« Nul ne cherche Dieu »

En Romains 3, l’apôtre Paul cite une série de passages de l’Ancien Testament. Ils montrent d’abord l’état pécheur des hommes et puis leurs actions pécheresses. Les passages sont tirés des Psaumes 14, 5, 10, d’Ésaïe 59, et de Psaume 36. Dans leur contexte originel, ces phrases catégoriques – Il n’y a pas de juste, pas même un seul ; nul n’est intelligent (nul ne comprend les choses spirituelles), nul ne cherche Dieu, etc. – sont des exemples d’hyperbole, c’est-à-dire, de l’exagération utilisée pour un effet littéraire. Cela se voit par le fait que chacun de ces passages contient aussi des références aux justes, à ceux qui se confient en Dieu, à ceux qui aiment le nom de Dieu, à ceux qui sont persécutés par les malfaiteurs, etc. Il ne faut donc pas comprendre ces déclarations d’une manière absolue – il y avait quelques hommes pieux aux jours de David ou des prophètes.

Mais on a l’impression que Paul ne veut pas laisser de la place pour des exceptions. Il avait introduit cet ensemble de citations en disant « tous sont sous l’empire du péché », et il le conclut en disant que tout le monde doit être « reconnu coupable devant Dieu ». Absolument tous ceux qui sont responsables de leurs actions (du point de vue d’âge et de capacité mentale) sont pécheurs. Mais Paul, pour sa part, fait usage d’hyperbole, ou d’exagération littéraire, dans un autre sens. Quand il dit que « nul ne cherche Dieu » ou qu’« il n’y en a aucun qui fait le bien », Paul ne soutient pas l’idée que l’homme n’est capable d’aucune bonne action, d’aucune pensée pure, d’aucune confiance en Dieu, d’aucun désir même de s’approcher de Dieu. C’est dans le sens où personne n’est juste au point de n’avoir aucun péché ou de faire uniquement le bien que Paul peut dire qu’il n’y a point de juste ou personne qui cherche Dieu (c’est-à-dire, sans relâche). Son but est de démontrer que tous ont besoin du salut en Christ, et non pas de prétendre que personne ne peut l’accepter.