du monde, celui qui réussit sur le plan matériel est un succès dans la vie. Les gens écoutent mieux le riche que celui qui n’a pas beaucoup d’argent. Le pauvre risque de se considérer comme un échec, comme un homme qui n’est pas digne du respect de ses propres enfants. Ou bien il risque d’être jaloux et amer chaque fois qu’il est en présence de ceux qui ont les moyens qui lui manquent. Dans le monde aujourd’hui, ce n’est pas seulement la vie physique, mais pour trop de personnes leur place dans la société ainsi que leur santé émotionnelle et mentale dépendent de l’argent qu’ils ont, ou qu’ils n’ont pas. L’argent devient facilement une obsession, un sujet qui préoccupe continuellement les gens – plus que presque toute autre chose, c’est à l’argent qu’ils pensent et de l’argent qu’ils parlent.

Nous avons reconnu que l’argent a une importance particulière pour tout le monde, y compris les chrétiens. Il en faut, certes, pour se nourrir et s’habiller. Mais l’attitude du chrétien à l’égard de l’argent devrait se démarquer nettement de celle du monde. La richesse n’est pas un critère pour se juger soi-même ou pour juger les autres. Elle n’a rien à voir avec l’amour-propre ou la santé mentale de celui qui suit la Parole de Dieu. Un chrétien ne permet pas à l’argent de devenir pour lui une obsession. Alors quelles sont les attitudes que le chrétien doit cultiver dans sa vie en ce qui concerne l’argent ?

Il faut apprendre le contentement.

Une première attitude ou qualité que la Bible nous recommande est le contentement. 1 Timothée 6.6-8 dit :

« Certes, la foi en Dieu est une grande richesse pour un homme, s’il se contente de ce qu’il a. En effet, nous n’avons rien apporté dans ce monde, et nous n’en pouvons rien emporter. Soyons donc satisfaits si nous avons de quoi manger et nous couvrir. »

Comme Paul nous le rappelle dans ce passage, nous ne pouvons pas garder notre argent – nous sommes obligés de le laisser quand nous mourrons. Souvent, on n’arrive même pas à le garder jusqu’à la mort. Jésus dit de ne pas amasser des biens sur la terre où les vers et la rouille détruisent, où les voleurs forcent les serrures et volent. Proverbes 23.4,5 dit : « Ne te fatigue pas à courir après la richesse : cesse même d’y penser. L’argent disparaît avant qu’on ait eu le temps de bien le voir : on dirait qu’il se fabrique des ailes pour s’envoler au loin comme un aigle dans le ciel. » Ne connaissez-vous pas des personnes qui ont une fois joui d’une grande prospérité, mais qui ont tout perdu suite à un incendie, un vol, la fermeture d’une société, un changement de gouvernement, une maladie, ou la mauvaise gérance ? En plus, l’apôtre Pierre a écrit ceci : « Le jour du Seigneur viendra comme un voleur ; en ce jour, les cieux passeront avec fracas, les éléments embrasés se dissoudront, et la terre avec les œuvres qu’elle renferme sera consumée » (2 Pierre 3.10). Les richesses de ce monde ne durent pas. À quoi bon s’y attacher tellement fort ? Si notre bonheur est bâti sur les choses matérielles, il est bien fragile et au meilleur des cas ne peut pas être éternel.

L’apôtre Paul est un modèle du contentement que tout chrétien devrait cultiver. Il dit en Philippiens 4.11-13 :

« J’ai en effet appris à me contenter de ce que j’ai. Je sais vivre dans la pauvreté et je sais vivre dans l’abondance. J’ai appris à être satisfait partout et dans toutes les circonstances, que j’aie assez à manger ou que j’aie faim, que j’aie trop ou que je n’aie pas assez. Je peux faire face à toutes ces situations grâce au Christ qui me fortifie. »

Se contenter de ce qu’on a ne veut pas dire que l’on doit forcément refuser une occasion de gagner plus – d’une manière honnête, bien sûr. Mais on doit garder un esprit de soumission envers Dieu, même si Dieu ne juge pas bon de nous accorder la prospérité. Comme Job dit à sa femme : « Le Seigneur a donné, le Seigneur a repris. Je n’ai qu’à remercier le Seigneur… Si nous acceptons de Dieu le bonheur, pourquoi refuserions-nous de lui le malheur ? » (Job 1.21; 2.10). Se contenter de ce qu’on a veut dire qu’on doit se garder d’un esprit de jalousie face à d’autres personnes qui ont plus que nous. Se contenter de ce qu’on a veut dire que l’on évite de tomber dans les pièges du monde moderne, qui nous séduit par les publicités et nous fait croire que nous avons besoin de tout ce qu’il offre. Enfin, se contenter de ce qu’on a veut dire que l’on n’oublie jamais les trésors éternels que Dieu nous promet. Comment être complexé par la pauvreté quand je pense à l’héritage incorruptible qui m’attend au ciel ?

