Je bâtirai mon Église

« Jésus, étant arrivé dans le territoire de Césarée de Philippe, demanda à ses disciples : Qui dit-on que je suis, moi, le Fils de l’homme ? Ils répondirent : Les uns disent que tu es Jean-Baptiste ; les autres, Élie ; les autres, Jérémie, ou l’un des prophètes. Et vous, leur dit-il, qui dites-vous que je suis ? Simon Pierre répondit : Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. Jésus, reprenant la parole, lui dit : Tu es heureux, Simon, fils de Jonas ; car ce ne sont pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais c’est mon Père qui est dans les cieux. Et moi, je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Église, et que les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle. Je te donnerai les clefs du royaume des cieux : ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux. Alors il recommanda aux disciples de ne dire à personne qu’il était le Christ. » (Matthieu 16.13-20)

Dans le texte que nous venons de lire, Jésus parle de l’Église. Le mot église vient d’un mot grec, ekklésia, qui veut dire « ceux qui sont appelés hors de » quelque chose – dans ce cas il s’agit d’être appelé hors du monde pour former un peuple mis à part pour le Seigneur. Bien que Jésus emploie l’expression « bâtir l’Église », il faut savoir que dans la Bible le mot Église ne se réfère jamais à un bâtiment physique, tel qu’une chapelle ou autre lieu de culte. L’Église est un groupe de personnes, une assemblée. De ce que Jésus a dit dans ce passage nous voulons souligner trois idées. Nous allons poser trois questions. D’abord, « Qui est le fondateur de l’Église ? » Ensuite, « Quel est le fondement de cette Église ? » Et enfin, « Quel est le rôle de l’apôtre Pierre dans l’Église ? »

Qui est le fondateur de l’Église ?

De la courte phrase de Jésus, « je bâtirai mon Église », nous pouvons dégager plusieurs vérités. Nous apprenons qu’au moment où Jésus parlait, l’Église n’existait pas encore, puisqu’il dit au futur, « je bâtirai mon Église ». Nous voyons que l’Église appartiendrait à Jésus. Il l’appelle « mon Église ». Ce ne serait pas l’Église de tel ou tel homme, mais l’Église de Jésus-Christ. Nous voyons que Jésus prévoyait une seule Église. Aujourd’hui, nous voyons une multiplicité d’Églises, mais cela ne fait pas partie du plan de Jésus. Il dit « mon Église » au singulier, et non pas « mes Églises » au pluriel. Et enfin, nous voyons dans ce même verset que c’est Jésus qui serait le bâtisseur ou fondateur de l’Église.

Certaines personnes sont surprises par cette idée. Elles pensent que l’Église est peut-être une bonne chose, mais qu’elle est une création des hommes. Jésus dit que c’est lui qui a bâti l’Église. Quand un homme qui travaille en ville ou même dans un autre pays envoie de l’argent au village pour des matériaux de construction, quand il choisit un plan de maison et engage un entrepreneur ou des ouvriers, on dit qu’il construit sa maison. Il est vrai que ce n’est pas lui qui fait personnellement la charpente ou installe les fils électriques, mais c’est lui qui bâtit. De même, Jésus ne se trouvait pas physiquement à Jérusalem le jour de la Pentecôte quand l’Église a été établie. Ce sont ses apôtres qui ont prêché l’Évangile, annoncé les conditions du salut, baptisé les gens et affermi les convertis par leur enseignement. Mais c’est Jésus qui bâtissait ainsi son Église.

Selon Actes 20.28, il s’est acquis l’Église par son propre sang. Selon Actes 2.47 c’est lui qui « ajoutait chaque jour à l’Église ceux qui étaient sauvés ». Et selon Éphésiens 3.10,11, cette Église, loin d’être une innovation des hommes, fait partie du « dessein éternel [de Dieu] qu’il a mis à exécution par Jésus-Christ notre Seigneur ». C’est bien Jésus qui est le fondateur de l’Église.

Quel est le fondement de l’Église ?