Il faut reconnaître le danger de la cupidité.

Non seulement le chrétien doit se contenter de ce qu’il a, il doit aussi reconnaître le danger de la cupidité, qui est l’amour de l’argent. Il y a ceux qui demandent : « Mais qui n’aime pas l’argent ? Tout le monde aime l’argent, ou au moins ce que l’on peut payer avec. » Mais ce n’est pas vrai. Tout le monde se sert de l’argent – oui, mais il y en a qui aiment les personnes plutôt que les choses matérielles ; ils se servent des choses, ou de l’argent, pour faire du bien aux autres, sans être animés du désir de posséder toujours plus, sans s’attacher aux richesses. 1 Timothée 6.9,10 nous avertit de manière forte :

« Ceux qui veulent s’enrichir tombent dans la tentation, dans le piège, et dans beaucoup de désirs insensés et dangereux qui plongent les hommes dans la ruine et la perdition. Car l’amour de l’argent est une racine de tous les maux ; et quelques-uns, en étant possédés, se sont égarés loin de la foi, et se sont jetés eux-mêmes dans bien des tourments. »

La cupidité est tellement répandue qu’on est tenté de penser que ce n’est pas trop grave si l’on n’exagère pas. Bien sûr, presque tout le monde condamne ceux qui sacrifient leurs propres enfants par sorcellerie afin d’obtenir des richesses. Mais on n’a pas besoin d’aller à cet extrême-là pour être coupable devant Dieu. Certains montrent qu’ils aiment l’argent quand ils ont les moyens d’aider celui qui est dans le besoin et qu’ils refusent de le faire – ils aiment l’argent plus que leur prochain. D’autres montrent qu’ils aiment l’argent quand ils négligent l’adoration de Dieu et l’étude de sa parole afin de travailler et chercher de l’argent. Ils ne peuvent pas garder pour Dieu même le temps nécessaire pour assister à son culte chaque dimanche. Ils aiment l’argent plus que Dieu. Tous les jours nous faisons des choix qui montrent ce que nous aimons le plus.

La cupidité, c’est-à-dire l’amour de l’argent, caractérise peut-être la plupart des gens du monde. Mais il ne doit pas en être ainsi avec les chrétiens. Paul inclut les chrétiens cupides parmi ceux à qui l’Église ne doit pas s’associer :

« Ce que je vous ai écrit, c’est de ne pas avoir des relations avec quelqu’un qui, se nommant frère, est impudique, ou cupide, ou idolâtre, ou insulteur, ou ivrogne, ou ravisseur, de ne pas même manger avec un tel homme. » (1 Corinthiens 5.11)

Ce n’est pas « un petit péché ». C’est la racine de toutes sortes de maux. Faisons donc attention.

Il faut mettre sa confiance en Dieu.

Le chrétien doit donc se contenter de ce qu’il a, et reconnaître le danger de la cupidité. Ajoutons à la liste qu’il doit toujours mettre sa confiance en Dieu, le Dieu vivant. L’argent devient souvent comme un fétiche vers lequel on regarde pour se protéger contre toutes sortes de difficultés, pour résoudre des problèmes, pour avoir un certain pouvoir sur les autres. C’est en quelque sorte un dieu. Éphésiens 5.5 dit clairement : « Car, sachez-le bien, aucun impudique, ou impur, ou cupide, c’est-à-dire idolâtre, n’a d’héritage dans le royaume de Christ et de Dieu. » Colossiens 3.5 le dit aussi : « La cupidité est une idolâtrie. » Quand nous sommes remplis de l’amour de l’argent, quand nous considérons l’argent comme la vraie solution à nos problèmes, au lieu de le considérer comme un outil que Dieu peut utiliser ou ne pas utiliser pour nous aider, c’est que nous avons mis l’argent à la place de Dieu. Et l’Éternel, le vrai Dieu, est un Dieu jaloux, qui dit à son peuple : « Tu n’auras pas d’autres dieux devant ma face » (Exode 20.3). Les Juifs parlaient parfois de l’argent comme d’une personne appelée « Mamon ». Jésus dit en Luc 16.13 : « Vous ne pouvez servir Dieu et Mamon. »

Il est possible qu’un pauvre considère l’argent comme le fétiche qui seul pourrait le sortir de ses problèmes. Mais la tentation de mettre sa confiance dans l’argent est encore plus grande chez ceux qui en ont déjà. Voilà pourquoi Paul écrit à Timothée :

« Recommande aux riches du siècle présent de ne pas être orgueilleux, et de ne pas mettre leur espérance dans les richesses incertaines, mais de la mettre en Dieu, qui nous donne toutes choses avec abondance pour que nous en jouissions. » (1 Timothée 6.17)

Il faut être prêt à partager les biens qu’on a.

Notre dernier conseil concernant les attitudes à cultiver en ce qui concerne l’argent se trouve dans les versets suivants, 1 Timothée 6.18,19 :

« Recommande-leur de faire du bien, d’être riches en bonnes œuvres, d’avoir de la libéralité, de la générosité, et de s’amasser ainsi pour l’avenir un trésor placé sur un fondement solide, afin de saisir la vie véritable. »

Quand Dieu bénit quelqu’un en lui accordant une mesure de prospérité, ce n’est pas pour que la personne en soit fière, pour qu’elle vive luxueusement, pour qu’elle amasse beaucoup d’argent en cas de malheur. La personne doit se rappeler que Dieu demeure le vrai propriétaire de tout, et qu’elle n’est donc qu’un gérant des biens d’autrui. Quand on possède les biens du monde, c’est une grande responsabilité, car on doit s’en servir pour glorifier Dieu et accomplir sa volonté. Être égoïste avec son argent est un trait de caractère qui n’est pas compatible avec la vie chrétienne. La première Épître de Jean pose la question : « Si quelqu’un possède les biens du monde, et que voyant son frère dans le besoin, il lui ferme son cœur, comment l’amour de Dieu demeure-t-il en lui ? » (1 Jean 3.17).

Conclusion

Nous l’avons dit plusieurs fois : être riche ou pauvre n’est pas un péché. Pareillement, être riche ou pauvre ne prouve pas qu’on ait la faveur de Dieu et ne doit pas pousser quelqu’un à s’enorgueillir. Dieu ne nous condamne pas parce que nous sommes riches ou pauvres, mais il nous juge en partie selon ce que nous faisons des biens que nous avons et selon les attitudes que nous avons à l’égard de l’argent. Faisons donc tous nos efforts pour avoir une manière saine et chrétienne de penser et d’agir à ce sujet. Apprenons le contentement. Reconnaissons le danger de l’amour de l’argent. Mettons toujours notre confiance en Dieu et non dans les choses matérielles. Soyons généreux et utilisons les biens qui sont à notre disposition de la manière que Dieu veut.

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Conseils pour ceux qui ont des problèmes d’argent

(Quelques causes spirituelles/morales de la pauvreté)

Il devrait y avoir une profonde différence entre l’attitude du chrétien et celle du non-chrétien en ce qui concerne les biens matériels. L’apôtre Paul les a contrastées de cette façon en Philippiens 3.19-21 :

« Leur fin sera la perdition ; ils ont pour dieu leur ventre, ils mettent leur gloire dans ce qui fait leur honte, ils ne pensent qu’aux choses de la terre. Mais notre cité à nous est dans les cieux, d’où nous attendons aussi comme Sauveur le Seigneur Jésus-Christ, qui transformera le corps de notre humiliation, en le rendant semblable au corps de sa gloire, par le pouvoir qu’il a de s’assujettir toutes choses. »

Tandis que ceux qui sont du monde ne pensent qu’aux choses de la terre, le chrétien garde à l’esprit les paroles de Jésus en Matthieu 6.33 : « Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu, et toutes ces choses vous seront données par-dessus. » Il reconnaît donc que le spirituel joue sur les circonstances physiques, et qu’il faut avoir les bonnes priorités.