Notre texte en Matthieu 16 parle aussi de la pierre sur laquelle l’Église serait bâtie. Quel est donc ce fondement ? Jésus dit au verset 18, en s’adressant à l’apôtre Pierre : « Je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle. » De nombreuses personnes pensent que Jésus promet ici bâtir son Église sur l’apôtre Pierre. Ce n’est pas surprenant si elles tirent cette conclusion des paroles de Jésus, mais cette possibilité semble étrange quand nous pensons au caractère très humain et faillible de Pierre. En fait, quelques versets plus loin en Matthieu 16, Pierre, dans son amour pour le Seigneur mais son ignorance du plan de Dieu, essaie de convaincre Jésus qu’il ne doit pas mourir sur une croix. Jésus lui dit : « Arrière de moi, Satan ! Tu m’es en scandale ; car tes pensées ne sont pas les pensées de Dieu, mais celles des hommes » (Matthieu 16.23). Plus loin encore, Pierre reniera Jésus, disant avec serment qu’il ne le connaissait pas. Selon Galates 2.11-14, l’apôtre Paul eut à adresser des reproches à Pierre quand ce dernier est tombé dans une sorte d’hypocrisie. Ne vous y trompez pas : l’apôtre Pierre était un grand homme de Dieu. Après être tombé en erreur, il se ressaisissait et servait Dieu avec beaucoup de courage. Mais comme nous venons de le voir, il était humain comme nous et parfois instable. Il n’était certainement pas assez solide et inébranlable pour servir de fondement à l’Église de Dieu.

Prenons en considération maintenant un autre passage du Nouveau Testament, 1 Corinthiens 3.11. Dans ce verset l’apôtre Paul dit : « Car personne ne peut poser autre fondement que celui qui a été posé, savoir Jésus-Christ. » Ce verset est assez catégorique. L’Église est bâtie sur Jésus lui-même. Puisque nous savons que la Parole de Dieu ne peut pas se contredire, nous avons besoin de regarder de plus près la promesse de Jésus de bâtir sur « cette pierre ».

Rappelez-vous que Jésus avait demandé à ses disciples d’abord ce que les hommes disaient à son sujet et ensuite ce qu’eux-mêmes disaient de son identité. « Et vous, leur dit-il, qui dites-vous que je suis. » Là-dessus, Simon Pierre a répondu : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. » Pierre a fait ce que nous appelons la belle confession. Il a déclaré sa foi en la divinité du Christ. Jésus a d’abord félicité Pierre d’avoir compris cette vérité fondamentale. Puis il dit : « Je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Église. » Si Jésus avait voulu dire qu’il allait bâtir son Église sur l’apôtre, il aurait probablement dit : « Je te dis que tu es Pierre et que sur toi je bâtirai mon Église. » Mais il semble vouloir faire une distinction entre l’apôtre et « cette pierre » à laquelle il se référait. Cette distinction se sent plus clairement en grec, la langue dans laquelle le Nouveau Testament fut écrit. En grec Jésus emploie deux mots parentés mais distincts. Il dit : « Je te dis que tu es petros et que sur cette petra je bâtirai mon Église. » Or le mot petros, masculin, se réfère à un caillou ou une pierre comme ce qu’on pourrait tenir dans la main ou utiliser dans la construction d’un mur. Le mot petra, féminin, se réfère à un grand rocher sur lequel on peut construire tout un édifice. C’est ainsi que certaines traductions de la Bible disent : « Je te dis que tu es Pierre et que sur ce roc je bâtirai mon Église. »

Quel serait donc ce rocher dont Jésus parle et qui servirait de fondement à l’Église ? C’est le fait que Jésus-Christ est le Fils de Dieu. Toute autorité lui appartient. Il vit pour toujours. Et tout l’espoir de son Église est fondé sur lui. S’il n’est pas le Fils de Dieu, l’Église n’a aucune victoire sur la mort. S’il est Fils de Dieu, rien ne pourra la détruire. Elle aura une gloire éternelle.

Quel est le rôle de Pierre ?

Mais si l’Église n’est pas bâtie sur l’apôtre Pierre, quel est le rôle de cet homme ? Quelle autorité Jésus lui a-t-il donnée quand il dit : « Je te donnerai les clefs du royaume des cieux ; ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux » (Matthieu 16.19).