De nombreux prédicateurs de nos jours offrent des conseils pour ceux qui ont des problèmes d’argent. Ils disent aux fidèles de fixer leurs pensées sur ce qu’ils veulent, de visualiser ce qu’ils n’ont pas encore et de s’imaginer comme ayant obtenu l’objet de leurs désirs – emploi, voiture, villa, etc. Ils enseignent à jeûner pour être « délivrés » de la malédiction de la pauvreté et « arracher » la bénédiction que Satan les empêche de recevoir de la main de Dieu. Ces « pasteurs » conseillent de donner à leurs ministères de grosses sommes d’argent avec la garantie que Dieu leur rendra le centuple, en argent bien sûr. On dirait parfois qu’une offrande au Seigneur ressemble dans leur esprit à un investissement à la bourse, un investissement qui est sûr de rapporter des bénéfices importants. Ce n’est pas un acte d’amour pour Dieu, mais un acte d’intérêt personnel bien calculé. En tout cela, ces prédicateurs encouragent des pensées matérialistes, tout à fait contraires aux attitudes chrétiennes qui nous sont recommandées dans la Parole de Dieu.

Tout en reconnaissant que le spirituel, comme nous l’avons dit, joue sur nos conditions matérielles, nous voulons éviter ce genre de débordements. Essayons donc de trouver dans la Bible les conseils dont nous avons besoin dans ce domaine. On peut se trouver avec des besoins réels et légitimes que le Seigneur tarde à satisfaire. Il est possible que Dieu ait choisi de nous éprouver pour nous tester ou pour nous apprendre quelque chose. Il est possible que notre souffrance soit une partie de son plan pour aider d’autres personnes spirituellement. Mais il se peut que le « blocage » se trouve à notre niveau. Il se peut que Dieu ne nous ait pas encore accordé ce que nous voulons parce que, de certaines manières, nous ne cherchons pas premièrement sa justice. Voyons donc cinq problèmes d’ordre moral ou spirituel qui peuvent faire que nos problèmes d’argent persistent :

1. Manque de prière

Une raison pour laquelle nous ne recevons pas ce dont nous avons besoin peut être un manque de prière. Jacques 4.2 dit : « Vous ne possédez pas parce que vous ne demandez pas. » C’est très simple. Paul nous exhorte en Philippiens 4.6 : « Ne vous inquiétez de rien ; mais en toute chose faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, avec des actions de grâces. » Il est vrai que Dieu sait ce dont nous avons besoin avant même que nous ouvrions la bouche. Mais il veut que nous exprimions notre confiance en lui par nos prières. Il veut nous apprendre à lui confier nos soucis ; il attend parfois nos demandes avant de satisfaire à nos besoins.

2. Nos motifs et désirs

Si nous revenons en Jacques 4, nous trouvons une deuxième raison pour laquelle un chrétien peut ne pas recevoir ce qu’il veut. Après avoir dit, « vous ne possédez pas, parce que vous ne demandez pas », Jacques ajoute :

« Vous demandez, et vous ne recevez pas, parce que vous demandez mal, dans le but de satisfaire vos passions. Adultères que vous êtes ! ne savez-vous pas que l’amour du monde est inimitié contre Dieu ? Celui donc qui veut être ami du monde se rend ennemi de Dieu. » (Jacques 4.2-4)

Il est toujours bien d’examiner nos propres motifs et désirs pour être sûrs qu’ils sont conformes à la volonté de Dieu. Je dois me poser des questions : « Pourquoi est-ce que je demande cette chose à Dieu ? Est-ce pour mieux le servir et accomplir mes devoirs dans la vie, ou bien est-ce une question de mon confort, de l’honneur que je veux recevoir des autres, ou d’un autre avantage mondain ? » Il faut que je sois honnête avec Dieu et avec moi-même. Trop souvent on ne reçoit pas parce qu’on demande mal, et on demande mal parce que la parole de Christ ne demeure pas encore dans nos cœurs. Nous nous laissons guider plus par le monde que par le Seigneur.

3. Notre gestion

Un autre problème d’ordre spirituel qui peut faire que des problèmes d’argent persistent, c’est la mauvaise gestion de ce que Dieu nous a déjà confié. Quand Dieu a permis aux Juifs de revenir de leur captivité en Babylonie, ils ont reçu l’ordre de rebâtir le temple de Jérusalem qui avait été détruit. Plus de 15 ans après leur retour, ils n’avaient pas encore obéi à cet ordre. Finalement, Dieu a suscité le prophète Aggée pour les exhorter à faire ce travail.

« Voici ce que déclare le Seigneur de l’univers : « Les gens de ce peuple affirment que ce n’est pas le moment de rebâtir mon temple. Eh bien, est-il normal que vous habitiez des maisons richement décorées alors que mon temple est en ruines ? Je vous le demande, moi, le Seigneur de l’univers, réfléchissez à ce qui vous arrive. Vous avez beaucoup semé, mais votre récolte est très faible ; vous n’avez pas suffisamment à manger pour bien vous nourrir… Vous avez espéré de grosses récoltes et voyez le peu que vous avez obtenu. Ce que vous avez ramené chez vous, je l’ai dispersé de mon souffle. Pourquoi cela ? je vous le demande, moi, le Seigneur de l’univers. Eh bien, c’est parce que mon temple est en ruine alors que chacun de vous s’occupe activement de sa maison. » (Aggée 1.2-6,9)

Ces Juifs n’avaient pas donné à Dieu la première place dans leur vie. Ils ne cherchaient pas premièrement à faire ce que Dieu voulait. Ils ne fournissaient ni l’argent ni le travail nécessaire pour construire la maison de Dieu. Par conséquent, Dieu ne bénissait pas leurs travaux personnels. Ils travaillaient fort mais gagnaient peu. Grâce à la prédication d’Aggée et de Zacharie, cette génération se repentit et acheva la construction du temple. Mais presque un siècle plus tard leurs descendants tombèrent dans la même sorte d’erreur. Ils étaient négligents dans leurs devoirs envers Dieu. Cette fois-ci ce fut par le prophète Malachie que Dieu leur prêcha :

« Est-il normal de tromper Dieu ? Pourtant vous, vous me trompez ! « En quoi ? » me demandez-vous. Dans le versement de la dixième partie de vos revenus et dans vos offrandes. Vous êtes sous le coup de la malédiction parce que vous me trompez, vous, le peuple tout entier. Apportez donc réellement la dixième partie de vos revenus dans mon temple pour qu’il y ait toujours de la nourriture en réserve. Vous pouvez me mettre à l’épreuve à ce sujet, moi, le Seigneur de l’univers. Vous verrez bien que j’ouvrirai pour vous les vannes du ciel et que je vous comblerai de bienfaits. J’empêcherai les insectes de détruire vos récoltes et de rendre vos vignes improductives, je vous le promets. » (Malachie 3.8-11)

Il est vrai qu’Aggée et Malachie prophétisaient sous l’ancienne alliance, qui promettait la prospérité si le peuple était fidèle à Dieu. Mais n’oublions pas que, dans le Nouveau Testament aussi, les promesses de Dieu en ce qui concerne nos besoins matériels sont souvent liées à notre façon de donner à Dieu.

« Sachez-le, celui qui sème peu moissonnera peu, et celui qui sème abondamment moissonnera abondamment. Que chacun donne comme il l’a résolu en son cœur, sans tristesse ni contrainte ; car Dieu aime celui qui donne avec joie. Et Dieu peut vous combler de toutes sortes de grâces, afin que, possédant toujours en toutes choses de quoi satisfaire à tous vos besoins, vous ayez encore en abondance pour toute bonne œuvre. » (2 Corinthiens 9.6-8)

« Que celui à qui l’on enseigne la parole fasse part de tous ses biens à celui qui l’enseigne. Ne vous y trompez pas : on ne se moque pas de Dieu. Ce qu’un homme aura semé, il le moissonnera aussi. » (Galates 6.6,7)

« Donnez, et il vous sera donné : on versera dans votre sein une bonne mesure, serrée, secouée et qui déborde ; car on vous mesurera avec la mesure dont vous vous serez servis. » (Luc 6.38)

Si donc vous ne recevez pas le nécessaire, réfléchissez à votre manière de donner. Il se peut que vous n’ayez pas été généreux envers Dieu et votre prochain.