Pour comprendre ce verset, allons pas à pas. Remarquons d’abord l’expression « royaume des cieux ». Les autres Évangiles parlent le plus souvent du royaume de Dieu, mais Matthieu suit la coutume juive de mettre, par respect pour le nom divin, un autre mot à la place de Dieu. Le royaume des cieux ou royaume de Dieu correspond à l’Église, dont Jésus venait de parler. Pour entrer dans le royaume, il fallait naître d’eau et d’esprit (Jean 3.1-5). Ce royaume devait venir du vivant des apôtres de Jésus (Marc 9.1). Paul dit aux chrétiens de Colosses que Dieu « nous a transportés dans le royaume du Fils de son amour » (Colossiens 1.13). Jean dit en Apocalypse 1.6 que Jésus a fait de nous chrétiens « un royaume ». L’Église est ce royaume. On y entre par la nouvelle naissance, lors du baptême. Il est venu du vivant des apôtres, le jour de la Pentecôte. Et nous y avons été ajoutés si le Seigneur nous a sauvés (Actes 2.47).

Alors Jésus promet de donner à Pierre les clefs de ce royaume, de cette Église. À quoi sert une clef ? À ouvrir ou fermer, à donner ou refuser l’accès. Jésus emploie le mot « clef » de cette façon en Luc 11.52 : « Malheur à vous, docteurs de la loi ! parce que vous avez enlevé la clef de la science ; vous n’êtes pas entrés vous-mêmes, et vous avez empêché d’entrer ceux qui le voulaient. » Comment Pierre s’est-il servi des clefs du royaume pour ouvrir les portes de l’Église ? Le jour de la Pentecôte, c’est lui qui a prêché l’Évangile pour la première fois. Il a parlé de la vie, la mort et la résurrection de Jésus, et quand la foule a demandé ce qu’il fallait faire, Actes 2.38 nous dit : « Pierre leur dit : Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé pour le pardon de vos péchés ; et vous recevrez le don du Saint-Esprit. » Trois mille Juifs ont obéi à cette exhortation, et l’Église du Christ a vu le jour. Plus tard, en Actes 10, ce fut Pierre encore qui a prêché pour la première fois aux non-juifs. Ce fut dans la maison de Corneille. Actes 15.7,8 dit : « Une grande discussion s’étant engagée, Pierre se leva, et leur dit : Hommes, frères, vous savez que dès longtemps Dieu a fait un choix parmi vous, afin que, par ma bouche, les païens entendissent la parole de l’Évangile et qu’ils crussent. »

Quant au droit de lier et de délier, il s’agit de déclarer obligatoire ou de dispenser d’un devoir. En Matthieu 23.4, Jésus accuse les scribes et pharisiens d’avoir lié de lourds fardeaux et de les avoir mis sur les épaules des hommes. Ils avaient rendu obligatoires toutes sortes de devoirs religieux, qui, en fait, n’étaient que des traditions humaines. Pierre aurait l’autorité de dire aux hommes ce que Dieu exigeait d’eux, et ce qu’ils ne seraient plus obligés de faire. Mais remarquez bien que cette même autorité serait donnée par le Seigneur à tous les apôtres. Il leur dit en Matthieu 18.18 : « Je vous le dis en vérité, tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel. » Tous les apôtres communiqueraient par inspiration la volonté de Dieu pour les hommes dans l’ère chrétienne. La distinction de Pierre serait le fait d’être le premier à prêcher l’Évangile et les conditions du salut, d’abord aux Juifs, et ensuite aux païens, tout comme il avait été le premier à confesser que Jésus était le Christ, le Fils de Dieu.

Conclusion

Jésus a donc promis de bâtir son Église sur la vérité que Pierre a confessée. Jésus est lui-même le fondateur de cette unique Église, il en est la fondation et il en le seul chef. Tout repose sur lui. Et en ce qui concerne votre salut, tout dépend de votre décision à son sujet. Comme il a demandé à ses disciples voici bientôt deux mille ans, il vous interroge aujourd’hui : « Et vous, qui dites-vous que je suis ? »