4. Le vol ou d’autres péchés

Un autre problème d’ordre moral ou spirituel qui peut faire que nos problèmes financiers persistent pourrait être le péché dans notre vie. Ésaïe dit au peuple de son temps : « Ce sont vos crimes qui mettent une séparation entre vous et votre Dieu ; ce sont vos péchés qui vous cachent sa face et l’empêchent de vous écouter » (Ésaïe 59.2). Un passage du Nouveau Testament qui contient une idée pareille est 1 Pierre 3.7, où l’apôtre exhorte les maris à montrer de la considération envers leurs épouses. Il ajoute : « Qu’il en soit ainsi, afin que rien ne vienne faire obstacle à vos prières. » Si donc Dieu ne vous accorde pas ce que vous demandez en prière, examinez votre vie. Il se peut que certaines de vos actions soient injustes. Peut-être que vous avez volé quelque chose ou soutiré de l’argent par ruse ou corruption, et que jusqu’à présent vous n’avez pas fait restitution. Peut-être que vous avez besoin de vous repentir du péché sexuel ou de l’idolâtrie. Certes, il y a des gens qui commettent ces péchés mais qui continuent de prospérer. Néanmoins, il faut se rappeler que la promesse de Dieu que « toutes ces choses (nourriture et vêtement) vous seront données par-dessus » est uniquement pour ceux qui cherchent premièrement sa justice.

5. La paresse

Une dernière cause morale de la pauvreté, c’est la paresse. Proverbes 19.15 dit : « La paresse fait tomber dans un profond sommeil, et l’âme négligente aura faim. » Bien sûr, il y a des pauvres qui travaillent très dur, sans pouvoir améliorer leur condition de vie. Mais il y a aussi ceux qui n’ont rien tout simplement parce qu’ils ne sont pas prêts à travailler de toutes leurs forces. Soit ils vont tardivement aux champs et reviennent tôt, soit ils préfèrent vivre à la charge de leurs parents ou leurs beaux-parents plutôt que de chercher sérieusement du travail, soit ils perdent leurs emplois parce qu’ils ne fournissent pas d’effort ou travaillent uniquement quand ils pensent que le patron les voit. Quelques-uns sont trop fiers pour accepter de faire des travaux physiques ou salissants, voulant forcément être dans un bureau. Quelques-uns mendient quand ils sont capables de travailler. Pourtant la Bible dit : « Si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus » (2 Thessaloniciens 3.10). La volonté de travailler bien et honnêtement est une qualité que tout chrétien doit cultiver. Paul dit en 1 Thessaloniciens 4.11 de « mettre votre honneur à… travailler de vos mains, comme nous vous l’avons recommandé ». Il dit aussi : « Que celui qui dérobait ne dérobe plus ; mais plutôt qu’il travaille en faisant de ses mains ce qui est bien » (Éphésiens 4.28). On ne peut pas s’attendre à ce que Dieu lui-même accorde de la nourriture à celui qui refuse de faire ce dont il est capable pour se nourrir. Si Dieu ne demande pas aux chrétiens de nourrir une telle personne, il n’est pas probable que le Seigneur se voie moralement obligé de le faire lui-même.

Conclusion

Comme nous venons de le voir, la pauvreté d’une personne peut bien être sa propre faute. Le problème peut être un manque de prière, des motifs et désirs qui ne sont pas conformes à la volonté de Dieu, un manque de générosité avec le peu que nous avons, le péché dans notre vie ou la simple paresse. Il est tout à fait normal d’examiner sa vie spirituelle si l’on manque toujours même les nécessités de la vie. Des facteurs spirituels et moraux peuvent certainement jouer sur nos conditions de vie matérielle.

Mais n’oublions jamais que la pauvreté ou la souffrance n’est pas un signe automatique que l’on n’a pas la faveur de Dieu ou qu’on est en faute. Dieu, qui a toute intelligence, décide, parfois pour des raisons qui nous restent inconnues, de ne pas donner la prospérité sur cette terre à des serviteurs très fidèles. Si cela est votre cas, ne vous culpabilisez pas et ne perdez pas courage, mais ayez la même attitude que l’apôtre Paul exprime en 2 Corinthiens 12.7-10 :

« Cependant, afin que je ne sois pas rempli d’orgueil pour avoir reçu des révélations si extraordinaires, il m’a été imposé dans mon corps une dure souffrance qui vint comme un messager de Satan pour me battre et pour m’empêcher d’être rempli d’orgueil. Trois fois j’ai prié le Seigneur de me délivrer de cette souffrance. Il m’a répondu : « Ma grâce est tout ce dont tu as besoin, car ma puissance manifeste pleinement ses effets quand tu es faible. » Je préfère donc de tout mon cœur avoir à me vanter de mes faiblesses, afin que la puissance du Christ étende sa protection sur moi. C’est pourquoi je me réjouis des faiblesses, des insultes, des détresses, des persécutions et des angoisses que je subis pour le Christ ; car lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort. »

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